Tribune libre du collectif "Alerte Océan Indien"

Stop au projet gazier de TotalEnergies dans le canal du Mozambique

  • Publié le 27 janvier 2026 à 11:36
  • Actualisé le 27 janvier 2026 à 12:34
Le groupe français Total a complètement évacué son personnel et arrêté l'activité sur son projet gazier de plusieurs milliards d'euros dans le nord du Mozambique, après l'attaque jihadiste de la semaine dernière à Palma

Le corpus scientifique est sans ambiguïté : pour maintenir une chance de limiter le réchauffement mondial à 1,5 °C, aucun nouveau projet d’exploitation de pétrole ou de gaz ne peut être réalisé. L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) confirme que les réserves d’énergie fossile exploitées sont largement suffisantes pour répondre à la demande, compte tenu de la baisse de la consommation.

Ce jeudi 29 janvier, les Sénateurs doivent se prononcer sur une proposition de loi visant à lever, dans les territoires d’outre-mer, l’interdiction d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures.

- "Le soutien de l’État Français à ce projet gazier est une aberration" - 

Cette proposition de loi entre en contradiction directe avec la position défendue par la France sur la scène internationale, où elle se présente comme un pays moteur de la transition énergétique, favorable à une sortie des énergies fossiles.

Pour les mêmes raisons, le soutien de l’État Français au projet gazier de TotalEnergies est une aberration. Au Mozambique, ce projet a suscité l’opposition des riverains, qui ont été délogés par des nervis à la solde de la multinationale. Celle-ci devra répondre de plusieurs meurtres devant la justice.

- Un projet qui réchauffe l'Océan - 

L’extraction et la liquéfaction du gaz naturel émet une énorme quantité de gaz à effet de serre qui, en retenant le rayonnement solaire dans l’atmosphère, réchauffe l’océan et provoque, par effet domino, une augmentation de l’intensité des évènements climatiques (canicules, sécheresses, cyclones, fortes pluies…).

En juillet 2025, la plus haute juridiction de l'ONU, qui siège à La Haye, a rendu un avis consultatif historique. Elle a conclu que les Etats qui violent leurs obligations climatiques commettent un acte "illicite" et peuvent se voir réclamer des réparations par les pays les plus affectés.

Les législateurs, avocats et juges du monde entier peuvent s'en saisir pour attaquer en justice les Etats qui soutiennent de nouveaux projets d’énergie fossile.

Demain, la France peut être poursuivie pour avoir permis l’exploitation de pétrole ou de gaz dans les territoires d’Outremer ou à proximité.

De toute évidence, le projet de TotalEnergies dans le Sud-Ouest de l’Océan Indien doit être bloqué. Si ce n’est pas le cas, les associations environnementales poursuivront en justice la multinationale et ses soutiens politiques et financiers.

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