Plusieurs association appellent à se rassembler ce lundi 8 juin 2026 à 17h30 au tribunal de Champ Fleuri, pour rendre hommage à la jeune Lyhanna, tuée dans le Gers et dont le corps a été retrouvé ce jeudi. Un rassemblement organisé dans le sillon des appels à la mobilisation citoyenne lancés dans l'Hexagone par des associations de lutte contre les violences faites aux enfants. (Photo d'illustration www.imazpress.com)
"Parce qu’au-delà du prénom de Lyhanna, il y a tous les enfants victimes de violences, ceux dont la parole n’a pas été entendue, ceux qui attendent encore que les adultes les protègent", souligne le collectif Stop VIF.
"Nous lançons un appel à toutes celles et ceux qui, chaque jour, sont dépositaires de la parole des enfants et des familles", écrit-il. "Au-delà de nos fonctions, de nos institutions et de nos différences, nous avons une responsabilité commune : protéger les enfants."
La Fédération réunionnaise du Parti Socialiste appelle à se joindre à la mobilisation, "pour Lyhanna, pour sa famille, et pour tous les enfants de La Réunion".
Le corps Lyhanna, 11 ans, qui avait disparue depuis le 29 mai, a été retrouvé jeudi soir dans le Gers. L'exécutif a déploré vendredi des dysfonctionnements dans le traitement des plaintes visant le principal suspect, conduisant Gérald Darmanin à présenter ses "excuses au nom de la Justice".
Le corps avait été découvert dans le silo d’un site agricole désaffecté dans lequel le suspect avait travaillé il y a huit ans, dans la commune de Puycasquier. C’est à une quinzaine de kilomètres de Fleurance, bourg du Gers où Lyhanna avait été vue pour la dernière fois, montant dans la voiture du suspect, en sortant de son collège.
"L’identification de la victime est confirmée, au moyen d’une comparaison d’ADN", a déclaré le procureur d’Agen, en charge de l’enquête, précisant que "les médecins légistes, en l’état de leurs investigations, ne sont pas aujourd’hui en mesure d’indiquer quelles sont les causes de la mort".
"Il est clair qu’il y a un dysfonctionnement (...) et c’est inacceptable", a déclaré depuis le Monténégro le président Emmanuel Macron, qui ne veut "entendre aucun argument de moyens dans cette affaire".
Vendredi soir sur TF1, Gérald Darmanin a déploré que "l’institution judiciaire n’(ait) pas su protéger" la fillette, en estimant qu’"on a failli dans le suivi des plaintes" déposées contre le principal suspect.
Se disant "furieux" et pointant "un immense échec", le garde des Sceaux a estimé que "si jamais les intuitions qui sont les miennes (...) sont avérées", il en tirerait "toutes les conséquences", en proposant "évidemment des sanctions" à l’encontre de magistrats pour "des défaillances, des fautes professionnelles".
"L’indépendance" des magistrats, ce "n’est pas l’irresponsabilité", a-t-il mis en garde. Le ministre de la Justice a également "présenté (ses) excuses" à la famille de la victime et "aux Français qui sont légitimement choqués, terrifiés de voir de telles défaillances".
- Enquête administrative -
Quelques heures plus tôt, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait demandé que "les premières conclusions" de l’enquête administrative confiée à l’Inspection générale de la justice et à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale "lui soient remises sous 15 jours".
A Fleurance, les habitants semblaient vendredi assommés par la nouvelle de la mort de la collégienne.
Paulette Cantan ressent « beaucoup de tristesse et aussi de colère » après avoir appris les antécédents du principal suspect. "Ce n’est peut-être pas son premier crime, ce n’est pas sa première mauvaise action", regrette cette retraitée de 79 ans.
"Toutes ces plaintes, il y a quand même un dysfonctionnement qui me met vraiment en colère", ajoute-t-elle.
Père de deux enfants, le principal suspect, Jérôme B., un homme de 41 ans qui connaissait Lyhanna car elle était amie avec sa fille, a été mis en examen lundi pour enlèvement et séquestration, puis incarcéré.
www.imazpress.com avec l'AFP
