Monsieur le député attire l'attention de madame la Ministre sur la nécessité de protéger les pratiques traditionnelles réunionnaises menacées. Ainsi dès son élection en 2022 le député a défendu la pratique des batay kok, trop souvent assimilée dans l'Hexagone à la corrida ou aux combats d'animaux dressés pour se battre. (Photo photo RB/www.imazpress.com)
Ainsi dans le cadre des corridas il s'agit d'une exécution systématique publique d'un animal, qui n'a aucune chance de s'en sortir, par un être humain. À l'inverse dans le cadre des batay kok il s'agit d'un combat entre animaux de même force qui sont des combattants naturels et qu'il est parfaitement impossible de forcer à se battre. Par ailleurs il est très rare que ces combats se finissent par la mort de l'un des deux animaux.
Cette pratique fortement ancrée à La Réunion ne doit donc pas être confondue avec les pratiques de combats d'animaux dressés pour tuer comme cela peut malheureusement exister dans l'Hexagone.
Très attaché à la protection animale, le député tient à défendre cette tradition qui ne relève pas du tout de la maltraitance animale, contrairement a ce qui peut être parfois dit par méconnaissance. Au contraire les éleveurs de coqs sont très attachés à leurs animaux, les traitent de la meilleure manière qui soit et font tout pour leur éviter des blessures et bien entendu la mort.
Par ailleurs la pêche traditionnelle réunionnaise (bichiques, capucins) ainsi que la pêche côtière de loisir sont également menacées. Il ne s'agit bien évidemment pas de s'opposer à la protection de la ressource bien au contraire. Les pêcheurs traditionnels connaissent leur écosystème et ont toujours respecté leur environnement. Ce sont les meilleurs connaisseurs de leur milieu.
La raréfaction de la ressource halieutique n'est pas de leur fait mais bien du fait de la pêche intensive réalisée par des gros chalutiers qui prélèvent des quantités énormes de poissons, sans commune mesure avec les pêcheurs amateurs traditionnels. Le nouveau réglement européen obligeant à déclarer toute capture faite dans le cadre de la pêche de loisir met encore plus en danger cette pratique traditionnelle sans remettre en cause cette surpêche intensive responsable de la raréfaction de la ressource halieutique.
De plus dans un contexte économique très compliqué à La Réunion, il faut prendre en compte la dimension sociale de la pêche de loisir. Celle-ci permet en effet à nombre de familles d'avoir un repas quand elles ne pourraient se permettre de manger du poisson faute de pouvoir d'achat suffisant.
Monsieur le député alerte madame la Ministre sur les menaces pesant sur ces différentes pratiques traditionnelles issues de l'histoire réunionnaise et auxquelles les Réunionnais et les Réunionnaises sont fortement attachés. En tant que Ministre des Outre-mer il est nécessaire que vous preniez conscience de ces spécificités et que vous les considéreriez comme un élément constitutif de la société réunionnaise.
La colère vis-à-vis de décisions qui apparaissent comme déconnectées de la réalité réunionnaise et décidées par un pouvoir lointain est déjà immense. Sans concertation avec les principaux concernés et sans prise en compte de nos spécificités, le député alerte sur le fait que cette colère pourrait rapidement se transformer en révolte.
