Un nouveau Groupe Local de Traitement de la Délinquance (GLTD) pour la ville de Saint-Denis a été présenté ce mardi 25 août 2026 au tribunal judiciaire de Champ-Fleuri. Ce GLTD ciblera plus spécifiquement les problématiques de narcotrafic sur deux quartiers du territoire dionysien. (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Ce nouveau Groupe Local, supervisé par la procureure de la République Véronique Denizot, s'inscrit dans la continuité d'un premier GLTD créé en 2024 pour lutter contre le phénomène de bandes et les violences urbaines dans le chef-lieu. Un dispositif judiciaire qui aurait porté ses fruits dans les quartiers sensibles du chef-lieu selon la procureure. "On peut parler d'un succès notable. Il y a un apaisement constaté dans les quartiers ciblés."
Pour autant, la délinquance à Saint-Denis n'a pas disparu. Mais elle a évolué. Pour y répondre, les priorités affichées par ce nouveau GLTD vont-elles aussi changer pour s'attaquer plus spécifiquement aux trafics de stupéfiants. Des zones de Saint-Denis qui seront choisies "en fonction des remontées de terrain".
Pour l'heure, les deux quartiers dans le viseur du GLTD sont ceux de Commune Primat, où Véronique Denizot souhaite "maintenir la pression", et de Domenjod. À ce titre, la présence de la prison joue un rôle crucial dans le développement du narcotrafic dans ce quartier qui reste résidentiel, avec, notamment, l'acheminement, la livraison et la projection de colis par-dessus les murs de l'établissement pénitentiaire.
- Des axes de prévention pour lutter le trafic de stupéfiants à Saint-Denis -
Pour Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, le précédent GLTD a fait ses preuves. Elle indique notamment que le taux de délinquance s'établit dans le chef-lieu à 31,4 ‰ en 2026, soit une moyenne inférieure au reste de La Réunion (36,2 ‰), ou même à celle de villes de tailles comparables en métropole (92,3 ‰).
Pour autant, elle reste vigilante et consciente des défis à relever en matière de lutte contre les stupéfiants. Un sujet qu'elle estime devoir être pris de manière globale en intégrant des axes de prévention. "Il faut protéger les mineurs. C'est une priorité. Il faut aussi fermer les boutiques qui vendent de l'alcool, hors des heures autorisées, en ne respectant pas la réglementation", pointe l'élue. Une fermeture qui prend tout son sens dans la mesure où les addictions peuvent s'entretenir et se renforcer mutuellement.
Autre levier pour limiter l'impact du narcotrafic, celui de l'accès à l'emploi. Là encore, la maire de Saint-Denis plaide pour un soutien du "système d'accompagnement du tissu associatif pour l'insertion économique et professionnelle", notamment avec la mise à disposition de contrats Parcours Emploi Compétences (PEC).
- Une politique volontariste de répression et de prévention du narcotrafic -
Le cadre et les enjeux de ce nouveau GLTD ciblant le narcotrafic sont désormais clairement établis, comme l'indique Véronique Denizot. "Nous faisons face à une priorité nouvelle, les stupéfiants. On va s'ajuster à cet objectif et nous allons également faire le suivi des jeunes que nous avions identifiés lors de la lutte contre le phénomène de bandes. Que sont devenus ces jeunes ? Que sont-ils devenus ? Se sont-ils calmés ? Il faut qu'on le sache, c'est important."
Reste à observer les résultats, sur le terrain, de cette politique volontariste de répression et de prévention du narcotrafic. Un fléau sociétal qui explose actuellement à La Réunion.
- La Réunion au coeur d'un trafic international de drogue -
La Réunion est désormais pleinement intégrée aux circuits du trafic international de stupéfiants. C’est le constat dressé dans un communiqué publié ce lundi 20 avril 2026 par la procureure de Saint-Denis, Véronique Denizot, qui évoque une situation en nette évolution ces dernières années.
"Depuis 2022, il est constaté l’arrivée de produits stupéfiants nouveaux, cocaïne et drogues de synthèse, de manière désormais massive", souligne-t-elle. Avec une "recrudescence récente de transport "in corpore", pratique particulièrement dangereuse".
Elle souligne également que le territoire est désormais "un marché, et pas un lieu de transit", marqué par des profits considérables pour les organisations criminelles et une hausse continue des saisies.
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