Le bilan monte à six morts

Émeutes en Nouvelle-Calédonie : un mort et deux blessés dans un échange de tirs

  • Publié le 18 mai 2024 à 15:49
  • Actualisé le 18 mai 2024 à 16:08

Cinq jours après le début des émeutes en Nouvelle-Calédonie, une personne est décédée et deux autres ont été blessées dans un échange de tirs. Ce décès à eu lieu Kaala-Gomen sur un barrage ce samedi 18 mai 2024. La victime est un père de famille. C'est le sixième mort à déplorer.

Un mort et deux blessés ont été constatés ce samedi dans un échange de tirs dans le nord de l'île sur le barrage de Kaala-Gomen, annoncent la gendarmerie et plusieurs sources proches du dossier.

D'après une de ces sources, des tirs ont été échangés quand deux Caldoches d'une même famille ont voulu passer un barrage: le père est décédé, son fils a été blessé, ainsi qu'un Kanak qui se tenait sur ce point de blocage.

Ces trois personnes avaient été évacuées vers l'hôpital de Koumac (nord) après l'échange de coups de feu, selon une des sources proches du dossier.

Depuis lundi, les violences, les plus graves survenues en Nouvelle-Calédonie depuis la fin des années 1980, ont fait donc six morts, dont deux gendarmes et trois civils kanaks, et des centaines de blessés, selon les autorités.

Le danger subsiste par ailleurs dans les quartiers où les émeutiers sont les plus nombreux et les mieux organisés.

Par Abdullah HASRAT et Qubad WALI - © 2024 AFP

- La Nouvelle-Calédonie en "état d'urgence" -

Des forces sont déployées pour sécuriser les ports et l'aéroport du territoire, désormais placé sous le régime de l'état d'urgence décrété par le gouvernement mercredi soir, qui permet d'interdire déplacements et réunions ou de procéder à des assignations à résidence.

Vendredi en fin de soirée, l'arrivée de 1.000 renforts supplémentaires, en plus des 1.700 déjà déployés, a montré la détermination des autorités françaises à reprendre le contrôle de la situation.

Mais pour les habitants, les dégâts de plus en plus étendus compliquent le ravitaillement dans les commerces, ainsi que le fonctionnement des services publics, notamment de santé.

Le couvre-feu décrété dès mardi, entre 18H00 à 6H00 locales (09H00 à 21H00 à Paris), reste en vigueur jusqu'à nouvel ordre.

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a publié vendredi une circulaire demandant au parquet "la plus grande fermeté à l'encontre des auteurs des exactions".

Il a aussi indiqué qu'il envisageait de transférer en métropole les "criminels" arrêtés "pour ne pas qu'il y ait de contaminations (...) des esprits les plus fragiles" et pour "assurer la sécurité au sein des établissements pénitentiaires".

Au total, depuis dimanche, 163 personnes ont été placées en garde à vue, dont 26 ont été déférées devant la justice, selon le parquet.

Dans toute la Nouvelle-Calédonie, le réseau social TikTok, utilisé par les émeutiers, est banni jusqu'à nouvel ordre.

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- Une réforme, consitutionnelle au coeur du conflit -

La réforme constitutionnelle qui a mis le feu aux poudres a été adoptée par les députés, après les sénateurs, dans la nuit de mardi à mercredi.

Ce texte devra encore être voté par les parlementaires réunis en Congrès, sauf si un accord sur un texte global entre indépendantistes et loyalistes intervient avant.

Des discussions ont lieu à Paris sur l'avenir de cette réforme, menée sans suffisamment de concertation d'après de nombreux élus calédoniens.

Après l'annulation d'une visioconférence avec tous ces élus, qu'il souhaitait jeudi, Emmanuel Macron a commencé vendredi à échanger avec certains d'entre eux. L'Elysée s'est refusé à donner des détails sur le contenu de ces discussions.

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et le président du Sénat, Gérard Larcher, avec plusieurs parlementaires de tous bords politiques, ont demandé vendredi lors d'une réunion à Matignon une mission de dialogue. Mais l'idée de reporter la convocation du Congrès qui doit entériner la réforme ne fait pas consensus, selon plusieurs sources parlementaires.

La réforme élargit le corps électoral aux scrutins provinciaux, cruciaux sur l'archipel. Les partisans de l'indépendance estiment que cette modification va réduire leur poids électoral et marginaliser "encore plus le peuple autochtone kanak".

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www.imazpress avec AFP/redac@ipreunion.com

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1 Commentaires
Dom
Dom
1 mois

Il faut ajouter les victimes qui ne peuvent accéder à l'hôpital à cause des barrages.
Qu'en pensent LFI, Nallet, le PLR, La FSU?