Tribunal de Saint-Denis : incarcérés pour des faits supposés de violence, deux frères remis en liberté pour insuffisance de l'enquête

  • Publié le 12 mai 2026 à 02:59
  • Actualisé le 12 mai 2026 à 10:44
tribunal judiciare de saint-denis

Ce lundi 11 mai 2026, le tribunal de Saint-Denis a remis en liberté deux frères poursuivis pour des faits supposés de violence. Le tribunal a estimé qu'il n'avait pas suffisamment d'éléments pour juger les deux hommes en comparution immédiate. Les deux frères étaient en détention depuis le 3 avril (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Les faits remontent au 3 avril en début de soirée. Une violente bagarre éclate sur le secteur de Commune Primat à Saint-Denis entre des membres de deux familles.

L'animosité entre les deux familles est ancienne. "Il y avait déjà des problèmes entre eux et mon papa", explique l'un des protagonistes à la barre du tribunal.

Malgré l'enquête, on ne sait pas réellement qui a commencé. Seule certitude, ce soir-là, deux frères Matounga arrivent à Commune Primat, officiellement pour voir, soit leur grand-mère, soit un oncle, soit les deux. Mais, pour Maurice Revozaha, ils cherchaient en réalité une autre personne. "Et lorsqu'ils m'ont vu, ils m'ont agressé", explique-t-il.

Ce jour-là, la bagarre générale éclate dès que les membres des deux familles se voient. Les protagonistes échangent des coups, parfois violents. Les ITT vont de 5 jours à 60 jours.

Après l'intervention des forces de l'ordre seuls les deux frères sont interpellés et placés en garde à vue.

Le parquet décide de les présenter, le 8 avril dernier, devant le tribunal correctionnel dans le cadre de la comparution immédiate.

C'est l'une des premières journées de la grève des avocats. Le dossier est renvoyé et les deux prévenus sont maintenus en détention. L'affaire est renvoyée à ce lundi 11 mai.

Dans son réquisitoire, la représentante du parquet s'appuie, presque exclusivement, sur les certificats médicaux des victimes. Elle requiert 24 mois dont 12 mois ferme pour l'un des frères et 30 mois avec une révocation de son précédent sursis à hauteur de six mois pour le seconde. Elle demande le maintien en détention pour les deux hommes.

- "Rien n'a été fait dans ce dossier" -

Les deux avocats de la défense soulèvent les nombreuses contradictions du dossier, dont une blessure par arme blanche infligée à l'un des deux frères.

Les robes noires estiment que "rien n'a été fait dans ce dossier".

Après avoir délibéré, le président du tribunal a rendu une décision de renvoi.

"Je considère que ce dossier n'est pas en état pour être jugé dans le cadre d'une comparution immédiate. Le tribunal renvoie le parquet à mieux se pourvoir", a lancé le magistrat.

"Le tribunal considère qu'il y a trop de zones d'ombre dans cette affaire. Il y a des violences réciproques et plusieurs personnes n'ont pas été entendues et cela pose un problème. On pourrait vous juger maintenant, mais nous n'avons pas tous les éléments pour le faire en toute sérénité", a-t-il souligné.

Les deux prévenus, incarcérés depuis le 3 avril ont été immédiatement remis en liberté. La date d'un éventuel nouveau procès n'a pas été fixée.

www.imazpress.com / [email protected]

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1 Commentaires
HULK
HULK
15 heures

Un seul mot : bravo