Tribune libre de la Fédération Tamoule La Réunion

Sainte-Rose : au-delà de la polémique, penser à un aménagement Réunionnais du territoire

  • Publié le 18 juillet 2026 à 16:20
  • Actualisé le 18 juillet 2026 à 16:51
Tambour Malbar

La polémique suscitée par l'arrêté municipal de Sainte-Rose interdisant des cérémonies religieuses dans un lotissement social ne doit pas se réduire à une opposition entre droits des riverains et liberté de culte. Elle nous pousse à engager une réflexion de fond sur l'aménagement du territoire à La Réunion. (Photo d'illustration : Richard Bouhet / www.imazpress.com)

Les nuisances sonores dénoncées par les habitants sont une préoccupation légitime. La liberté de conscience et de culte, garantie par les principes de la République, l'est tout autant. Les deux doivent pouvoir s'exercer dans des conditions respectueuses de chacun — ce n'est pas un dilemme, c'est une question d'organisation.

La coexistence de plusieurs traditions spirituelles fait partie intégrante du patrimoine réunionnais. Or, pendant trop longtemps, les programmes de logements ont repris des modèles standardisés venus de l'Hexagone, sans intégrer les spécificités sociales et cultuelles de notre territoire. Il est temps de penser un urbanisme réunionnais, qui anticipe ces besoins plutôt que de les découvrir au moment où les tensions éclatent.

Concrètement : les futurs projets de lotissement et d'aménagement doivent intégrer une réflexion sur les équipements de proximité — y compris des espaces adaptés à l'exercice des différents cultes — dans le respect des règles d'urbanisme, de la tranquillité publique et des droits des riverains. C'est ainsi qu'on évite que ces tensions se reproduisent, plutôt qu'en les arbitrant une fois qu'elles ont éclaté.

Cette situation ne doit pas opposer les Réunionnaises et les Réunionnais selon leurs croyances. Elle doit au contraire nous inciter à construire un modèle de développement qui tienne compte de notre diversité, de notre histoire et de notre réalité insulaire. Nous appelons les collectivités, les services de l'État, les aménageurs, les représentants des cultes, les associations et les citoyens à ouvrir une concertation sur cette question.

Car cette histoire, on la connaît déjà. Nout gramoun i koné : na poin lontan, bann Malbar té oblijé kasièt pou pratik zot Relijion. Sé pou sa zot la fé zot sapèl dan la kour, pou priyé san sa zot lé té trakasé. Sa la pa in viyé Zistoir — sa lé ankor dan la Mémoir.

Zordi, bann zotorité i doi pa oublié se passé-la. Sé sa i doi konté dan zot désizion, pou lès bann fami priyé kom zot Zansèt la montre azot.

Au-delà de la polémique du moment, c'est bien la capacité de notre territoire à concilier développement urbain, la liberté des cultes, et la qualité de vie qui sont aujourd'hui en jeu.

Le Président de La Fédération Tamoule de La Réunion

Jean Luc Amaravady

guest
0 Commentaires