Une compétition discrÚte, mais scrutée : aprÚs cinq mois d'interruption en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, le tennis professionnel reprend sous haute surveillance avec le tournoi WTA de Palerme à partir de lundi, à quelques semaines d'un délicat enchaßnement US Open/Roland-Garros.
8 mars: c'est la date Ă laquelle remontent les derniers matches officiels sur les circuits professionnels, en l'occurrence deux finales dames, Ă Lyon, en France, et Ă Monterrey, au Mexique. Depuis, plus de son et plus d'image, exhibitions en tous genres mises Ă part, Ă cause de la crise sanitaire mondiale qui chamboule complĂštement la saison 2020. Le prestigieux tournoi californien d'Indian Wells a Ă©tĂ© le premier Ă ĂȘtre annulĂ© dĂ©but mars. Ont suivi le report Ă l'automne de Roland-Garros (27 septembre-11 octobre) et l'annulation historique de Wimbledon, en plus des suspensions Ă rallonge des circuits ATP et WTA.
Si on sait dĂ©sormais qu'aucun tournoi n'aura lieu en Chine d'ici la fin de l'annĂ©e, la lumiĂšre est rĂ©apparue mi-juin, quand l'US Open a actĂ© son maintien Ă ses dates initiales, Ă partir du 31 aoĂ»t, mais Ă huis clos et amputĂ© de ses qualifications, et que WTA et ATP ont fixĂ© une date de reprise en ce mĂȘme mois d'aoĂ»t, dĂšs le 3 cĂŽtĂ© dames. Les joueurs doivent eux patienter jusqu'au 22.
- "Si ça se passe mal..." -
C'est ainsi que le modeste tournoi palermitain, niché derriÚre une haie de bougainvillées fuschia et cerné de montagnes irradiées par le brûlant soleil sicilien, hérite de la lourde tùche d'inaugurer la cohabitation entre tennis et Covid-19.
Dans un tel contexte, il s'agit clairement d'un test grandeur nature. "La WTA nous a prévenues que ces deux premiÚres semaines (à Palerme à partir de lundi, et à Prague et Lexington, aux Etats-Unis la semaine suivante, ndlr), ce sont des tournois tests", confirme à l'AFP la joueuse française Chloé Paquet (174e), stoppée au premier tour des qualifications du tournoi sicilien samedi.
L'enjeu : "voir si c'est viable d'organiser des tournois dans ces conditions", rĂ©sume une autre joueuse française, Fiona Ferro (53e), engagĂ©e elle dans le tableau principal. "On sait que si ça se passe bien, il pourra y en avoir d'autres, reprend Paquet. Si ça se passe mal, le calendrier pourrait peut-ĂȘtre ĂȘtre revu... On en est conscients."
Tests immĂ©diats Ă l'arrivĂ©e, puis renouvelĂ©s tous les quatre jours, masques obligatoires Ă part pour jouer et manger, entourage limitĂ© Ă une personne, consigne passĂ©e, sans les interdire formellement, de limiter au maximum les contacts entre joueuses et avec l'extĂ©rieur... : on cherche Ă se donner toutes les chances de rĂ©ussite. "C'est sĂ»r que ça n'a rien Ă voir avec avant, compare Paquet. Avant, on pouvait sortir (de l'hĂŽtel), se retrouver au resto aprĂšs les matches... LĂ , ça fait un peu moins rĂȘver."
- 100% européen -
"Mais on est vraiment contentes de pouvoir rejouer et reprendre notre métier, ça nous incite à respecter toutes ces rÚgles" sanitaires, souligne-t-elle.
Illustration du casse-tĂȘte des restrictions de dĂ©placements internationaux pour le tennis mondial, Ă la fois largement globalisĂ© et itinĂ©rant, le plateau du tableau principal est 100% europĂ©en.
L'envie de jouer, elle, ne manque pas : le tournoi italien, mĂȘme parmi les plus modestes du circuit principal et qui accueillera 350 spectateurs par jour au maximum (pour une capacitĂ© de 1500), a attirĂ© trois joueuses du top 20. Dont la Croate Petra Martic (15e), "heureuse de voir que c'est rĂ©ellement possible de reprendre parce que je n'y croyais pas il y a encore une semaine ou deux".
Simona Halep est elle privĂ©e de cette reprise. Attendue comme tĂȘte d'affiche, l'ex-N.1 mondiale et double laurĂ©ate en Grand Chelem (Roland-Garros 2018 et Wimbledon 2019) a Ă©tĂ© rattrapĂ©e par la quatorzaine derniĂšrement imposĂ©e par les autoritĂ©s italiennes aux personnes ayant rĂ©cemment sĂ©journĂ© en Roumanie ou en Bulgarie, et a renoncĂ© Ă faire le voyage.
Autre rebondissement d'avant-tournoi: la WTA a rapporté samedi aprÚs-midi, à quelques minutes du début des qualifications, qu'une joueuse avait été testée positive au Covid-19 et placée à l'isolement, sans révéler son identité. Comme un rappel que l'édifice reste fragile.
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AFP


