Tribune libre de Monique Orphé

Liquidation de l’AREP : une page de l’histoire sociale réunionnaise se ferme, des questions demeurent

  • Publié le 15 octobre 2026 à 13:12
  • Actualisé le 15 octobre 2026 à 13:21
monique orphe , conseillere départementale

Plus de 60 ans d’engagement, des milliers de Réunionnais accompagnés, des dizaines de salariés mobilisés. Aujourd’hui, l’AREP disparaît. (Photo Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

L’Association réunionnaise d’éducation populaire (AREP) fut un acteur historique de la solidarité, de la formation et de l’insertion à La Réunion.

Depuis sa création au début des années 1960, elle a accompagné des générations de Réunionnaises et de Réunionnais. Lutte contre l’exclusion, accès aux savoirs, accompagnement des familles, insertion professionnelle, soutien aux personnes les plus fragiles : son action a contribué, pendant des décennies, à répondre à des besoins sociaux essentiels.

En 2023, à l’occasion de ses 60 ans, l’association indiquait avoir accompagné 20 000 personnes en 2022 et comptait alors 70 salariés.

Derrière ces chiffres, il y a des femmes et des hommes, des parcours de vie, des engagements professionnels et une histoire humaine qui mérite le respect. Je salue l’engagement des salariés qui ont porté une offre pour sauvegarder cette belle association, offre qui malheureusement n’a pas abouti.

La disparition soudaine de l’AREP est une perte pour notre territoire.

En tant que Conseillère Départementale, je m’interroge sur la place et les moyens accordés à l’éducation populaire à la Réunion. La montée au créneau du monde associatif montre que les aides accordées ne sont pas à la hauteur des défis que nous avons à relever notamment en matière d’accompagnement des plus fragiles.

Une disparition qui soulève plusieurs questions :

- Quelles solutions seront proposées aux publics qui bénéficiaient de ses actions ?
- Quel avenir pour les missions qui ne pourront plus être assurées par l’association
- Comment les compétences et l’expérience accumulées pendant plus de six décennies pourront-elles être préservées ?

Je ne souhaite pas que l’histoire de l’AREP se termine dans l’indifférence. Je ne souhaite pas que les décennies d’engagement de ses salariés, de ses responsables et de ses partenaires soient réduites à une liquidation administrative.

Je souhaite que cette disparition soit l’occasion de comprendre les difficultés rencontrées et de tirer les enseignements nécessaires pour éviter que d’autres structures essentielles à la cohésion sociale de La Réunion ne se retrouvent dans une situation comparable sans réponse adaptée.

Soixante années d’engagement ne méritent ni le silence ni l’oubli. Elles méritent la reconnaissance, la transparence et un bilan à la hauteur de ce qu’elles ont représenté pour La Réunion.

En mémoire de toutes celles et tous ceux qui ont fait vivre l’AREP.

Monique ORPHÉ
Conseillère Départementale de La Réunion
Présidente du groupe « Une Ambition pour le Département »

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