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AFFAIRE JUBILLAR Les fouilles prennent fin dans le Tarn, au lendemain de la découverte d’ossements

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Affaire Jubillar : les fouilles prennent fin dans le Tarn, au lendemain de la découverte d’ossements

  • Publié le 18 juillet 2026 à 06:15
  • Actualisé le 18 juillet 2026 à 06:27
Cédric Jubillar photographié dans la salle d’audience de la cour d’assises du Tarn lors de l’ouverture d’une audience de son procès pour le meurtre de son épouse, Delphine Jubillar, à Albi, le 23 septembre 2025

Les recherches qui ont permis d’exhumer des ossements là où Cédric Jubillar affirme avoir enterré son épouse Delphine, infirmière disparue fin 2020, « vont se terminer ce soir », a indiqué vendredi à l’AFP le colonel Jean-Michel Doose, commandant du groupement de gendarmerie du Tarn. Des fouilles ont eu lieu ce vendredi après que des ossements ont été retrouvés la veille à l’endroit indiqué par Cédric Jubillar.

Les gendarmes ont commencé à lever les barrages autour du site des fouilles, un champ en lisière d’un bois à une dizaine de kilomètres du domicile des Jubillar dans le Tarn, ont constaté des journalistes de l’AFP. Les recherches "ne devraient pas reprendre", a ajouté le colonel Jean-Michel Doose.

Le périmètre de sécurité était maintenu, ce vendredi matin. Les gendarmes étaient à la recherche d’autres restes de la disparue, probablement éparpillés de manière accidentelle lors de travaux agricoles, a précisé une source proche de l’enquête à l’AFP.

Le dispositif de recherches, comprenant notamment une centaine de gendarmes, dont une équipe de lutte anti-drones, était similaire à celui de jeudi, a fait savoir à l’AFP la gendarmerie.

- Les ossements doivent être analysés -

Lors de ses aveux devant la justice mercredi, Cédric Jubillar, qui reconnaît avoir commis "un acte abominable" "a fait des déclarations spontanées pour livrer la vérité de façon absolue » pendant une heure et demie, a déclaré jeudi soir à l’AFP un de ses avocats, Pierre Debuisson.

« Des ossements qui pourraient être des ossements humains ont été retrouvés sur les lieux indiqués par Cédric Jubillar comme l’endroit où il avait déposé le corps de madame (Delphine) Aussaguel », à une douzaine de kilomètres d’Albi, a indiqué à l’AFP le procureur général de la cour d’appel de Toulouse Nicolas Jacquet.

Les ossements, dont deux fémurs selon un avocat des parties civiles, doivent être acheminés vers le laboratoire de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise, en région parisienne, pour être analysés, afin d’établir s’il s’agit bien des restes de Delphine Jubillar.

- Aveux actés -

Mercredi, le peintre-plaquiste de 38 ans a été extrait de prison et conduit au palais de justice de Toulouse pour donner sa nouvelle version des faits, à sa demande, deux mois avant son procès en appel, programmé pour débuter le 21 septembre devant la cour d’assises de Haute-Garonne.

"Il a été entendu par la présidente de la cour d’assises qui a acté ses aveux. Monsieur Jubillar a indiqué précisément le lieu où il a déposé le corps", a précisé à l’AFP la première présidente de la cour d’appel de Toulouse, Chantal Ferreira.

Le 6 juillet, ses avocats avaient révélé un courrier dans lequel il admettait pour la première fois sa "responsabilité" dans la mort de l’infirmière de 33 ans et mère de leurs deux enfants.

Depuis plus de cinq ans et notamment pendant tout son procès très médiatisé devant les assises du Tarn, à l’issue duquel il a été condamné à 30 ans de réclusion en octobre, il avait toujours clamé son innocence.

Expliquant les silences et les dénégations de son client pendant plus de cinq ans, maître Debuisson évoque « un mensonge dans lequel il va s’enferrer, et duquel il aura beaucoup de mal à s’extirper, et en même temps, depuis le début, un besoin et une envie de parler ».

- "L’instruction a été bien menée" -

Durant l’été 2025, une ex-compagne de l’accusé avait rapporté aux enquêteurs une confidence de Cédric Jubillar, qui lui avait dit avoir étranglé son épouse, avant de transporter, puis de brûler le corps.

Delphine Jubillar, née Aussaguel, avait disparu mystérieusement du domicile du couple en instance de divorce dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, pendant un couvre-feu lié à la pandémie de Covid-19. Elle s’apprêtait à refaire sa vie avec un autre homme.

Dans une affaire sans corps, ni aveux, ni preuve formelle, l’intime conviction de la cour en première instance s’était forgée grâce à un faisceau d’indices concordants.

Le changement de ligne de défense de Cédric Jubillar, "c’est la confirmation que les enquêteurs étaient dans le vrai et que l’instruction a été bien menée, contrairement à ce que disaient les avocats de Cédric Jubillar", souligne un haut gradé de la gendarmerie qui requiert l’anonymat. "On imagine qu’il y a une stratégie derrière" en vue du procès, ajoute-t-il.

- Sépulture et deuil -

Mercredi, le peintre-plaquiste "est revenu sur les circonstances du drame" et "sur les conditions dans lesquelles ce couple s’est dégradé, sur les tensions très fortes qu’il y avait de part et d’autre", selon maître Debuisson.

Il a aussi évoqué « l’élément déclencheur qui a fait qu’à un moment donné, il a été inondé et submergé par une émotion qui l’a dépassé, extrêmement forte, et qui a provoqué un passage à l’acte irréfléchi », a poursuivi l’avocat.

Pour Laurent Boguet, avocat des enfants du couple, la découverte du corps est un "soulagement", elle va permettre une sépulture, un deuil et apporter des réponses aux enfants, en particulier à Louis, le fils aîné des Jubillar, qui avait 6 ans au moment de la disparition de sa mère.

Et les aveux de Cédric Jubillar "éclairent différemment le dossier", après "les tergiversations et les mensonges", poursuit-il.

La tenue du procès à partir du 21 septembre à Toulouse semble incertaine. Les avocats de la défense jugent « impossible » que le procès en appel se tienne comme prévu, un avis partagé par l’avocat des enfants.

Incarcéré à l’isolement à la maison d’arrêt de Seysses, près de Toulouse, Cédric Jubillar s’est vu retirer en décembre l’autorité parentale sur ses deux enfants, onze et six ans, confiés par la justice à leur tante maternelle.

AFP

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