À l’issue de la 40ème Assemblée générale ordinaire de la FEDOM, les actes du colloque qu’elle a organisé avec le cabinet TACTICS, le 17 décembre au CESE, en partenariat avec la Fondation Concorde et l’Innovation & Competition Lab de la George Washington University, ont été présentés (Photo d'illustration : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Ce colloque, rassemblant des dirigeants économiques et des universitaires, juristes et économistes, français et internationaux, s’est penché sur la réalité de la vie chère, l’évaluation de l’efficacité des politiques de régulation, et la question du dynamisme économique.
Dans sa synthèse, le rapport relève que la régulation économique dans les territoires ultramarins constitue un enjeu majeur, au croisement des questions de pouvoir d’achat, de cohésion sociale et de développement économique.
Si elle ne peut être conçue comme un instrument de traitement direct de « la vie chère », elle doit être replacée dans sa fonction propre, à savoir de garantir le bon fonctionnement du marché, sans se substituer aux mécanismes de création de richesse.
Si les pouvoirs publics ont multiplié les dispositifs pour lutter contre la vie chère, leur efficacité reste limitée en raison de l’absence d’évaluations solides et de la complexité structurelle des économies ultramarines. Une approche plus stratégique, fondée sur l’analyse, la différenciation territoriale et la transparence, apparaît indispensable pour améliorer durablement la situation.
"Les économies ultramarines cumulent des contraintes importantes. L’éloignement géographique allonge les chaînes d’approvisionnement et renchérit les coûts de transport. L’insularité impose des contraintes logistiques supplémentaires. L’étroitesse des marchés limite les volumes d’activité et empêche la réalisation d’économies d’échelle", souligne le document.
La vie chère résulte avant tout d’un déséquilibre entre prix et revenus. À prix constants, ce sont le niveau de revenu et l’accès à l’emploi qui déterminent le pouvoir d’achat réel. Or, les territoires ultramarins présentent des taux d’emploi plus faibles et des inégalités de revenus plus fortes qu’en Hexagone. Ce décalage explique largement les tensions autour du pouvoir d’achat et l’importance prise par la question de la vie chère.
Les travaux menés lors de cette journée ont révélé un triple constat et dessiné en conséquence trois axes de travail :
• L’impérieuse nécessité d’évaluer rigoureusement les dispositifs de régulation existants;
• L’approfondissement des comparaisons internationales pour identifier les approches les plus adaptées;
• La définition et la mise en œuvre de politiques économiques cohérentes, orientées vers la croissance, tenant compte de la diversité des territoires.
Rendez-vous vous en décembre prochain, pour approfondir le sujet du cadre juridique et institutionnel face au défi de la création de richesse dans les Outre-mer.
