La nomination d’un nouveau directeur général à la Caisse générale de Sécurité sociale (CGSS) de La Réunion dépasse largement le simple changement de gouvernance d’un organisme public. Elle constitue, une fois encore, le symptôme d’un système qui continue à considérer que les plus hautes responsabilités doivent être confiées à des personnes venues de l’extérieur, quand bien même notre île dispose de toutes les compétences nécessaires (photo Stéphan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Depuis plusieurs mois, le débat sur le privilège zorey met en lumière un mécanisme dénoncé par de nombreux Réunionnais : celui d’un accès privilégié aux postes de direction, de décision et de représentation dans les institutions publiques. La nomination annoncée à la tête de la CGSS s’inscrit, selon nous, dans cette continuité.
Notre propos ne vise pas la personne nouvellement nommée. Nous ne remettons pas en cause ses compétences ni son parcours. Ce que nous dénonçons, c’est un système.
Comment expliquer qu’une île de près de 900.000 habitants, qui compte des cadres de haut niveau, des directeurs d’administration, des juristes, des médecins, des économistes, des gestionnaires et des responsables expérimentés, continue de voir les postes stratégiques de ses principales institutions confiés à des personnes venues de l’extérieur ?
Cette situation n’est malheureusement pas isolée. Elle s’inscrit dans une longue histoire où les centres de décision concernant La Réunion restent largement contrôlés par des personnes qui n’en sont pas originaires ou qui y sont affectées pour quelques années avant de poursuivre leur carrière ailleurs.
C’est précisément ce mécanisme que nous désignons par l’expression « privilège zorey ». Il ne s’agit pas d’accuser individuellement les personnes concernées. Il s’agit de mettre en lumière un système qui produit, année après année, les mêmes effets : les Réunionnais demeurent sous-représentés à la tête des grandes administrations, des établissements publics et de nombreux organismes disposant pourtant d’un rôle déterminant dans la vie quotidienne de la population.
Cette réalité interroge notre conception de l’égalité républicaine. Si les Réunionnaises et les Réunionnais sont suffisamment compétents pour exercer des responsabilités partout en France, pourquoi semblent-ils si rarement considérés comme les mieux placés pour diriger les institutions de leur propre territoire ?
Pour notre collectif, cette répétition révèle la persistance d’un fonctionnement hérité de l’histoire coloniale. Les formes ont changé, les discours également, mais les mécanismes de sélection des élites continuent trop souvent à reproduire une logique où les postes de pouvoir reviennent prioritairement à des profils extérieurs.
Nous demandons que toute la transparence soit faite sur les procédures de recrutement des dirigeants des grands organismes publics à La Réunion. Les critères de sélection, la composition des jurys, le nombre de candidatures réunionnaises examinées ainsi que les raisons ayant conduit aux choix définitifs doivent pouvoir être connus.
Nous appelons également les responsables politiques, les organisations syndicales, les associations et l’ensemble de la société civile à ouvrir un débat serein sur la place des Réunionnais dans la gouvernance de leur territoire. Refuser ce débat reviendrait à ignorer une question qui traverse aujourd’hui une partie croissante de la population.
Le privilège zorey n’est pas une polémique artificielle. C’est le nom donné à un ressenti largement partagé et à des mécanismes qu’il appartient désormais aux institutions d’examiner avec lucidité.
Cette nouvelle nomination nous rappelle que le débat est loin d’être clos.
An Byin Minm
Gaël Velleyen et les 3000 signataires

Merci de relayer cette prise de position, et la mise en avant de cette pétition https://www.change.org/p/tribune-privil%C3%A8ge-zor%C3%A8y
Peut être un jour, dans 20 ans, verrons nous la langue et l histoire de la Reunion enseigné à l école.
Peut etre verrons nous dans 30 ans, parce qu on aura appris que le caffe, chinois, malbar, yab, zarab, zoréol, c est Nous, peut être verra t on une vraie culture Reunion émerger, où le réunionnais ne se fera plus marché dessus par n importe qui venant de l extérieur
Pendant ce temps le chômage continue d'augmenter ainsi que la pauvreté. Une grande partie de la population en manque de logements, l'illettrisme cheval de bataille de nos élus continue de sévir ainsi que la violence corruption trace toujours son chemin....toutes ces problématiques on ferme les yeux et on regarde ailleurs....