À huit jours de sa probable chute, Bayrou refuse de faire ses adieux et continue le combat

  • PubliĂ© le 1 septembre 2025 Ă  05:15
  • ActualisĂ© le 1 septembre 2025 Ă  12:16
Le Premier ministre François Bayrou lors d'une interview télévisée en direct diffusée sur les chaßnes d'information LCI, CNews, BFMTV et FranceInfo TV, à l'HÎtel de Matignon à Paris, le 31 août 2025 ( AFP / ALAIN JOCARD )

"Continuons le combat", a-t-il dit, en béarnais, en conclusion: François Bayrou a une nouvelle fois défendu ses choix budgétaires dimanche, n'entendant pas dire "au revoir" aux Français, comme l'y invitent la gauche et le RN, pressés de tourner la page de son gouvernement à la faveur du vote de confiance du 8 septembre.

"Les jours qui vont venir sont cruciaux. Si vous imaginez que je peux abandonner les combats que je mÚne depuis des années et que je continuerai à mener aprÚs, vous vous trompez", a-t-il lancé lors d'une interview assez décousue de prÚs d'une heure et demi, depuis son bureau à Matignon, et retransmise sur les quatre chaßnes d'information en continu.

Le Premier ministre, qui a annoncé en début de semaine sa volonté de solliciter un vote de confiance de l'Assemblée sur la question budgétaire et multiplie les interventions depuis pour prendre à témoin les Français, a estimé que la "question" en jeu n'était pas "le destin du Premier ministre" mais celle du "destin de la France".

"Il n'y a aucune politique courageuse possible" sans "l'assentiment minimal des Français et de ceux qui les représentent" sur la dette, a-t-il plaidé, pour justifier le vote de confiance, se réjouissant "qu'on n'ait jamais parlé de ce sujet comme on en parle depuis huit jours".

"Si le gouvernement tombe, ça veut dire qu'on abandonnera la politique pour moi vitale pour le pays" pour une "autre" politique "plus laxiste", "plus à la dérive", a-t-il mis en garde.

- "Bagarre" -

Alors que M. Bayrou recevra à partir de lundi les chefs de parti qui le souhaitent, il s'est dit une nouvelle fois ouvert à la négociation "s'ils le veulent" sur les mesures les plus impopulaires de son plan d'économies de 44 milliards, comme la suppression de deux jours fériés.

"Je pense que ça pourrait ĂȘtre un (jour) sans difficultĂ© si on veut discuter", a-t-il glissĂ©.

Mais il a écarté d'un revers de main les pistes mises sur la table par le Parti socialiste, "volontaire" pour lui succéder à Matignon, et qui a proposé un effort budgétaire deux fois moins important en 2026, passant par une hausse des recettes et une taxation des hauts patrimoines.

"Les propositions du PS, ça veut dire qu'on ne fait rien" pour réduire la dette, a-t-il balayé.

L'annonce par le Premier ministre d'un vote de confiance a surpris lundi, beaucoup soupçonnant le maire de Pau de vouloir prendre les devants d'une censure de son budget à l'automne et de choisir sa sortie. Le RN et la gauche ont immédiatement répondu qu'ils voteraient contre.

"Le 8 septembre il devra partir. (...) Le seul mot que j'attends de lui maintenant, c'est de dire au revoir", a martelé dimanche le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.

"Olivier Faure qu'est-ce qu'il veut ? il veut ĂȘtre Ă  Matignon", a rĂ©torquĂ© M. Bayrou, disant que son entretien n'est "sĂ»rement pas un au revoir".

S'il est renversĂ©, le maire de Pau, ĂągĂ© de 74 ans, n'a pas l'intention de disparaĂźtre du paysage. "Quand vous ĂȘtes renversĂ© (...) commence le militantisme, commence la bagarre (...) commence la rencontre avec les Français", a-t-il dĂ©clarĂ© en refusant d'exclure une nouvelle candidature Ă  la prĂ©sidentielle.

Au sein de la classe politique, peu de rĂ©actions Ă  l'interview de M. Bayrou dimanche soir. "La tournĂ©e d’adieu de François Bayrou s’éternise et devient pire Ă  chacune de ses reprĂ©sentations", a cinglĂ© le prĂ©sident de la commission des Finances de l'AssemblĂ©e, Eric Coquerel (LFI). M. Faure a Ă©voquĂ© un entretien "pathĂ©tique et crĂ©pusculaire", tandis que le vice-prĂ©sident du RN SĂ©bastien Chenu a vu un "Premier ministre naufragĂ©, au bout du rouleau".

- "Suicide collectif" -

La chute probable de M. Bayrou lundi prochain ouvre une nouvelle période d'incertitude, avec Emmanuel Macron en premiÚre ligne, dans un contexte social éruptif.

Le chef de l'Etat, sommĂ© par le RN et LFI de dĂ©missionner ou de dissoudre l'AssemblĂ©e nationale, va sans doute devoir dans l'immĂ©diat se mettre en quĂȘte d'un nouveau Premier ministre. Les noms de Catherine Vautrin, SĂ©bastien Lecornu, GĂ©rald Darmanin ou Xavier Bertrand circulent Ă  nouveau.

Plusieurs ténors du gouvernement se sont alarmés de la situation politique dimanche. "Voulons-nous d'un suicide collectif, pas pour le gouvernement, mais pour le pays?", a ainsi demandé l'ancien Premier ministre Manuel Valls, invitant chacun à "trouver la voie du dialogue et du compromis".

Le ministre de la Justice, GĂ©rald Darmanin, a de son cĂŽtĂ© appelĂ© les partis de gouvernement Ă  la responsabilitĂ©, Ă  l'heure oĂč la "stabilitĂ©" des institutions est en jeu, citant LR et le PS, "un grand parti de gouvernement".

"La France a besoin d'un budget dans les temps", face Ă  une situation financiĂšre qui n'est "pas critique, mais tout de mĂȘme prĂ©occupante", a de son cĂŽtĂ© mis en garde le premier prĂ©sident de la Cour des comptes, Pierre Moscovici. 

AFP

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1 Commentaires
HULK
HULK
8 mois

Il voulait absolument ĂȘtre 1er ministre. Il a fait du chantage et menacĂ© MACRON pour celĂ . Qu'il se casse et qu'on n'en parle plus.