Tribune libre des jeunes socialistes de La Réunion

Un mois après la rentrée universitaire : à La Réunion, la précarité étudiante n'est plus une alerte, c'est une réalité

  • Publié le 14 septembre 2026 à 09:40
  • Actualisé le 14 septembre 2026 à 09:42
Photo : Jeunes socialistes de La Réunion

Un mois après la rentrée universitaire et suite à un dialogue engagé avec les organisations syndicales étudiantes, les Jeunes Socialistes de La Réunion contaste une réalité inquiétante. La précarité étudiante progresse et frappe directement les conditions de réussite de notre Jeunesse (Photo : Jeunes socialistes de La Réunion)

Derrière les statistiques, il y a des étudiants qui comptent chaque euro avant de faire leurs courses, qui renoncent à certains déplacements faute de moyens, qui cherchent des solutions pour payer leur loyer ou leur carburant et qui doivent parfois choisir entre leurs dépenses essentielles et leurs études.

Les études nationales, notamment celles de l’UNEF, montrent une augmentation continue du coût de la vie étudiante. Mais à La Réunion, nous ne pouvons pas nous contenter de transposer les constats hexagonaux.

Notre territoire connaît des contraintes particulières. Coût de nombreux produits du quotidien, dépendance à la voiture, prix des carburants, tension sur le logement et éloignement géographique. Pour un étudiant à La Réunion, chaque hausse pèse davantage sur un budget déjà contraint.

Quand le coût de la vie augmente, ce sont les études qui deviennent plus difficiles à financer. Quand le logement, l’alimentation et les transports augmentent, c’est la réussite universitaire qui devient plus incertaine.

Le système des bourses doit également être remis à plat.

L’échelon 0 bis en est un symbole particulièrement révélateur. Il permet de bénéficier du statut de boursier et de certaines exonérations, mais ne procure aucune aide financière mensuelle.

Pour les familles qui se situent dans cette zone intermédiaire, la réalité est pourtant concrète. Elles peuvent avoir trop de ressources pour bénéficier d’une aide significative, mais pas suffisamment pour absorber sereinement plusieurs centaines d’euros de dépenses supplémentaires chaque mois. On ne peut pas demander à notre Jeunesse de réussir tout en laissant les familles porter seules le poids de la hausse du coût des études.

À cette précarité s’ajoute une situation particulièrement préoccupante pour les étudiants étrangers. À l’Université de La Réunion, les droits d’inscription différenciés peuvent représenter 2 850 € en licence et 3 879 € en master, contre 178 € et 255 € pour les droits nationaux.

Pour certains étudiants, ces sommes ne sont pas simplement « élevées ». Elles représentent une véritable barrière à la poursuite des études. Nous avons échangé avec des étudiants qui ont dû solliciter la solidarité de l’ensemble de leur famille, contracter un prêt et donc une dette, ou envisager l’abandon de leur cursus. Est-ce réellement cela, l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur ?

La Réunion est au cœur de l’Océan Indien. Notre université devrait être un espace d’ouverture, de coopération et de réussite pour la jeunesse de notre région. Nous ne pouvons pas accepter que des étudiants venus des territoires voisins soient confrontés à une barrière financière de plusieurs milliers d’euros pour accéder à l’enseignement supérieur.

L’existence d’une commission d’exonération constitue un dispositif indispensable pour certains étudiants. Nous serons particulièrement vigilants sur son fonctionnement, ses critères et ses décisions. Elle doit permettre qu’aucun étudiant ne soit contraint d’abandonner ses études faute de pouvoir payer.

Face à cette situation, les Jeunes Socialistes de La Réunion portent ces exigences :
1.Adapter les bourses et les dispositifs d’aides au coût réel de la vie à La Réunion
2.Réformer l’échelon 0 bis et renforcer les bourses afin que le statut de boursier corresponde réellement à une aide permettant de vivre et d’étudier
3.Mettre fin aux barrières financières pour les étudiants étrangers, La Réunion a vocation à être un pôle universitaire de l’océan Indien !
4.Mieux rémunérer les stages et mettre fin aux stages longs non rémunérés
5.Créer une allocation d’autonomie pour les 18-25 ans afin de lutter contre la précarité
6.Permettre de réduire ou d’effacer les dettes liées aux dépenses essentielles pour les jeunes en situation de précarité

Les Jeunes Socialistes de La Réunion refusent que la précarité devienne une étape normale de la vie étudiante. L’enseignement supérieur est un investissement pour notre jeunesse et pour l’avenir de La Réunion.
 

Les jeunes socialistes de La Réunion

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