"Bloquons tout" : des manifestants par milliers, des tensions mais pas de paralysie

  • PubliĂ© le 10 septembre 2025 Ă  20:15
  • ActualisĂ© le 11 septembre 2025 Ă  05:14
"Bloquons tout" : des manifestants par milliers, des tensions mais pas de paralysie

Pas de pays Ă  l’arrĂȘt mais la France connaĂźt un 10 septembre sous tensions avec des centaines de blocages ou de tentatives, contrĂ©es par des forces de l’ordre en nombre, et des dizaines de milliers de manifestants contre l’austĂ©ritĂ© budgĂ©taire, les inĂ©galitĂ©s et un « dĂ©ni » dĂ©mocratique.

AprĂšs les actions et rassemblements de la matinĂ©e - 430 actions ayant regroupĂ© jusqu’à 29.000 participants selon les autoritĂ©s -, plusieurs manifestations se sont dĂ©roulĂ©es dans l’aprĂšs-midi dans le cadre de cet appel Ă  la mobilisation atypique, nĂ© sur les messageries et les rĂ©seaux sociaux et aux revendications trĂšs variĂ©es.

A Paris, ils sont encore des milliers place de la RĂ©publique et place des FĂȘtes en milieu d’aprĂšs-midi, ont constatĂ© des journalistes de l’AFP.

« Je voudrais qu’il y ait une meilleure rĂ©partition de l’argent et aussi que les politiques donnent une meilleure image, surtout sur leurs dĂ©penses qui semblent parfois indĂ©centes », a expliquĂ© Ă  La Rochelle Christian, 59 ans et travailleur dans le service enfance-jeunesse d’une collectivitĂ© locale.

Outre le volet social, les manifestants pointaient Ă©galement un dĂ©ni dĂ©mocratique: « Les politiques n’écoutent pas les urnes », a dĂ©plorĂ© Bastien, Ă©tudiant de 23 ans, qui a dĂ©filĂ© Ă  Rennes au milieu de 10.400 personnes, selon la prĂ©fecture.

Les manifestants étaient 6.000 à Bordeaux, un chiffre plutÎt conséquent pour cette ville, 5.000 à Brest, 4.900 à Strasbourg, 2.200 à Lorient, 2.000 à Orléans, selon les préfectures.

- Immeuble en flammes -

A Paris, des rassemblements et tentatives de blocages ont Ă©tĂ© recensĂ©s dans diffĂ©rents points de la capitale, ponctuĂ©s de face Ă  face parfois tendus avec les forces de l’ordre, avant que les manifestants ne convergent vers ChĂątelet et la RĂ©publique.

Dans le centre de la capitale, un incendie a endommagĂ© la façade d’un immeuble, peut-ĂȘtre provoquĂ© involontairement par une intervention policiĂšre, selon le parquet.

Cette mobilisation, lancée par des citoyens sur les réseaux sociaux et qui rappelle le mouvement des « Gilets jaunes » il y a sept ans, survient au lendemain de la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon.

« Je n’en attends rien: c’est le mĂȘme bord politique, la succession », a dĂ©plorĂ© Ă  Nantes, Mahault, une Ă©ducatrice spĂ©cialisĂ©e de 52 ans en grĂšve.

« La nomination de SĂ©bastien Lecornu est un mauvais signal qui risque de reproduire les mĂȘmes causes produisant les mĂȘmes effet (et) conduire Ă  une nouvelle dissolution », a redoutĂ© en manifestation la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian.

M. Lecornu a lui promis « des ruptures sur le fond » et « pas que sur la forme ».

Quelques incidents ont Ă©maillĂ© sporadiquement les rassemblements comme sur la rocade de Rennes oĂč un bus a Ă©tĂ© saccagĂ© et incendiĂ© par des manifestants, a rapportĂ© Star, le rĂ©seau de transports en commun de la ville.

A Toulouse, une confrontation a Ă©clatĂ© entre de jeunes manifestants, parfois Ă©quipĂ©s de masques Ă  gaz, lunettes de ski ou de natation, et les forces de l’ordre.

- Centre commercial fermé -

En milieu d’aprĂšs-midi, 203 personnes avaient Ă©tĂ© interpellĂ©es en agglomĂ©ration parisienne. Au niveau national, le ministĂšre de l’IntĂ©rieur a fait Ă©tat de 295 interpellations Ă  13H00.

Dans un communiquĂ©, le directeur gĂ©nĂ©ral de RSF, Thibaut Bruttin, a regrettĂ© « depuis ce matin d’apparents actes de brutalitĂ© commis des forces de l’ordre contre les journalistes qui couvrent les mouvements sociaux » et invitĂ© les journalistes « violentĂ©s » Ă  se faire connaĂźtre.

En raison de « mesures de sĂ©curitĂ© demandĂ©es par la prĂ©fecture de police », aucun mĂ©tro ni train ne marquait l’arrĂȘt dans les stations de ChĂątelet-les-Halles, et son centre commercial - le plus frĂ©quentĂ© d’Europe selon la direction du site - a fermĂ© ses portes aprĂšs des appels aux pillages sur les rĂ©seaux sociaux.

CÎté transports, la circulation des trains a été coupée par des occupations de voies à Cherbourg et Valence, selon la SNCF. A Paris et en Ile-de-France, les transports en commun connaissent quelques perturbations.

Au musĂ©e du Louvre Ă  Paris, seules quelques salles Ă©taient ouvertes tandis que le musĂ©e d’Orsay restait lui complĂštement fermĂ©.

Une centaine de lycĂ©es Ă©taient perturbĂ©s et 27 bloquĂ©s, selon le ministĂšre de l’Education nationale, notamment Ă  Paris, Ă  Montpellier, Rennes et Lille. Des mobilisations Ă©tudiantes ont Ă©tĂ© recensĂ©es dans plusieurs villes.

AprĂšs cette premiĂšre journĂ©e de mobilisations citoyennes, soutenue seulement par la CGT et FO, l’intersyndicale appelle Ă  son tour les salariĂ©s Ă  la grĂšve le 18 septembre.

AFP

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