J’exprime ma vive inquiétude face à l’annonce de la suppression de 90 postes d’enseignants à La Réunion dans le cadre du budget 2026 (25 dans le primaire et 65 dans le secondaire). Cette décision gouvernementale, prise dans un contexte marqué par un taux de décrochage scolaire deux fois plus élevé que dans l’hexagone et des difficultés d’insertion professionnelle croissantes pour les jeunes, aggrave une situation déjà critique. Elle illustre malheureusement les conséquences néfastes de ce budget issu d’un passage en force par 49.3. (Photo d'illustration Sly/www.imazpress.com)
À La Réunion, près de 3 100 jeunes quittent chaque année le système scolaire avant leurs 18 ans, et 29 % des 15-29 ans sortis du système éducatif n’ont aucun diplôme qualifiant. Ces chiffres, deux fois plus élevés que dans le reste du pays, illustrent l’urgence de renforcer l’accompagnement éducatif à rebours des suppressions de postes déconnectées des réalités locales. De telles coupes dans les effectifs risquent ainsi d’accentuer ces inégalités et de fragiliser davantage les parcours scolaires des élèves Réunionnais.
Les jeunes déscolarisés précocement à La Réunion rencontrent des difficultés majeures pour accéder à l’emploi : près de 47 % des 15-29 ans sont aujourd’hui sans emploi, et les trois quarts des jeunes ayant quitté le système scolaire tôt n’ont pas de travail. La suppression de postes d’enseignants, en réduisant les moyens alloués à l’éducation, ne fera qu’aggraver cette situation, compromettant l’avenir de milliers de jeunes Réunionnais.
J’appelle le gouvernement et le ministre de l’Éducation à reconsidérer cette décision et à maintenir les effectifs enseignants à La Réunion. Il faut préserver un nombre conséquent d’enseignants et donner aux équipes pédagogiques les moyens nécessaires pour le maintien d’une école républicaine ambitieuse et inclusive garantissant à chaque jeune les conditions de sa réussite.
Philippe NAILLET
Député de La Réunion 1ère circonscription
