Musique

A Bamako, le chanteur -M- fait lever le public

  • PubliĂ© le 29 janvier 2017 Ă  18:32
L'artiste malienne Fatoumata Diawara (g) et le musicien français Matthieu Chedid, alias -M-, le 26 janvier 2017 à Bamako

Devant la salle comble, Matthieu Chedid prĂ©vient l'assistance: "Petit Ă  petit, je vais ĂȘtre obligĂ© de vous prendre en otage, mais au sens poĂ©tique du terme".

Et rapidement le public du Festival Acoustik Bamako se lĂšve pour danser aux sons de la kora.
"C'est un peu une folie d'ĂȘtre lĂ ", reconnaĂźt le chanteur français, connu sous son nom d'artiste -M-, en montant sur la scĂšne de l'Institut français du Mali au sujet de sa prĂ©sence au festival, qui s'est achevĂ© dans la nuit de samedi Ă  dimanche.
"Debout, debout, le Mali est debout, de Mopti à Tombouctou ...". Les spectateurs reprennent en choeur la chanson écrite sur place par Matthieu Chedid.

Le chanteur est venu présenter en avant-premiÚre mondiale "Lamomali", son nouvel album avec le virtuose de la kora (harpe locale), le musicien malien Toumani Diabaté, et son fils Sidiki, qui sortira fin mars.
Le pays est sous état d'urgence quasiment sans interruption depuis un attentat jihadiste le 20 novembre 2015 à l'hÎtel Radisson Blu (20 morts, outre deux assaillants tués) dans la capitale Bamako.

"Le Mali, c'est une longue histoire pour moi", explique à l'AFP le chanteur. "Quand je suis arrivé ici la premiÚre fois il y a douze ans, c'était assez immédiat", poursuit-il. "J'ai mis le pied sur la terre rouge et ça a été un choc, comme un avant et un aprÚs".
"Pour moi, l'objectif c'est de célébrer le Mali, célébrer la beauté actuelle du Mali et pas rester dans le cÎté nostalgique, traditionnel", confie -M-.

"Garder évidement la tradition et les +racines de l'arbre+ mais simplement montrer aussi - à travers des Sidiki d'ailleurs - toute la modernité de ce pays et si possible y contribuer un peu pour en faire une musique d'aujourd'hui", ajoute-t-il.

- "Culture Beatles et musique africaine" -

L'idĂ©e du projet a germĂ© l'an dernier Ă  Paris aprĂšs un concert de Toumani & Sidiki DiabatĂ©, oĂč les premiers morceaux du projet ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s dans le salon de Matthieu Chedid.
"C'est pas de la +world music+ qu'on a fait", prĂ©cise-t-il. "C'est vraiment autre chose. L'ambition, c'est vraiment qu'il y ait un mĂ©lange de la culture Beatles de la chanson et en mĂȘme temps de la musique traditionnelle africaine, et de sentir cette fusion des deux".

Dans ce projet, on retrouve la chanteuse Fatoumata Diawara, qui s'est illustrée dans "Timbuktu", le film Abderrahmane Sissako qui relate le quotidien de la ville aux 333 saints, dans le nord du Mali, sous le joug des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda qui en avaient pris le contrÎle en 2012.

"Notre arme, c'est la musique", lance la chanteuse, débordant d'énergie sur scÚne.
Les groupes jihadistes ont été en grande partie chassés du nord du Mali à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale qui se poursuit actuellement.
Mais des zones entiÚres échappent au contrÎle des forces maliennes et étrangÚres et depuis 2015, les attaques se sont étendues du Nord au centre et dans le Sud.

Malgré ces troubles, le Mali est pour -M- une source d'inspiration permanente.
"C'est notre mission, en tant qu'humains et artistes, déjà de continuer à vivre et surtout, encore plus, voyager et se connecter aux gens parce que c'est encore plus vital aujourd'hui qu'hier", estime-t-il.

AFP

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