Opération de prévention des risques dans le BTP

Trop d'ouvriers en danger

  • PubliĂ© le 14 octobre 2009 Ă  01:00
Chantier du BTP

Le 10 septembre 2009, 34 agents de l'inspection du travail, du service de prĂ©vention de la CGSS et de la mĂ©decine du travail SISTBI se sont rendus sur autant de chantiers. L'objectif de cette journĂ©e Ă©tait principalement de faire passer un message de prĂ©vention auprĂšs des chefs de chantiers et entrepreneurs ainsi que de rĂ©aliser un audit sur les risques encourus par les 900 ouvriers rencontrĂ©s. C'est un bilan mitigĂ© que prĂ©sentent ce mardi 13 octobre 2009 les acteurs de cette enquĂȘte.

"Il y a eu des progrĂšs depuis 10 ans auprĂšs de certaines entreprises, notamment parmi les plus grosses, mais globalement les risques encourus par les salariĂ©s du BTP demeurent vĂ©ritablement inquiĂ©tants", rĂ©sume Alexandre Bonnet, ingĂ©nieur de PrĂ©vention RĂ©union. Sur les 34 chantiers visitĂ©s, 5 ont fait l'objet d'arrĂȘts de travaux. "La situation des ouvriers Ă©tait tellement dangereuse que nous avons Ă©tĂ© obligĂ©s d'imposer l'arrĂȘt des travaux bien que nous n'avions aucunement l'intention de sanctionner au cours de cette opĂ©ration de prĂ©vention", explique Alexandre Bonnet.

Les enquĂȘteurs ont aussi notĂ© des manquements dĂšs les phases prĂ©alables au chantier. 60 % des maĂźtres d'ouvrages n'avaient pas contractĂ© de coordonnateur sĂ©curitĂ©, ni recensĂ© les rĂ©seaux aĂ©riens ou enterrĂ©s (EDF, Telecom). Ils ont ainsi pris le risque de l'Ă©lectrocution d'un ouvrier qui creuserait en toute confiance avec sa pelle mĂ©canique.

Concernant les travaux en hauteur - point essentiel de l'audit car le plus dangereux de tous - , la loi exige que soit privilĂ©giĂ©e la protection collective, les garde corps en l'occurrence. La protection individuelle, telle que les harnais, n'est autorisĂ©e que s'il est techniquement impossible d'installer les barriĂšres de protection collectives. Or l'audit rĂ©vĂšle que 72% des ouvriers qui portaient des harnais auraient du bĂ©nĂ©ficier d'une protection collective. De mĂȘme, 50% des ouvriers travaillant en hauteur n'avaient pas d'escaliers ou de passerelles d'accĂšs et 70 % usaient d'Ă©chelles ou d'Ă©chafaudages non conformes.

D'autres problĂšmes ont Ă©tĂ© dĂ©nombrĂ©s. La plupart des chantiers ne sont pas non plus aux normes en matiĂšre d'hygiĂšne. Cela faisait plus de 4 ans qu'aucune enquĂȘte de cette envergure n'avait Ă©tĂ© menĂ©e. L'opĂ©ration devrait ĂȘtre renouvelĂ©e en 2010.

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