Tribune libre de Daniel Alamelou

Projet d’installation de stockage de déchets ultimes non dangereux : quelques vérités sont à rétablir

  • Publié le 11 novembre 2025 à 14:58
  • Actualisé le 11 novembre 2025 à 15:04
Daniel Alamélou

Le Président du SYDNE, M. Daniel ALAMELOU, souhaite rétablir quelques vérités quant à la situation du projet d’installation de stockage de déchets ultimes non dangereux (ISDU) prévu à Beaufond Sainte Marie (photo RB imaz press Réunion)

En termes de bilan du traitement des déchets ménagers, le syndicat du Nord/Est de la Réunion gère plus de 214 000 tonnes de déchets ménagers et assimilés (DMA), dont 41% font l’objet d’une valorisation matière et organique.

Aujourd’hui, c’est donc 59% de nos déchets qui sont enfouis sur le site de stockage de SUEZ à Sainte-Suzanne. En activité depuis près de 30 ans, ce site arrive en fin de vie en 2028.

Face à l’urgence de la situation, le SYDNE et ses membres (CINOR et CIREST) ont fait le choix de mobiliser leurs efforts dans la prévention et la réduction des déchets à la source, développer les filières de valorisation, pour réduire au maximum ainsi la fraction ultime à enfouir.

Dès l’an prochain, avec la mise en service de la chaudière à CSR (combustible solide de récupération) d’ALBIOMA à Saint-André, le SYDNE sera la capacité de valoriser énergétiquement plus de 70 000 T de CSR produits à base de déchets ménagers. Ce qui nous permettra de diviser par deux la part de déchets à enfouir.

En outre, la collecte séparative de biodéchets par la CINOR et la CIREST, en 2027, permettra d’extraire la fraction fermentescible et de la valoriser.

Le gisement restant de déchets ultimes devrait ainsi être constitué de déchets inertes non dangereux.

Les camions de collecte, de la CINOR et de la CIREST, d’ordures ménagères et des encombrants continueront toujours à venir à Sainte-Suzanne, au centre de valorisation multifilières d’INOVEST, pour être triés et transformés en CSR.

La massification des refus de tri constituera la fraction des déchets ultimes à enfouir et sera transporter par quelques camions étanches et bâchés.

L’ISDU est le dernier maillon d’une chaîne de traitement réfléchie et aboutie.

Malgré l’urgence à trouver un site, le SYDNE a pris le temps de revoir et de réaliser de nouvelles études techniques sur tout le bassin Nord/Est, afin d’identifier de manière objective le site le plus opportun.

Accompagnés par les services de l’État (DEAL, ADEME et ARS), la Région et le Département, le comité de pilotage a pu prendre une décision sur la base d’une étude multicritères (technique, économique et sociale).

Au final, plutôt que d’exproprier 19 familles à Saint-Benoît, le choix s’est porté sur le site de Beaufond à Sainte-Marie, exploité par une seule famille.

Les études complémentaires (géotechnique, hydrologique et faune/flore) ont toutes confirmées la compatibilité du site de 20 ha de Sainte-Marie. Les ravines étant hors périmètre du projet, il n’y aura aucune incidence sur la faune et la flore.

Privilégiant une démarche ouverte et constructive, le SYDNE a pris le temps de rencontrer le syndicat du Sucre et d’étudier les friches recensées, comme possible alternative. Après examen minutieux de chaque terrain, le SYDNE a expliqué et argumenté, par courrier officiel, sur les motifs pour lesquels ces friches ne pouvaient être retenues.

Les échanges avec le propriétaire ont porté sur la bonne réalisation des études complémentaires. Puis, en août dernier, ces discussions ont permis d’aboutir à une proposition d’acquisition amiable, formulée par le SYDNE, sur la base des estimations faites par France Domaine et la SAFER.

Le propriétaire, estimant le prix trop bas, n’a pas daigné revenir vers nous avec une contre-proposition.

Prenant acte de cette fin de non-recevoir, le SYDNE, en responsabilité, a déposé une demande de déclaration de projet d’intérêt général (PIG), auprès du préfet, fin septembre.

En décembre, le SYDNE délibérera à nouveau pour demander au préfet, l’ouverture de l’enquête préalable à la Déclaration d’Utilité Publique (DUP), qui lance la procédure d’expropriation des 20 ha identifiés pour l’implantation de l’ISDU.

Il est regrettable qu’un projet d’intérêt général et d’utilité publique fasse l’objet d’une récupération politicienne de tous bords, qui ne trompe personne.

Il y a urgence et nous devons tous agir en responsabilité.

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