Cour d’assises : accusé d'assassinat, Billy Sinamoutou va être fixé sur son sort

  • Publié le 22 avril 2026 à 02:58
  • Actualisé le 22 avril 2026 à 05:08
salle de la cour assises , tribunal

Deuxième journée du procès pour Billy Sinamoutou devant la cour d'assises ce mardi 21 avril 2026. Le jeune homme est accusé d'avoir assassiné Alain Laravine le 9 octobre 2023. Il reconnaît le meurtre et la préméditation, mais il refuse d'admettre le côté homophobe de son acte. ELes différentes expertises le décrivent comme une personne narcissique avec des interrogations sur sa possibilité de réinsertion. Mercredi, dès l'ouverture de l'audience, l'avocate générale prendra la parole avec ses réquisitions avant la plaidoirie de la défense (Photo Stephan Laï Yu/www.imazpress.com)

La matinée de ce deuxième jour de procès a permis à Bllly Sinamoutou de s'expliquer sur les raisons de son geste. Durant plus d'une heure et demie, le presque trentenaire tente, non pas de se justifier, mais de faire comprendre aux jurés ce qu'il s'est passé et pourquoi, il en est arrivé à une telle extrémité.

Debout dans le box, il s'exprime calmement, posément, d'une voix presque inaudible.

- Une reconnaissance des faits mais sans explication -

"J'ai rencontré Alain Laravine lorsque j'avais 12/13 ans et que j'allais à la chorale de l'église de Salazie" raconte-t-il, "Il a commencé à me faire des propositions d'ordre sexuel. Il m'a fait des avances", affirme-t-il pour la première fois dans la procédure.

Devant l'incompréhension du Président Alzingre qui lui fait remarquer que c'est la première fois qu'il parle de cela, il répond. "Je suis suivi par une psychologue en prison et cela m'a permis de pouvoir en parler plus librement. Depuis ce jour-là, je vois le monde différemment".

Si son discours parait clair, il est cependant à l'opposé de ses déclarations initiales durant la garde à vue. Certes, il continue à reconnaître les faits, mais progressivement, par petites touches, il revient sur la préméditation.

Cependant, comme devant les militaires de la section de recherche, il admet que c'est un double événement qui l'amène à passer à l'acte.

"Le 23 au matin, je croise de nouveau Alain Laravine. Une fois encore, il me fait des avances. Le soir même, mon père m'avoue qu'il a lui-même était violé, enfant, par son grand-frère. Par mon propre oncle. Et c'est là que j'ai décidé d'en finir avec lui". Mais, il reste très évasif sur la mise en œuvre de son projet criminel et sur son exécution.

Il décrit a façon dont il a poignardé la victime mais il est incapable d'expliquer pourquoi il a mis le feu au corps.

C'est ensuite au tour des experts psychologue et psychiatre de passer à la barre. "Il est centré sur lui-même. Il ne sait créer que des liens superficiels lorsqu'il est avec autrui", attaque le psychologue.

"Il est dans une fascination totale de sa propre personne. Une fascination qu'il tente de transmettre aux autres. Il est totalement dans la manipulation. Il a une très haute estime de lui et s'admire à travers l'intérêt et l'admiration des autres"dit encore le praticien

- "Une cocotte-minute qui peut exploser à tout moment" -

Le psychologue se montre très pessimiste sur l'évolution de l'accusé. "Il y a peu de remise en cause de ses actes et peu d'introspection. La victime a été ciblée, mais cela aurait pu être une autre personne. Sa dangerosité criminologique est bien réelle".

Une analyse confirmée par l'expert psychiatre. "Il ne présente aucune trouble psychiatrique. Sa personnalité est borderline. Lorsqu'il décrit son passage à l'acte, il est à la limite du sadisme. Il semble raconter la scène avec un véritable plaisir", explique le médecin.

"Il a une forte tendance à l'agressivité avec une forte possibilité au passage à l'acte. Il essaye de se contrôler", poursuit l'expert.

"Mais il peut exploser n'importe quand. Il utilise les psychotropes pour se contrôler. En réalité, il est une véritable cocotte-minute qui peut exploser n'importe quand. Il est centré sur lui-même. Il n'a aucune empathie pour la victime"

En fin d'après-midi, l'avocate de la fille de la victime, Me Sophie Renaudin, a pris la parole. Elle a souligné : "tout ce que l'on dit sur la victime ne sont que des ladi lafé, ce n'est pas le procès d’Alain Laravine, mais bien celui de l'accusé".

Ce mercredi matin, la parole sera donnée à la représentante de la société pour ses réquisitions. Puis, Me Mickaël Nativel plaidera pour défense de Billy Sinamoutou.

Le verdict devrait être connu en début d'après-midi.

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