Sur les bancs de la fac, au début des années 2010, Yvan Soudy pense déjà à ce que sera son manga Redskin. Entre 2013 et 2014, Staark se lance alors sur mangadraft, un fanzine (magazine de fan) sur internet. " Le fanzinat, explique-t-il, c'était une façon pour moi de me faire repérer par les maisons d'édition. " Et ça n'a pas manqué, il a été contacté par la plateforme professionnelle norigami.
" Beaucoup de mes lecteurs rĂ©clamaient une version papier. Jâai donc essayĂ© de trouver une nouvelle maison dâĂ©dition ,car norigami nâen est pas une. Jâai alors contactĂ© Jean-Luc Schneider des Bulles dans lâocĂ©an. Câest une petite maison dâĂ©dition, mais elle distribue chez Flammarion, un distributeur trĂšs reconnu dans la place. "
Avec ses 55 albums, Des bulles dans lâocĂ©an nâavait jamais publiĂ© de manga auparavant. Il a donc pris le pari de suivre Yvan Soudy, dans sa quadralogie, aprĂšs avoir vu son travail sur norigami. Jean-Luc Schneider et lui ont convenu dâune sortie tous les six mois. " Un rythme que tient tous les mangakas français " prĂ©cise lâĂ©diteur rĂ©unionnais.
Et pour la premiĂšre Ă©dition dâun " manfra " (manga français), Jean-Luc Schneider a choisi une parution Ă 4 200 exemplaires. Comme câest un shonen (une catĂ©gorie qui concerne les prĂ©-ados, les ados et les jeunes adultes), Yvan Soudy a choisi ce genre passe-partout pour exposer une histoire qui peut paraitre simpliste au dĂ©part, mais dont le scĂ©nario est appelĂ© Ă se complexifier Ă mesure que le lectorat vieilli.
Comme tout bon manga qui se respecte, Redskin se lit de droite Ă gauche. Lâauteur y parle dâinĂ©galitĂ©s sociales (esclavage, inĂ©galitĂ© homme-femmeâŠ). Il aborde aussi le respect des animaux et de la nature.
Un stakhanov du dessin
Autodidacte, Staark explique quâil a beaucoup analysĂ© les mangas quâil a lus en sâinterrogeant sur comment structurer un scĂ©nario, comment construire des personnages, comment reprĂ©senter les Ă©motions.
Fan en prioritĂ© de Dragon Ball, One piece, Bleach et Naruto, il se reconnaĂźt " de la gĂ©nĂ©ration du Club DorothĂ©e ". Ă lâĂ©poque, il veut devenir crĂ©ateur de dessin animĂ©. Cependant, il ne regrette rien. " Aujourdâhui, en Ă©tant auteur de manfra, je suis au casting, au scĂ©nario et Ă la rĂ©alisation, câest tout aussi bien ". NĂ©anmoins, il avoue que si un studio ferait un animĂ© de son Ćuvre, ce serait une consĂ©cration pour lui.
Son activitĂ© principale est dâĂȘtre professeur dâarts plastiques. Un travail que dâautres auteurs de BD de DBDO exerce. Il a dâailleurs eu comme enseignant TĂ©hem qui concilie lui aussicet emploi avec sa passion pour lâĂ©criture et le dessin de BD.
Mais comment concilila la vie de famille et une passion aussi chronophage ? Yvan Soudy semble bien mener sa barque. Il est vrai que sa femme le soutient ce hobby. Actuellement, il travaille Ă peaufiner ses personnages, cela exige de lui 5 heures de boulot par jour. Mais quand il doit concevoir des planches, cela lui prend environ 12h. Ce qui lui fait des journĂ©es chargĂ©es, puisquâil va dormir vers 3h du matin parfois.
MĂȘme sâil prĂ©fĂšre la sensation du crayon sur le papier, Staark sâest procurĂ© une tablette graphique pour rĂ©aliser toutes ses planches. Il lâutilise un peu partout et notamment le midi au collĂšge pour sâavancer quand il nâa rien Ă prĂ©parer ou Ă corriger pour ses Ă©lĂšves. Comme beaucoup de dessinateurs, Yvan Soudy, dont le prĂ©nom se prononce Ă la russe est un vĂ©ritable stakhanoviste. Mais, il a tout de mĂȘme dĂ©cidĂ© de prendre un assistant pour pouvoir satisfaire son public tous les six mois.
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