La justice a annoncĂ© jeudi une enquĂȘte pour discrimination aprĂšs des propos d'une responsable du service adoption du conseil dĂ©partemental de Seine-Maritime concernant les homosexuels, tandis que des associations manifestaient devant la collectivitĂ©.
"Une enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte mercredi pour discrimination Ă la suite de la plainte dĂ©posĂ©e" mardi par l'Association des familles homoparentales (ADFH), a prĂ©cisĂ© le procureur de la RĂ©publique de Rouen Pascal Prache, interrogĂ© par un correspondant de l'AFP. Selon l'ADFH, la plainte vise la responsable.
La fonctionnaire, qui a été relevée mercredi de ses fonctions à titre conservatoire, avait estimé dans un entretien à France Bleu Normandie Seine-Maritime/Eure que les couples homosexuels étaient "un peu atypiques", qu'ils correspondaient moins aux critÚres requis pour l'adoption d'un bébé en bonne santé qu'un couple hétérosexuel, et qu'ils pouvaient adopter des enfants "atypiques", comme des enfants "handicapés".
Jeudi matin quelques dizaines de personnes ont manifesté devant le conseil départemental à l'appel de plusieurs "associations de lutte contre les discriminations et contre l'homophobie" dont LGBT Normandie.
La plupart des manifestants arboraient des pancartes "Elle est atypique", "Ils sont atypiques!!!" ou "Vous ĂȘtes atypiques !!!".
La responsable du service adoption "s'est rendue coupable aux yeux de la loi", pouvait-on lire sur les tracts distribués par les manifestants aux fonctionnaires à leur arrivée au conseil départemental qui se réunissait en session ordinaire jeudi.
Invité jeudi matin sur France Bleu Normandie Seine-maritime/Eure, le président (Mouvement radical) du conseil départemental Pascal Martin a dit avoir ressenti de la "sidération" lorsqu'il a pris connaissance des propos de la responsable du service, qu'il avait déjà auparavant "trÚs fermement condamnés".
Les conclusions de l'audit externe du service, annoncĂ© mardi par le DĂ©partement, devraient ĂȘtre rendues "dans quelques semaines", a prĂ©cisĂ© M. Martin jeudi.
Les dĂ©clarations de la fonctionnaire avaient dĂ©jĂ provoquĂ© de nombreuses rĂ©actions. Le DĂ©fenseur des droits Jacques Toubon s'Ă©tait autosaisi mardi pour une enquĂȘte sur les pratiques du service de l'adoption du dĂ©partement.
Les propos de la fonctionnaire "sont contraires aux principes de neutralité, d'égalité et de refus des discriminations qui caractérisent la fonction publique", avait tweeté le secrétaire d'Etat auprÚs du ministre de l'Action et des Comptes publics, Olivier Dussopt.
"Nous sommes extrĂȘmement choquĂ©s. Il faut rĂ©flĂ©chir Ă une rĂ©forme du systĂšme pour Ă©viter que certains personnes fassent intervenir leurs convictions personnelles dans la procĂ©dure, comme anonymiser le nom et le genre des requĂ©rants", avait dĂ©clarĂ© mardi Ă l'AFP Alexandre Urwicz, prĂ©sident de l'ADFH.
2018 AFP
