La proposition de loi issue du Sénat, intitulée "Permettre aux salariés de certains secteurs de travailler le 1er mai", sera de nouveau examinée par l’Assemblée nationale le vendredi 10 avril (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
L’intersyndicale dénonce fermement ce texte dont l’objectif est de remettre en cause le 1er mai, seul jour férié légalement obligatoirement chômé et rémunéré, en ouvrant la voie à de larges dérogations dans de nombreux secteurs professionnels, notamment les grandes surfaces, au détriment des petits commerces de proximité.
L’autorisation de travailler le 1er mai constituerait une première brèche dans le principe du repos obligatoire attaché à cette journée exceptionnelle.
L’expérience démontre que chaque remise en cause d’un principe protecteur conduit, à terme, à une généralisation des dérogations jusqu’à en faire la règle. Comme ce fut le cas pour le travail du dimanche, les salariés risqueraient d’être contraints de travailler le 1er mai, sous peine de licenciement ou de non-recrutement.
Par ailleurs, le 1er mai ne saurait être considéré comme un jour férié ordinaire.
Journée internationale de luttes et de revendications des travailleurs, elle est profondément ancrée dans l’histoire sociale, marquée notamment par des événements tragiques tels que la fusillade de Fourmies, le 1er mai 1891.
Banaliser cette date, c’est remettre en cause plus d’un siècle de conquêtes sociales et collectives.
Face à cette attaque contre un droit fondamental, l’intersyndicale appelle solennellement les députés de La Réunion à ne pas voter ce texte.
Elle appelle également l’ensemble des salariés à se mobiliser massivement et à participer à la manifestation prévue le vendredi 10 avril, devant la Préfecture de Saint-Denis, à partir de 10 heures, afin de s’opposer à toute tentative de remise en cause du 1er mai.
Toucher au 1er mai, c’est toucher au droit du travail tout entier.
