Au tribunal oĂč Denis Baupin attaque la presse en diffamation, l'ancienne ministre Ă©cologiste CĂ©cile Duflot a accusĂ© jeudi l'ex-dĂ©putĂ© de l'avoir agressĂ©e sexuellement en 2008 au BrĂ©sil et dit regretter son "manque d'Ă©coute" des femmes au sein du parti, une "Ă©norme erreur".
C'est la premiĂšre fois que CĂ©cile Duflot, citĂ©e jeudi comme tĂ©moin par la dĂ©fense, tĂ©moigne publiquement. La voix pleine de sanglots contenus, elle raconte cette soirĂ©e de mai 2008 Ă Sao Paulo, oĂč elle, alors secrĂ©taire nationale des Verts, Ă©tait venue en dĂ©lĂ©gation avec Denis Baupin, alors adjoint au maire de Paris, pour un congrĂšs mondial des Ă©cologistes.
AprĂšs une journĂ©e de travail, elle regagne sa chambre d'hĂŽtel "trĂšs fatiguĂ©e" - sa derniĂšre fille a Ă peine deux mois. "Je tire mon lait, parce que je ne veux pas arrĂȘter d'allaiter ma fille, quand je reçois un SMS de Denis Baupin qui me demande mon numĂ©ro de chambre parce qu'il a un truc Ă me dire".
"Sans lùcher mon tire-lait, je lui réponds. Dix secondes plus tard, il est à ma porte. J'ai tout de suite vu son regard", dit-elle, expliquant la "panique qui s'empare" d'elle.
"Il me dit: +Je savais que tu en avais autant envie que moi+. Il a posĂ© la main sur mon cou. Je lui ai dit +Ăa va pas, arrĂȘte!+. Il essaie de mettre son pied pour coincer la porte, je lui ai donnĂ© un coup de pied au tibia (...) j'ai claquĂ© la porte", relate-t-elle. AprĂšs cet Ă©pisode, elle "fait tout pour l'Ă©viter", mais ne dit rien, ne porte pas plainte. Elle ne veut pas ĂȘtre accusĂ©e d'instrumentalisation politique alors que Denis Baupin est son adversaire en interne.
Cécile Duflot a un regret, c'est sa "capacité d'encaisser", une dureté apprise en politique qui l'a rendue sourde "à l'égard des autres femmes".
"C'est une énorme erreur. J'ai été capable de dire à des femmes des choses comme +Si t'es choquée parce qu'un mec te demande de le sucer, franchement, ça nous arrive tous les jours+ ou +c'est le genre de mec avec qui il est plus facile de coucher que de résister+. C'était une abdication en rase campagne", reconnaßt-elle.
Elle évoque les valeurs de son parti, le féminisme, la parité, un cÎté libertaire, le clivage entre la génération de Dominique Voynet qui l'a précédée et la sienne, "intermédiaire", juste avant #MeToo.
"Finalement, on était trÚs complaisants avec la violence", conclut-elle. Elle "ne doute pas un instant" de la véracité des accusations de militantes écologistes contre Denis Baupin et estime que "maintenant que c'est dit, les filles non seulement auront des responsabilités, mais elles sauront qu'elles ne sont pas obligées de subir ça".
AFP

C'est dommage que C Duflot ait attendu si longtemps pour prendre la parole;,; mais ce comportement masculin Ă©tait considĂ©rĂ© comme normal et on reprochait aux filles d'ĂȘtre rĂ©tro, archaĂŻques, les hommes Ă©tant considĂ©rĂ©s comme des dieux Ă satisfaire...