Tribune libre de Solidaires Finances publiques

On ne lâche rien !

  • Publié le 10 février 2026 à 11:59
  • Actualisé le 10 février 2026 à 12:49
Finances publiques, étude, conditions de travail, Solidaires Finances publiques

Solidaires Finances Publiques constate que le budget voté ne perturbera effectivement pas les plus riches. Pas de rétablissement de l’impôt sur la fortune, pas de progressivité du taux de l’impôt sur les sociétés, pas de suppression de la Flat Tax. Rien de nouveau !

On tape sur la fraude sociale, mais beaucoup moins sur la fraude fiscale, alors qu’elle est bien plus importante.

En 20 ans, le patrimoine des fortunes professionnelles a été multiplié par 14. Le PIB par habitant à la Réunion est inférieur de 30 % par rapport à celui de l’hexagone, et pourtant on trouve des fortunes réunionnaises dans le classement des 500 plus riches de France.

Solidaires Finances Publiques dénonce le manque de volonté politique pour poursuivre la fraude fiscale, la dégradation des conditions d’accès aux services publics et des conditions de travail des agents de la DGFIP.

La DGFIP se vante de ses chiffres du contrôle fiscal mais le tableau est en demi-teinte : depuis 10 ans, il n’y a pas de hausse significative des chiffres du contrôle. Malgré la réforme "du verrou de Bercy", la fraude fiscale n’est plus fréquemment ni sévèrement sanctionnée en national ou à la Réunion.

L’intelligence artificielle joue un rôle central , mais il n’y a pas de stratégie claire, de ressources. humaines adaptées ni d’évaluation rigoureuse.

A l’image du projet PILAT, outil de pilotage et d’analyse du contrôle fiscal dont la livraison initialement prévue en 2022 finalement livrée en 2027 pour un coût prévu de 36 millions et qui dépassera in fine 123 millions.

Le recouvrement reste également une problématique, les plus riches et informés organisant leur insolvabilité en toute impunité.

La DGFIP éloigne de plus en plus les usagers de nos services. Elle a décidé de supprimer le paiement par chèque.

Dans un contexte de fragilité territoriale et économique, cela provoquera une exclusion accrue des personnes âgées, en difficultés.

Nos services connaissent des conditions de travail qui se dégradent avec une augmentation vertigineuse des suicides et des burn-out : la perte de sens et la souffrance de ne plus pouvoir rendre le service public de façon satisfaisante.

Les objectifs statistiques remplacent la qualité du service rendu.

Nous ne devons pas abandonner les plus fragiles car le service public est leur seule richesse.

Quant aux usagers professionnels, la DGFIP porte la réforme de la facturation électronique au 1er septembre 2026 avec obligation pour les entreprises d’échanger toutes leurs factures par voie dématérialisée.

Cela entraînera pour elles un coût supplémentaire particulièrement lourd pour les plus petites d’entre elles qui devront investir dans de nouveaux logiciels et adhérer à une plateforme agréée payante.

Nos services insuffisamment formés et mal préparés à cette nouvelle réforme vont devoir faire face sans moyens supplémentaires :

- 550 suppressions d’emplois encore à la DGFIP en 2026.

Face à ces suppressions d’emploi, Solidaires Finances Publiques Réunion, refuse le fatalisme et n’a qu’une ambition : défendre le territoire.

A force de conviction, après de nombreuses rencontres avec la Direction Générale des Finances Publiques, et nos directeurs locaux, nous avons réussi à obtenir la création d’un centre de contact professionnel à Saint-Benoît au 1er septembre 2026 avec la création de 40 emplois : 40 réunionnais fonctionnaires à la DGFIP pourront ainsi rejoindre leur île et leur famille.

Ce Centre travaillera pour toute la France , il sera le seul dans les DROM. Solidaires Finances Publiques Réunion sait que la dénonciation de la dégradation du service public ne doit jamais fléchir. Nous resterons au rendez vous pour cela.

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