Il est soupçonné d'avoir tué son ex-petite amie

Affaire Narumi: Zepeda, le suspect chilien, extradé vers la France

  • PubliĂ© le 24 juillet 2020 Ă  09:45
  • ActualisĂ© le 24 juillet 2020 Ă  10:10
Nicolas Zepeda (c) est escorté par la police chilienne à son arrivée à l'aéroport de Santiago, le 23 juillet 2020

Le Chilien Nicolas Zepeda, soupçonnĂ© d'avoir assassinĂ© son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki en 2016 Ă  Besançon, est attendu vendredi en France, oĂč il pourrait ĂȘtre mis en examen pour assassinat aprĂšs son extradition par le Chili.

Zepeda, 29 ans, a été remis a des policiers français à Santiago avant d'embarquer sur le vol Air France qui doit atterrir à Paris Charles-de-Gaulle vers 10H55 (08H55 GMT).

L'unique suspect de l'assassinat de Narumi Kurosaki se verra notifier l'exĂ©cution de son mandat d'arrĂȘt international Ă  son arrivĂ©e. Les enquĂȘteurs de la police judiciaire l'emmĂšneront ensuite Ă  Besançon, oĂč il sera interrogĂ© par la juge d'instruction en charge du dossier.

Cette procédure d'extradition relance un feuilleton judiciaire qui tient en haleine les médias japonais depuis plus de trois ans et demi, tranchant avec la relative indifférence des Chiliens pour ce dossier.

"C'est le commencement d'une deuxiĂšme phase de l'instruction, avec peut ĂȘtre des rebondissements", a dĂ©clarĂ© le procureur de Besançon, Etienne Manteaux. "Il va ĂȘtre prĂ©sentĂ© au juge d'instruction en vue de sa mise en examen Ă©ventuelle du chef d'assassinat. S'il est mis en examen, le parquet demandera Ă  ce qu'un dĂ©bat contradictoire se tienne pour un Ă©ventuel placement en dĂ©tention".

"La rapidité avec laquelle la justice chilienne, en plus dans un contexte de Covid, a répondu à notre demande d'extradition est exceptionnelle", a encore salué M. Manteaux.

- "Hurlements de terreur" -

Narumi Kurosaki, une Ă©tudiante de 21 ans, vivait sur le campus universitaire de Besançon, oĂč elle a Ă©tĂ© vue pour la derniĂšre fois le 4 dĂ©cembre 2016. Nicolas Zepeda, fils d'une riche famille chilienne, Ă©tait son ancien petit ami.

Ils s'Ă©taient rencontrĂ©s en 2014 au Japon, oĂč il Ă©tudiait. Ce fils d'un magnat des tĂ©lĂ©coms en Ă©tait tombĂ© Ă©perdument amoureux et l'avait mĂȘme prĂ©sentĂ©e Ă  sa famille.

Selon l'enquĂȘte, peu avant la disparition de Narumi, les deux jeunes gens avaient toutefois pris leurs distances et l'Ă©tudiante japonaise avait dĂ©butĂ© une nouvelle relation, suscitant la jalousie du Chilien, qui se trouvait alors dans son pays.

Etienne Manteaux s'Ă©tait rendu en avril 2019 au Chili avec un magistrat instructeur et deux enquĂȘteurs. Sept mois plus tard, il avait annoncĂ© que l'enquĂȘte Ă©tait "close" et justifiait "la demande d'extradition de Nicolas Zepeda pour qu'il comparaisse devant la cour d'assises de Besançon pour l'assassinat de Narumi Kurosaki".

D'aprĂšs les enquĂȘteurs, Nicolas Zepeda s'Ă©tait rendu dĂ©but dĂ©cembre 2016 Ă  Besançon pour y voir la jeune femme. Le soir du 4 dĂ©cembre, ils Ă©taient rentrĂ©s ensemble dans le logement de Narumi.

Cette nuit-là, selon le procureur, plusieurs étudiants ont entendu "des hurlements de terreur, des cris". Mais "personne n'a prévenu la police".

- Produit inflammable et allumettes -

D'aprĂšs la gĂ©olocalisation de sa voiture de location, le 6 dĂ©cembre 2016 Ă  l'aube, le suspect s'Ă©tait rendu dans une zone boisĂ©e Ă  l'est de Dole (Jura), oĂč les enquĂȘteurs pensent qu'il s'est dĂ©barrassĂ© du corps.

Quelques jours plus tÎt, le jeune homme, qui sera défendu par Me Jacqueline Laffont, ancienne avocate de Nicolas Sarkozy, avait acheté des allumettes et un bidon de produit inflammable.

Malgré d'importantes recherches, le corps n'a jamais été retrouvé. L'ancienne procureure de Besançon Edwige Roux-Morizot avait évoqué à l'époque des faits un "profil envahissant et inquiétant" à propos du suspect.

Celui-ci dans un courrier envoyĂ© aux autoritĂ©s chiliennes, avait racontĂ© ĂȘtre allĂ© voir Narumi Ă  Besançon dĂ©but dĂ©cembre 2016 et qu'ils s'Ă©taient alors "rendu compte qu'ils Ă©taient toujours amoureux". Il disait avoir passĂ© une partie de la nuit du 4 au 5 dĂ©cembre avec elle, mais affirmait ĂȘtre ensuite reparti seul.

La famille de Narumi "espÚre qu'il aura une ligne de défense différente", "retrouver le corps de Narumi, c'est tout ce qui leur importe", avait déclaré à l'AFP leur avocate, Me Sylvie Galley, à l'annonce de l'extradition du Chilien en mai.

Narumi était une étudiante brillante issue d'un milieu trÚs modeste. Elle bénéficiait d'une bourse pour ses études au Centre linguistique appliqué (CLA) de Besançon. Le CLA a d'ailleurs rassemblé 4.500 euros de dons via une cagnotte en ligne afin d'aider financiÚrement la famille de la jeune femme à se rendre en France pour le procÚs.

AFP

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