Des Macronistes redoutent la division

A six mois de la présidentielle, Edouard Philippe lance son propre parti

  • PubliĂ© le 9 octobre 2021 Ă  06:34
  • ActualisĂ© le 9 octobre 2021 Ă  07:48
Edouard Philippe, maire du Havre, le 31 août 2021 à Lille

Quinze mois aprÚs son départ de Matignon, Edouard Philippe lance samedi matin son propre parti au Havre, pour élargir vers la droite le socle de soutiens à Emmanuel Macron, sous l'oeil critique de certains macronistes qui redoutent la division.

Dans sa ville du Havre, l'ancien Premier ministre dévoilera le nom et les contours de ce parti en présence de nombreux parlementaires de la majorité, à deux cent jours de la présidentielle lors de laquelle il a promis de soutenir Emmanuel Macron si celui-ci se représente.

"L'objectif, c'est de participer à la nouvelle offre politique qui découlera de cette campagne présidentielle", avait-il affirmé dans un message video diffusé samedi dernier lors du "campus" de LREM à Avignon.

Entre 500 et 700 personnes sont attendues selon l'entourage de M. Philippe. Viendront "ceux qui sont curieux, intéressés. Venir ne veut pas forcément dire adhérer", explique l'eurodéputé Gilles Boyer, un trÚs proche. Les trois patrons des groupes parlementaires de la majorité seront présents: Christophe Castaner pour LREM, Patrick Mignola pour le MoDem et Olivier Becht pour Agir.

Et au moins une douzaine de députés "marcheurs" -- dont Aurore Bergé, Marie Lebec ou Naïma Moutchou -- ont également fait savoir qu'ils se rendraient "spontanément" au Havre. Avant le week-end, certains confiaient espérer "un nouveau souffle", et faisaient part d'une certaine "fébrilité" de leurs collÚgues quant à leur participation.

L'initiative de M. Philippe, qui reste la personnalité politique préférée des Français, est en effet suivie de prÚs par la majorité, alors que la macronie tente de structurer la majorité présidentielle au sein d'une "maison commune".

- "Salle d'attente pour 2027" -

Dans sa vidéo diffusée à Avignon, M. Philippe avait une nouvelle fois affirmé qu'il "souhaitait" qu'Emmanuel Macron soit candidat et réélu en avril 2022, lui assurant de son soutien avec "loyauté" et "enthousiasme".

Sa nouvelle formation "a vocation Ă  ĂȘtre +sous la tente+", a assurĂ© le patron de LREM Stanislas Guerini. Mais l'ancien Premier ministre, qui n'a jamais pris sa carte Ă  LREM, n'avait pas non plus fait le dĂ©placement d'Avignon. "Il va devoir se positionner", a prĂ©venu Olivier Becht, dont le petit parti Agir pourrait bien se faire aspirer par le nouveau mouvement.

Le nouveau parti de M. Philippe, dont le nom est gardĂ© secret, pourrait aussi poursuivre la recomposition du paysage politique, notamment parmi les Ă©lus locaux prĂȘts Ă  soutenir le chef de l'Etat, mais rĂ©tifs Ă  toute adhĂ©sion Ă  LREM ou MoDem.

"Si Macron repasse, on aura une situation trÚs compliquée" à droite, confirme un proche de l'ex-LR Xavier Bertrand qui pense que "Philippe ramÚnera" des élus dans son escarcelle en profitant de l'éclatement du paysage. "Il va présenter des candidats aux législatives qui risquent de concurrencer les nÎtres", soupire un cadre de LR, alors que la droite dans le brouillard pourrait bien jouer sa survie en 2022.

M. Philippe multiplie déjà les signaux à droite en tirant la sonnette d'alarme sur le poids de la dette ou encore la nécessité de relever franchement l'ùge de départ à la retraite, jusqu'à l'ùge de 67 ans.

Au delà, "l'objectif d'Edouard Philippe est de se faire une salle d'attente pour 2027", estime une élue LR. Sur l'aile gauche de la macronie, le petit parti Territoires de progrÚs, lancé début 2020 par le ministre des Affaires étrangÚres Jean-Yves Le Drian, tiendra son propre congrÚs samedi à Bordeaux. Le ministre du Budget Olivier Dussopt pourrait en récupérer la présidence.

AFP

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1 Commentaires
HULK
HULK
4 ans

Vive 2027,c'est dĂ©jĂ  parti. Ah quel beau monde!. "Zhommes politiques" c'est un beau mĂ©tier. Vas-y Éric,continue Ă  leur foutre des coups de pompe dans le c..,c'est tout ce qu'ils mĂ©ritent.