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Relaxe générale dans l'affaire de harcèlement moral présumé à la mairie de Saint-Paul

  • Publié le 22 juillet 2026 à 13:53
  • Actualisé le 22 juillet 2026 à 14:21
tribunal de Champ Fleuri

Le délibéré est tombé ce mercredi 22 juillet 2026 : l'ex DGS de la mairie de Saint-Paul, Valérie Picard, le deuxième adjoint à la mairie, Sébastien Guyon et le directeur de cabinet du maire, Mustapha Omarjee, ont tous été relaxés dans l'affaire de harcèlement moral présumé à la mairie de Saint-Paul. (Photo photo RB/www.imazpress.com)

Le procès des trois mis en cause s'était tenu le 3 juillet dernier, après plusieurs renvois. 

L'affaire avait démarré en 2022 lorsque Tristan Florian, premier adjoint au maire, avait saisi personnellement le parquet de Saint-Denis pour signaler des faits de harcèlement.

- L'ex directrice générale des services de Saint-Paul visée par plusieurs plaintes -

Une enquête avait alors été confiée aux gendarmes de la section de recherches de Saint-Denis. Les témoignages de différents agents décrivaient "des méthodes de management d'un autre temps, des comportements répétés qui dégradent les conditions de travail et affectent la santé".

La directrice générale des services, Valérie Picard, était particulièrement visée par plusieurs plaintes. Des démissions et des arrêts maladies viendraient corroborer les agissements qualifiés de "toxiques" de cette dernière avec la complicité présumée de Sébastien Guyon et Mustapha Omarjee.

Deux femmes, cadres de la mairie de Saint-Paul étaient parties civiles au procès et espèrent être reconnues en tant que victime par la justice.

Depuis le début de cette affaire, Tristan Florian qui a démissionné de son poste de premier adjoint, et Valérie Picard, ont quitté la collectivité saint-pauloise.

- Les mis en cause contestent formellement les faits - 

La première victime est directrice générale adjointe (DGA), le second poste administratif le plus important d'une commune. L'autre victime est, quant à elle, la directrice des ressources humaines. Elle explique que tout allait bien, même si elle avait déjà une surcharge de travail, avec 3 postes de directeurs adjoints qui étaient vacants.

Elle poursuit, racontant que la situation a commencé à se dégrader avec l'arrivée de la seconde victime au poste de DRH. Le 21 septembre 2021, une réunion est organisée durant laquelle la première victime est recadrée par les trois prévenus qui lui retirent sa responsabilité des ressources humaines.

La DGA, qui appartient à l'administration préfectorale, quitte son poste en avril 2022 pour rejoindre son corps d'origine. Concernant la seconde victime, elle, coule rapidement après son embauche sous la charge de travail. Elle aussi entendue, elle narre faire des horaires de travail déments et subir le harcèlement moral mais aussi "affectif" de la part, principalement de la DGS, mais aussi des deux autres prévenus. Elle aussi quitte son poste en juillet 2022.

Ceux-ci sont placés en garde à vue en 2023. Devant les militaires, ils contestent formellement les faits. Au final, Valérie Picard est poursuivie pour harcèlement moral tandis que les deux autres prévenus le sont pour complicité. Des dénégations qu'ils réitèrent ce jeudi devant les magistrats du tribunal correctionnel. Longuement interrogés par le président Vincent Dufourd, les trois prévenus restent sur leurs positions. Il n'y a jamais eu de harcèlement, ni pour l'une, ni pour l'autre. En bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes sur la commune de Saint-Paul.

- Surcharge de travail, et harcelement présumé - 

Me Alain Antoine, qui représente l'ancienne DRH, est le premier à prendre la parole. Dans ce dossier, "c'est un véritable catalogue des éléments qui constituent l'infraction. On peut en dénombrer au moins 7", souligne le conseil qui les détaille un par un.

Le premier est la surcharge de travail. Pendant de nombreux mois, elle a occupé quatre postes, dont celui de DRH pour lequel elle avait été recrutée car elle remplaçait l'ancienne DGA.

"Ma cliente a décidé de faire plonger La Réunion dans l'éthique, alors la foudre s'est abattue sur elle", lance Me Antoine. "Les trois prévenus avaient parfaitement conscience de la dégradation des conditions de travail de ma cliente. "Le vrai problème dans ce dossier", poursuit-il en entrant sur le plan politique, "c'est le clientélisme. Ma cliente refuse de rentrer dans le système lorsqu'on lui demande de prendre certains CV au lieu d'autres. Et c'est pour cela que les politiques l'ont cassée", conclut Me Alain Antoine en laissant la parole à son confrère sudiste qui représente l'ancienne DGA.

"Il y a eu des déclarations fallacieuses durant cette audience. Avant l'arrivée de la DRH, elle a été chargée de 4 postes importants. Ce n'est pas banal. Me Picard voulait clairement se débarrasser de ma cliente. Et pour cela, elle devait avoir l'accord et l'appui des politiques et dans des deux autres prévenus. "Ma cliente avait toutes les compétences pour occuper ce poste, mais on lui a mis une énorme pression pour la faire partir", conclut le conseil.

"Les deux victimes étaient des personnes reconnues pour leurs compétences et chargées de lourdes responsabilités au sein de la municipalité. Valérie Picard ne peut pas être la seule impliquée dans ce dossier, les deux autres le sont aussi", commence la procureure de la République Véronique Denizot en évacuant les problèmes politiques soulevés par Me Antoine.

"On constate une amnésie opportune de la part, non seulement du directeur de cabinet, mais aussi du troisième adjoint de la mairie. Les conséquences ont été importantes pour les deux victimes. Ce ne sont pas de simples erreurs de management. Ces deux personnes ont été sacrifiées", conclut la magistrate en requérant six mois de prison avec sursis à l'encontre de Valérie Picard et trois mois avec sursis contre Sébastien Guyon et Mustapha Omarjee. Par contre, en cas de condamnation, la magistrate n'est pas opposée à la non-inscription au B2.

Me Payen est le premier à prendre la parole pour la défense de Sébastien Guyon. "Il n'y a aucun élément qui permet d'incriminer mon client. Lui, il a eu des actions positives afin d'ajuster le travail des RH de la mairie. Vous ne pouvez pas le condamner et la relaxe s'impose", termine Me Payen. Mon client n'est poursuivi que pour un fait", lance Me Navarro pour la défense du directeur de cabinet. "On ne peut pas caractériser l'infraction car il n'y a pas d'infraction. On ne peut rien lui reprocher. Lui, c'est un chef sans pouvoir", termine Me Navarro.

Me Marie Briot, pour Valérie Picard, est la dernière à prendre la parole. "Dans ce dossier, nous n'avons que des suppositions. Et on ne condamne pas sur des suppositions. Ce dossier est complètement vide pour une affaire de harcèlement moral. Peu importe que la peine soit d'avertissement, un jugement de culpabilité serait une catastrophe pour elle alors qu'elle n'a rien fait", conclut Me Briot.

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