Maintien de l'ordre

Retraites: Darmanin sort (la droite) du bois et relance les spéculations sur ses ambitions

  • PubliĂ© le 4 avril 2023 Ă  13:41
  • ActualisĂ© le 4 avril 2023 Ă  14:20
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin arrive à l'Elysée, le 27 mars 2023 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin met la barre à droite en défendant un maintien de l'ordre musclé face à des manifestants qu'il classe à "l'ultragauche", relançant les spéculations sur ses ambitions alors qu'Elisabeth Borne sort affaiblie du 49.3 sur les retraites.

L'alliance de la gauche au sein de la Nupes "prend la pente de cette ultragauche des annĂ©es 1970" qui posait des bombes, a mĂȘme dĂ©noncĂ© dans le JDD le locataire de la place Beauvau.

GĂ©rald Darmanin explique voir "une complaisance trĂšs inquiĂ©tante des mouvements politiques" Ă  l'AssemblĂ©e Ă  l’égard des violences qui ont Ă©clatĂ© dans de rĂ©centes manifestations, et refuse de "cĂ©der au terrorisme intellectuel de l'extrĂȘme gauche qui consiste Ă  renverser les valeurs: les casseurs deviendraient les agressĂ©s et les policiers les agresseurs".

De quoi faire bondir l’opposition, Ă  l’instar du dĂ©putĂ© et coordinateur de la France insoumise Manuel Bompard, qui a critiquĂ© lundi les "outrances" du ministre de l'IntĂ©rieur, assurant que LFI n'est "pas d'extrĂȘme gauche".

Pour lui GĂ©rald Darmanin est d’abord "en campagne" pour "remplacer (Elisabeth) Borne Ă  Matignon".

Il la "joue Premier ministre fin de mandat" et "a rĂ©ussi Ă  avoir la confiance des parlementaires, ce qui Ă©tait son point faible dans le mandat prĂ©cĂ©dent", analysait, avant mĂȘme la crise des retraites, un cadre de la majoritĂ©.

- "Faim" -

En l'occurrence pendant que Mme Borne multipliait les concertations politiques et syndicales sur sa réforme contestée des retraites, l'ancien député UMP issu du courant "droite populaire" cultivait sa proximité avec la droite, recevant réguliÚrement des députés y compris de son ancienne famille politique, pour préparer notamment la loi immigration.

"Ceux qui parlent avec les LR, c’est (GĂ©rald) Darmanin et (SĂ©bastien) Lecornu" note un dĂ©putĂ© Renaissance.

Un atout pour M. Darmanin, tant la droite est la clĂ© des votes Ă  l'AssemblĂ©e oĂč le gouvernement ne dispose que d'une majoritĂ© relative.

"Gérald, il a passé le statut de traitre" aux yeux de LR, "il est compatible", avance un ministre qui le soutient et pousse pour un profil plus "politique" à Matignon afin de "faire passer des réformes".

L'intéressé rappelle sa pensée politique, le "gaullisme social", dans la Revue des Deux mondes d'avril, en hommage à l'ancien ministre Philippe Séguin: "ferme sur l'autorité" et "social sur l'économie".

Gérald Darmanin est aussi un proche de l'ex-président Nicolas Sarkozy qui plaide pour un accord entre Emmanuel Macron et LR.

Mais ses détracteurs le jugent trop "clivant", il est honni par les féministes. "C'est un homme de coups. Il n'a pas de profondeur", glisse un conseiller ministériel.

GĂ©rald Darmanin "c'est un homme de pouvoir qui aime le pouvoir, et qui a encore faim", estime un Ă©lu macroniste. Pourtant l'intĂ©ressĂ© se dĂ©fend d'ĂȘtre "candidat Ă  aucun autre poste".

- "Tableau Excel" -

"Nous avons une trĂšs bonne PremiĂšre ministre qui est courageuse et qui a une Ă©norme qualitĂ©: elle fait passer l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral devant son intĂ©rĂȘt particulier", a-t-il appuyĂ© dimanche en souhaitant qu’elle "reste" Ă  Matignon.

Il estime mĂȘme dans le JDD qu’il "vaudrait mieux l'aider que de lui mettre des peaux de banane".

N'a-t-il pas lui-mĂȘme accompagnĂ© Elisabeth Borne dans son fief du Nord dĂ©but fĂ©vrier pour Ă©changer avec des salariĂ©s sur les retraites ?

C'est lui qui a alors pris le micro pour répondre aux questions les plus arides.

Une offre de service qui masque mal les critiques voilées.

Le gouvernement "a parfois un petit cÎté tableau Excel qui explique aux gens de quoi ils ont besoin sans les écouter", a-t-il déploré sur RTL vendredi, alors que la PremiÚre ministre, polytechnicienne, est perçue comme trÚs "techno".

Sans le dire publiquement, il aurait aussi préféré un vote sur la réforme, plutÎt que le 49.3, qui a attisé la contestation et fragilisé Elisabeth Borne.

D'autres divergences affleurent. Celui qui trouvait Marine Le Pen "un peu molle", ne veut pas choisir "entre la peste et le choléra", soit LFI et le RN, tandis que la PremiÚre ministre refuse de mettre un signe égal entre les deux partis.

Et quand Elisabeth Borne dit Ă  sa ministre MarlĂšne Schiappa que "ce n’est pas du tout appropriĂ©" dans le contexte de poser dans PlayBoy, GĂ©rald Darmanin affirme avec ironie qu’"ĂȘtre une femme libĂ©rĂ©e, ce n'est pas si facile".

AFP

guest
1 Commentaires
Missouk
Missouk
2 ans

Ce type est à vomir... AprÚs Castaner, je pensais que ce serait difficile de trouver pire, ben Macron a trouvé!