Tribune libre de Frédéric Maillot

Projet de loi de finances 2027 budget baissé, agriculture délaissée

  • Publié le 28 septembre 2026 à 15:39
  • Actualisé le 28 septembre 2026 à 15:42
Frédéric Maillot , député

À quelques jours des arbitrages définitifs du PLF 2027, les coupes budgétaires vont menacer les agricultures des Outre-mer (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Près de 24 millions d’euros de soutiens sont concernés, dont 17 millions d’euros retirés à la filière canne, 5 millions d’euros d’abondement national au Régime Spécifique d'Approvisionnement (RSA) supprimés et 1,7 million d’euros ponctionné sur l’enveloppe banane. À cela s’ajoute l’exclusion de La Réunion de certains dispositifs de soutien face à la sécheresse.

Ces économies sont peut-être marginales pour le budget de l’État, mais elles ne le sont pas pour nos agriculteurs. Elles fragilisent directement les revenus, les filières et la souveraineté alimentaire des territoires ultramarins.

Le Gouvernement demande aux Outre-mer de construire des stratégies agricoles de long terme, tout en réduisant leurs moyens chaque année. Cette contradiction n’est plus tenable et nous ne pouvons d’autant moins soutenir le double discours du gouvernement qui, d’un côté, soutient la filière face aux crises mais qui, de l’autre, propose un budget en incohérence avec les besoins notamment sur le plan de l’autonomie alimentaire. Comment parler de souveraineté alimentaire et défendre le budget agricole via le renforcement du POSEI à Bruxelles tout en affaiblissant, dans le même temps, les soutiens nationaux indispensables à nos filières ?

La situation est d’autant plus préoccupante face au changement climatique. Alors que plus de 1,3 milliard d’euros ont été mobilisés pour l’agriculture française face à la sécheresse, les agriculteurs ultramarins ne peuvent être les oubliés de cet effort.

Nous demandons au Gouvernement de revenir sur ces arbitrages avant l’adoption définitive du PL 2027 :
- Rétablissement des 5 millions d’euros au RSA ;
- Maintien des crédits de diversification et de l’enveloppe banane,
- Rétablissement des 17 millions d’euros pour la filière canne et
- Accès équitable aux dispositifs de soutien face à la sécheresse.

Les Outre-mer ne demandent pas un privilège. Ils demandent que l’État respecte ses engagements.

guest
0 Commentaires