Le 25 mars dernier, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution qualifiant "la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains comme les plus graves crimes contre l’humanité".
Ce vote au niveau international intervient alors que la France a été le premier pays à reconnaître, il y a 25 ans, que la traite et l’esclavage colonial constituent un crime contre l’humanité.
Au regard de cette loi pionnière, il est profondément regrettable que la France ait choisi de s’abstenir lors de ce vote à l’ONU, qui s’est tenu à New-York à l’occasion de la Journée internationale de commémoration de l’esclavage.
Cette abstention interroge et inquiète.
Car cette résolution met l’accent sur l’importance historique de la traite et de l’esclavage colonial. Elle souligne les héritages toujours à l’œuvre de cette histoire et appelle à une reconnaissance encore trop insuffisante dans de nombreux pays, ainsi qu’à des actes concrets de réparation "des torts historiques subis par les Africains et les personnes d’ascendance africaine".
L’abstention de la France n’est pas la hauteur de l’universalité du message qu’elle entend porter au monde.
L’esclavage colonial n’est pas seulement un épisode des siècles passés. C’est un drame universel, un crime qui a structuré les inégalités, façonné les représentations raciales et marque durablement l’identité planétaire.
La France doit renouer avec l’esprit de la loi de 2001 qui l’avait placée à l’avant-garde du combat pour la reconnaissance et la mémoire de l’esclavage colonial. Elle doit retrouver et porter, sans hésitation, une position aussi ambitieuse sur la scène internationale.
