HarcĂšlement scolaire

Affaire Evaëlle: le parquet de Pontoise fait appel de la relaxe de l'enseignante

  • PubliĂ© le 15 avril 2025 Ă  05:52
  • ActualisĂ© le 15 avril 2025 Ă  07:10
Image tirée d'une vidéo de l'AFP, le 12 décembre 2019 à Herblay, dans le Val-d'Oise, montrant des photos d'Evaëlle

Le parquet de Pontoise a fait appel de la relaxe des poursuites pour harcÚlement sur mineurs à l'encontre de l'ancienne enseignante d'Evaëlle, collégienne qui s'est suicidée en 2019 dans le Val-d'Oise, a appris l'AFP lundi du parquet.

Jeudi, le tribunal avait entiÚrement relaxé l'enseignante, considérant que les éléments à charge étaient "discordants, indirects, peu circonstanciés" ou relevaient de "comportements adaptés et légitimes s'agissant de l'autorité dont doit faire preuve un enseignant en classe".

Les parents d'Evaëlle, ùgée de 11 ans au moment de son suicide, "sont satisfaits de l'appel et du nouveau procÚs durant lequel ils pourront à nouveau exprimer le harcÚlement moral commis à l'égard de leur fille", a déclaré à l'AFP leur avocate Me Delphine Meillet.

Le délibéré du tribunal correctionnel de Pontoise les avait "révoltés".

"Je suis dans l'incompréhension totale", avait déclaré en larmes la mÚre de la pré-adolescente. "J'ai l'impression qu'on légitime le comportement de cette professeure (...), on n'écoute pas les enfants, on n'écoute pas Evaëlle", avait ajouté son pÚre à la sortie de l'audience.

L'enseignante, absente au délibéré, s'était dite "soulagée". "La vérité éclate enfin", avait estimé la femme de 62 ans.

En mars, elle avait Ă©tĂ© jugĂ©e pendant deux jours pour harcĂšlement Ă  l'encontre de trois anciens Ă©lĂšves, dont EvaĂ«lle, qui s'est suicidĂ©e en juin 2019 quelques mois aprĂšs avoir quittĂ© le collĂšge d'Herblay oĂč elle subissait du harcĂšlement.

Pour l'accusation, en plus du harcÚlement de camarades de classes, elle était également la cible de son enseignante de français.

Dix-huit mois de prison avec sursis et une interdiction définitive d'enseigner avaient été requis.

Dans sa relation avec Evaëlle, elle "la jette en pùture au collectif, la fait pleurer", avait tancé la procureure dans ses réquisitions. Son "harcÚlement est le déclencheur et catalyseur du harcÚlement des mineurs", avait affirmé la magistrate.

Le tribunal a pourtant considéré qu'il n'y avait "pas d'élément permettant de caractériser l'élément intentionnel de l'infraction" soit "qu'elle aurait volontairement cherché la dégradation des conditions de vie" d'Evaëlle, faits pour lesquels l'enseignante était jugée.

"Une partie des faits reprochés (...) correspond à des comportements adaptés et légitimes s'agissant de l'autorité dont doit faire preuve un enseignant en classe", a estimé la présidente.

Le jour du délibéré, avant que celui-ci ne soit rendu, l'enseignante a été la cible de menaces de mort dans un courrier reçu dans son ancien collÚge. La photocopie d'un article de journal relatant l'affaire Evaëlle accompagné de la mention "Mon couteau et moi attendons le verdict", a été retrouvé dans la boßte aux lettres.

AFP

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