Les propos de Mémona Hintermann, qui affirme qu’il serait normal et pas raciste de designer une personne noire comme "Homo sapiens", franchissent une ligne rouge. Qualifier un individu d'Homo sapiens" ne relève pas d’un simple choix de vocabulaire neutre. C’est un acte politique et une faute grave. Derrière une apparente neutralité scientifique se cache une violence symbolique bien réelle.
Réduire une personne à une catégorie strictement biologique, c’est nier son histoire, sa culture, son identité. C’est la ramener à une abstraction froide, comme si elle n’était qu’un objet d’étude.
Cette logique est inacceptable. Les propos de Madame Hintermann s’inscrivent dans une continuité historique de discours ayant cherché à classifier les êtres humains.
En cela, ils font écho aux constructions idéologiques qui ont servi à justifier l’esclavage, en prétendant fonder sur la nature des hiérarchies entre les êtres humain.
- L’humanité est une, indivisible -
Rappelons une évidence que certains semblent vouloir oublier : il n’existe pas de "racines" humaines au sens biologique qui
permettraient de hiérarchiser ou de distinguer les individus.
L’humanité est une, indivisible. Toute tentative de classifier les êtres humains selon des catégories prétendument naturelles relève d’une dérive dangereuse.
Encore présentes idéologiquement, les distinctions raciales sont du ressort de celles et ceux qui désirent justifier, à l’encontre des
connaissances scientifiques, les discriminations entre les humains.
L’histoire a montré où mènent ces logiques : de l’idéologie de l’eugénisme, qui prétendait "améliorer" l’espèce humaine par la
sélection, aux théories raciales du nazisme, jusqu’au système d’oppression institutionnalisé de l’apartheid en Afrique du Sud.
Toutes ont en commun d’avoir voulu hiérarchiser les êtres humains en s’appuyant sur des critères prétendument naturels.
- Le langage engage -
À La Réunion, territoire marqué par une histoire de métissages, de résistances et de combats pour la dignité, ces propos résonnent avec une gravité particulière.
L’Union des Femmes Réunionnaises refuse que des mots puissent raviver des logiques d’exclusion ou de hiérarchisation des êtres humains.
Dans notre société créole, ces discours de classification raciale des personnes humaines ne sont pas de simples maladresses. Ils
participent à un climat où la déshumanisation peut progresser, sous couvert de vocabulaire scientifique.
L’Union des Femmes Réunionnaises appelle à une vigilance collective.
Le langage engage. Et il doit être à la hauteur des combats pour le respect, l’égalité et la dignité de toutes et tous.
Il n’y a pas d’"Homo sapiens" d’un côté et des êtres humains de l’autre. Il n’y a pas d’Aryens, de Néandertaliens ... Il n’y a qu’une seule humanité.
L’Union des Femmes
Réunionnaises.
