Tribunal de Saint-Denis : trois jeunes condamnés à 4 ans de prison pour avoir agressé une mère de famille à son domicile

  • Publié le 24 mars 2026 à 06:30
  • Actualisé le 24 mars 2026 à 07:13
Tribunal judiciaire de Saint-Denis-de-La-Réunion

Trois jeunes, un frère, sa sœur, et un ami, ont été jugés en comparution immédiate ce lundi 23 mars 2026 par le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Ils étaient poursuivis pour avoir agressé une mère de famille à son domicile à la Possession. Il leur était reproché des faits, d'extorsion avec arme, de violences avec arme ayant entraîné une ITT de moins de 8 jours, détention d'arme et complicité. Les trois prévenus ont été condamnés à 4 ans d'emprisonnement dont un avec sursis probatoire et maintien en détention pour la peine ferme. Les mis en cause encouraient 10 années de prison (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Les faits remontent au jeudi soir 19 mars, en début de soirée à La Possession. Une mère de famille se trouve tranquillement chez elle. Soudain, elle aperçoit deux hommes, vêtus de noir, cagoulés, gantés dont l'un est armé d'un revolver, s'introduire chez elle.

Alors que l'un lui met le revolver sur la tempe, le second tente de lui lier les poignets avec du scotch. Elle parvient, pendant un bref moment, à s'échapper, pour se précipiter vers sa véranda et hurler pour prévenir ses voisins.

Avant de prendre la fuite, les deux hommes la frappent à de multiples reprises. "Le descriptif de ses blessures et ecchymoses fait une page", constate la Présidente. Les cris de la victime alertent les voisins. Ils se lancent à la poursuite des deux agresseurs.

Les deux hommes seront rattrapés et remis aux forces de l'ordre. Placés en garde à vue, ils reconnaissent rapidement les faits. L'un d'eux dénonce sa sœur comme étant celle qui a, non seulement, commandité l'agression, mais aussi fourni le revolver ainsi que le scotch.

Interpellée à son tour, la jeune femme de 25 ans conteste formellement les faits. Il faudra qu'elle se retrouve à l'audience pour, enfin les reconnaître. Longuement interrogés par la Présidente, les trois prévenus réitèrent leurs aveux mais en donnant une explication qui laisse pantois.

- Un dossier qui aurait pu être jugé par une autre juridiction -

Ils affirment avoir tenté "ce coup" sur les conseils de la sœur qui a travaillé chez la victime durant presque un an, en tant que femme de ménage, parce que, n'arrivant pas à trouver du travail, ils voulaient de l'argent. Tous ont un casier vierge.

La victime est une mère de famille qui s'occupe seule de son fils de 9 ans frappé d'une maladie qui le laisse lourdement handicapé.

C'est avec une grande dignité qu'elle a pris la parole devant le tribunal. "Je suis extrêmement choquée. Et, je n'avais pas besoin de cela. Depuis l'accident de mon fils, je ne vis plus. Et maintenant, je n'arrive plus à me sentir tranquille dans ma propre maison", explique-t-elle encore traumatisée.

Un traumatisme sur lequel s'appuie son avocate. "Dans cette affaire, un mot ressort. Courage", attaque la conseil. "Courage de cette mère de famille qui, malgré le danger, parvient à avoir la force d'appeler à l'aide. Courage des voisins qui s'organisent pour intercepter les auteurs. Et manque de courage pour ces trois-là qui s'attaquent à une femme seule et qui ne parlent que d'eux", plaide l'avocate de la partie civile.

"Oui, ce dossier aurait pu être traité devant une autre juridiction", admet le représentant de la société. "Mais, le parquet a décidé de l'orienter autrement car les auteurs sont inconnus, mais aussi parce que la Cour d'assises de La Réunion est débordée", accorde le magistrat tout en soulignant que c'est la seconde fois, en quelques jours, que la juridiction est saisie de ce type de faits.

- Une demi-heure de délibéré -

"J'espère que nous ne sommes pas devant le début d'une série", conclut le représentant du parquet en requérant, pour les trois prévenus, la même peine de 5 ans d'emprisonnement dont un avec sursis probatoire assorti de multiples obligations.

Tâche difficile pour les deux avocates de la défense. La première, qui défend la jeune femme, se retrouve fort dépourvue depuis les aveux de sa cliente devant le tribunal.

En dernier recours, elle plaide la relaxe de complicité de séquestration arguant que la victime n’a pas été séquestrée, car elle a réussi à s'échapper. Même argument pour la conseil des deux autres prévenus, après s'être étonnée qu'une instruction n'ait pas été ouverte pour connaître la personnalité des trois prévenus.

Après une bonne demi-heure, le tribunal a rendu son jugement. Les trois prévenus ont été condamnés à 4 ans d'emprisonnement dont un avec sursis probatoire. Pour la peine ferme, le maintien en détention a été ordonné.

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