Une vidéo de Ti Prince, chanteur réunionnais bien connu, filmé en train de chanter l'un de ses titres dans une voiture de police à la demande d'un policier gradé, fait le tour des réseaux sociaux. Elle a déclenché une grande indignation au sein même de la police. La vidéo de l'artiste a été faite par le policier lui-même, patron la Brigade anticriminalité territoriale (Bac T), Il donne à Ti Prince l'ordre de chanter avant de filmer en gros plan les menottes qui enserrent les mains du jeune homme. Autant de faits réprimés par la loi. Selon le site Zinfos974, l'inspection générale des services de la police nationale a été saisie et une enquête a été ouverte pour déterminer pourquoi le policier a agi de la sorte (Photo d'illustration Stephan Laî-Yu / www.imazpress.com)
Voici la vidéo qui fait polémique et où l'on voit le policier faire chanter un homme menotté
Les faits pour lesquels l'artiste a été interpellé et les circonstances de son interpellation n'ont pas été rendus public.
En l'état, la vidéo réalisée en mode selfie par le policier, un major "patron" de la Bac T, montre le jeune homme visiblement éprouvé en train de chanter l'un de ses morceaux racontant l'interpellation et la mise en détention d'un homme.
"Allez en direct" se réjouit le policier. Le major se filme ensuite face caméra avant de tourner l'objectif et de zoomer sur les menottes qui serrent les poignets de l'artiste. "Mi vend lexta" entonne aussi le policier en s'asseyant à la chansonnette.
- "Une volonté d'humilier" de la part du "patron" de la Bac T -
"Tout a été fait pour humilier la personne, c'est inacceptable" s'indignent des policiers. Cela d'autant que filmer une personne menottée est strictement encadré par la loi depuis septembre 2000.
"Lorsqu'elle est réalisée sans l'accord de l'intéressé, la diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support, de l'image d'une personne identifiée ou identifiable mise en cause à l'occasion d'une procédure pénale mais n'ayant pas fait l'objet d'un jugement de condamnation et faisant apparaître, soit que cette personne porte des menottes ou entraves, soit qu'elle est placée en détention provisoire, est punie de 15.000 euros d'amende" stipule le texte de loi.
Le policier gradé et vidéaste amateur ne l'ignore sans doute pas.
Selon nos informations, le major affirme que cette vidéo "privée" a été volée dans son téléphone et ensuite diffusée sans son accord sur les réseaux sociaux.
Une explication qui ne convainc pas dans les rangs même de la police. Pour ces policiers, la vidéo aurait été diffusée "en privé" par le major lui-même à des proches. C'est l'un de ces derniers qui aurait ensuite publié les images sur les réseaux sociaux.
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