Dans un communiqué publié ce lundi matin 20 avril 2026 la procureure de Saint-Denis, Véronique Denizot souligne que "le trafic de stupéfiants sur le département de La Réunion, connaît des évolutions notables". Elle note aussi "une augmentation constante du nombre de procédures judiciaires, résultat de l’ensemble des actions menées par les services, douane, police et gendarmerie, sous l’autorité du parquet de Saint-Denis, et pour les dossiers les plus importants, dans le cadre de procédures d’instruction". Nous publions ci-dessous le communiqué du parquet (Photo Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Depuis 2022, il est constaté l’arrivée de produits stupéfiants "nouveaux", cocaïne et drogues de synthèse, de manière désormais massive (transporteurs aériens - "les mules", avec une recrudescence récente de transport "in corpore" pratique particulièrement dangereuse - fret postal, transport maritime).
- Des profits considérables réalisés par les organisations criminelles à La Réunion -
Les saisies de produits stupéfiants sont en constante augmentation, ainsi que les saisies d’argent, et de biens de valeur, servant à la commission des infractions ou provenant des gains réalisés. Elles témoignent des profits considérables réalisés par les organisations criminelles.
Les produits stupéfiants sont vendus à La Réunion à des prix toujours plus élevés que ceux pratiqués dans l’Hexagone, même si le prix de la cocaïne a récemment baissé.
La consommation de produits stupéfiants est mise en évidence dans tous les milieux sociaux et elle est constatée de manière très régulière chez les conducteurs de véhicules ; les enjeux de santé et de sécurité sont majeurs face à ces usages en augmentation.
Les procédures établies, (dont certaines de grande ampleur avec plus de 10 personnes mises en examen et écrouées) démontrent l’organisation des trafiquants et leur implantation sur le département, qui est un territoire de consommation, un marché, et pas un lieu de transit.
Les organisations se structurent, diversifient leur voies d’approvisionnement, organisent les voyages des transporteurs, varient les lieux de stockage, avec des ramifications dans l’Hexagone et des liens avec certains pays voisins de l’océan Indien.
Plusieurs filières ont pu être démantelées, sur notre département, et dans l‘Hexagone. Tous les services sont mobilisés, certains ont revu leurs organisations afin de traiter au mieux l’ensemble des procédures quelle que soit leur importance.
- On n’assiste pas encore à La Réunion aux phénomènes massifs de violence grave -
La coopération avec les services de police et de gendarmerie dans l’Hexagone est exemplaire et permet dans de nombreux cas, soit la poursuite des procédures initiées à La Réunion par les services compétents, soit des interpellations et perquisitions simultanées à La Réunion et dans l’Hexagone.
En raison des résultats obtenus par l’action de la douane, de la police et de la gendarmerie et en raison des sanctions judiciaires prononcées, les délinquants cherchent à s’adapter et modifient constamment leurs modes opératoires.
Si des faits de violence ont été mis en évidence, dans un contexte de trafic de stupéfiants, on n’assiste pas encore à La Réunion aux phénomènes massifs de violence grave, comme ceux connus ailleurs sur le territoire français.
Le constat partagé entre l’institution judiciaire, les services enquêteurs, l’autorité préfectorale, impose de maintenir un très haut niveau de réactivité et d’efficacité contre les trafiquants ; le phénomène à La Réunion est récent, mais il évolue vite.
Il impose également de lutter contre la consommation ; la prévention et l’accompagnement des addictions a toute sa place, mais la répression de l’usage est aussi nécessaire, afin de limiter l’arrivée constante des produits stupéfiants.
La lutte contre les trafics de stupéfiants est une priorité d’action de l’autorité judiciaire ; les parquets de Saint-Denis et de Saint-Pierre sont pleinement mobilisés.
La population réunionnaise doit également agir à tous les niveaux, notamment pour prévenir les addictions, notamment chez les plus jeunes, particulièrement exposés.
- Les chiffres des trafics de stupéfiants à La Réunion -
En 2025 les services de douanes ont intercepté
- 58 "mules" : 29 femmes, 29 hommes
- 44 transportant des stupéfiants
- 14 transportant de l’argent pour un montant de 532.375 euros
Au 19 avril 2026, les services ont déjà intercepté :
- 30 "mules" : 17 hommes, 13 femmes
- 24 transportant des stupéfiants
- 6 transportant de l’argent pour un montant de 51.000 euros
S’agissant de l’ensemble des saisies de produits stupéfiants réalisées par les douanes :
- en 2025 60 kg de cocaïne et 40 kg de cathinone (drogue de synthèse)
Au 19 avril 2026 déjà 43 kg de cocaïne et 30 kg de cathinone
La section des recherches de la gendarmerie
En 2025 la section des recherches a saisi : 341 kg de MDMA, 148 kg d’herbe de cannabis, 129 kg de résine de cannabis, 17 kg de cocaïne et plus de 2.400 cachets d’ecstasy
En avril 2026 en une seule procédure la section des recherches a saisi : 1,6 kg de cocaïne, 5,4 kg de cathinone, 14,3 kg de résine de cannabis, 4.200 cachets d’ecstasy, la valeur de ces produits étant estimée à plus de 1,6 millions d'euros
La direction territoriale de la police nationale (DTPN)
En avril 2026 la DTPN a saisi dans une seule procédure plus de 530. 000 euros en espèces, 1,2 kg de cocaïne, 1,9 kg de "dou" et des avoirs criminels : deux véhicules, deux bateaux, des objets de valeur, des soldes de comptes bancaires pour plus de 30.000 euros.
Le parquet et les magistrats instructeurs de Saint-Denis, pour les trois premiers mois de 2026, ont saisi, tous contentieux confondus, près de 2.6 millions d'euros en avoirs criminels, reversés au budget général de l’Etat, à la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), aux fonds de lutte contre le proxénétisme et aux parties civiles.
C’est déjà plus que ce qui avait pu être versé sur la totalité de l’année 2025. (1.130.733 d'euros)
L’augmentation continue des saisies dans les procédures de stupéfiants explique cette augmentation considérable.
À lire aussi : Trafic de stupéfiants : un réseau "élevé" de narcobanditisme s'installe à La Réunion

Il semble que la majorité des produits stupéfiants viennent de l’hexagone. Pourquoi les douanes ne les intercepte pas au départ ?
Légalisation du zamal,contrôle total de l état
Super mon gars. Contrôle de l'état? Mdr.Dans l'hexagone près de la moitié des cigarettes vendues sont des cigarettes de contrebande.Non seulement les gens rouleront bourrés, mais en plus ils seront drogués.
@ Jori:
Ça ne marche pas...
D'autres ont essayé avant, échec complet.
Et puis, croyez vous qu'un consommateur de coke, héro, kétamine, MDMA, et je ne les connais pas toutes, saura se contenter d'un simple zamal???
@ Dom:
D'un certain sens, vous n'avez pas tort.
Il est ou il serait néanmoins plus simple d'être en capacité des les intercepter ici.
Identifier les bagages suspects au départ, avec des chiens, et intercepter à l'arrivée.
Le souci, c'est que le manque de moyens sur place est patent, ici, mais aussi dans l'hexagone.
Et puis, ce sont les consommateurs, nombreux, au vu des quantités qui entrent, qui devraient aussi passer sous les fourches caudines de la loi.
Et ces derniers se trouvent dans toutes les couches de la société, y compris chez les hauts salaires...