Le nouveau Premier ministre présidait lundi soir le conseil municipal de Pau, ville dont il veut rester le maire. Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur démissionnaire s'est lui rendu à Mayotte plus tôt dans la journée, deux jours après le passage du cyclone Chido. Un choix entre le fauteuil de maire et la crise humanitaire qui indigne. François Bayrou lui l'assure, j"’ai participé à une réunion sur Mayotte depuis les bureaux de la préfecture".
L’absence de François Bayrou sur l’archipel a été critiquée par un élu d’opposition lundi soir, en pleine séance. "Qu'est-ce que vous faites là monsieur Bayrou ? C’est une faute politique", a lancé l’élu GDS (Gauche démocratique et sociale) Tunday Cilgi.
"Votre première mission, monsieur le Premier ministre, c’est de prendre l’avion et d’aller à Mayotte. Ne serait-ce que de façon symbolique", a-t-il poursuivi.
« Je vous rassure : j’ai participé à une réunion sur Mayotte depuis les bureaux de la préfecture. Je vous rassure aussi : le ministre de l’Interieur était à Mayotte. Il a passé quelques heures dans la journée à Mayotte. Il rentre. Nous prenons ensemble les décisions. » Bayrou https://t.co/zAqDMv80Qj pic.twitter.com/MZwocuNRdq
— Paul Larrouturou (@PaulLarrouturou) December 16, 2024
Maintenir cet aller-retour à Pau est une décision "indigne et irrespectueuse" alors même que le département d'outre-mer "traverse l’une des pires tragédies", a réagi sur X le député socialiste Arthur Delaporte.
Alors même que Mayotte traverse l'une des pires tragédies et que le Premier ministre doit aussi former un gouvernement, sa priorité est d'assister à son conseil municipal.
— Arthur Delaporte (@ArthurDelaporte) December 16, 2024
Indigne et irrespectueux. https://t.co/9PSlQGw9hL
Pour la cheffe de file des députés de La France insoumise, Mathilde Panot, le "symbole qu'il envoie" est "très mauvais", "après 20 ans de politique d'abandon de Mayotte".
Mais les critiques ne viennent pas uniquement de la gauche.
Le député Les Républicains Thibault Bazin a estimé sur X que le conseil municipal pouvait "se passer" de la présence de son maire "eu égard à la situation à Mayotte et à l’urgence d’avoir dans les meilleurs délais un gouvernement pour donner au plus vite à la France un budget".
Monsieur le Premier Ministre @bayrou le conseil municipal de Pau pourrait se passer de votre présence ce soir eu égard à la situation à Mayotte et à l’urgence d’avoir dans les meilleurs délais un gouvernement pour donner au + vite à la France un budget,pour protéger les français.
— Thibault BAZIN (@thibault_bazin) December 16, 2024
"Sans doute que M. Bayrou aurait dû faire l'inverse, à savoir assister évidemment à cette réunion de crise et peut-être assister à distance au conseil municipal", a aussi dit l'élu Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy, tout en assurant ne pas vouloir "polémiquer" face à la catastrophe que traverse l'archipel de l'océan Indien.
Lire aussi - En pleine crise à Mayotte, Bayrou se rend à Pau dont il entend rester maire
- François Bayrou a participé à la réunion... à distance -
Le Premier ministre a pris le temps de lui répondre dans la foulée. "Je vous rassure : j’ai participé à une réunion sur Mayotte depuis les bureaux de la préfecture", lance François Bayrou, arrivé au conseil municipal quelques minutes après cette cellule de crise qui a pris fin aux alentours de 19h30 (22h30 - heure Réunion) lundi.
"Je vous rassure aussi : le ministre de l’Interieur était à Mayotte. Il a passé quelques heures dans la journée à Mayotte. Il rentre. Nous prenons ensemble les décisions."
- "Ré-enraciner" -
Allant au-delà de la polémique sur la concomitance avec la réunion sur Mayotte, Mathilde Panot a estimé sur LCP que François Bayrou "devrait démissionner de son mandat de maire". "On ne peut pas être à la fois Premier ministre de la France et maire d'une ville", a-t-elle martelé.
Or, depuis Pau, le nouveau chef du gouvernement a au contraire assumé son choix au nom d'un cumul des mandats dont il a fait la promotion.
Aucun texte n'oblige un Premier ministre à démissionner de son mandat de maire. Depuis 2014 en revanche, les parlementaires ne peuvent pas cumuler avec un mandat exécutif local.
François Bayrou, qui a mis en garde lors de sa prise de fonctions contre "le mur de verre qui s'est construit entre les citoyens et les pouvoirs", s'est inscrit lundi à rebours de ce non-cumul.
"C'est une erreur (...) Je pense qu'il faut que ce débat soit repris", a-t-il lancé devant les élus municipaux, précisant qu'il poserait cette question dans sa déclaration de politique générale devant le Parlement.
"Je suggèrerai aux futurs membres de mon gouvernement de garder leurs mandats et je suggèrerai aux autres (d'avoir) une petite antenne sur le terrain", a-t-il ajouté.
Il a justifié sa position "par la rupture entre la base de la société française (...) et les milieux de pouvoir", qui nourrit "une défiance profonde à l'égard du monde politique, toutes formations confondues".
"Notre vie publique souffre de déracinement. Elle souffre que ce soit toujours sur quelques centaines de mètres, sur les rives gauche et droite de la Seine, que se prennent les décisions", a-t-il estimé.
"Il faut ré-enraciner les responsabilités politiques, dans les villages, les quartiers, les villes", a-t-il insisté, citant les exemples de Pierre Mauroy à Lille, Gaston Defferre à Marseille, Jacques Chaban-Delmas et Alain Juppé à Bordeaux, ou encore Jacques Chirac à Paris et en Corrèze.
Nombre de ses prédécesseurs plus récents à Matignon avaient eux abandonné leur poste de premier édile, comme Jean Castex en 2020 ou Édouard Philippe en 2017.
L'opposition paloise a critiqué le choix de François Bayrou, estimant qu'il n'était "pas à sa place", ni "irremplaçable" ce soir à Pau.
Nouveau gouvernement
www.imazpress.com avec AFP/[email protected]

Le média maestream s'invente des conneries, la place d'un 1er ministre ...
Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur démissionnaire s'est lui rendu à Mayotte, c'est bon, à ne pas oublier l'Etat lé au cul pour voyager des ministres, + la clique de fonctionnaires .
On ne peut que déplorer ce qui s'est passé à Mayotte ... La nature prend toujours ses droits