29 personnes au moins sont décédées

Afghanistan: un assaut jihadiste meurtrier contre une prison rompt un calme relatif

  • PubliĂ© le 3 aoĂ»t 2020 Ă  18:55
  • ActualisĂ© le 3 aoĂ»t 2020 Ă  19:41
Des soldats afghans devant une prison oĂč se dĂ©roule une attaque jihadiste, Ă  Jalalabad le 3 aoĂ»t 2020

Au moins 29 personnes, dont des civils et des prisonniers, ainsi que 10 assaillants ont pĂ©ri selon les autoritĂ©s dans un assaut du groupe jihadiste Etat islamique contre une prison en Afghanistan, qui s'est achevĂ© lundi alors que le pays attendait les suites d'une trĂȘve de trois jours entre gouvernement et talibans.

L'attaque a pris fin lundi aprĂšs-midi Ă  la prison de Jalalabad (Est) abritant quelque 1.700 prisonniers, majoritairement des combattants de l'EI et des talibans. Elle avait dĂ©butĂ© dimanche soir, aux derniĂšres heures d'une trĂȘve dĂ©crĂ©tĂ©e par les talibans et les forces afghanes durant les trois jours de la grande fĂȘte musulmane de l'AĂŻd al-Adha (FĂȘte du Sacrifice).

Dans un communiquĂ© publiĂ© dimanche soir par son agence de propagande Amaq, l'EI, qui ne participait pas Ă  cette trĂȘve, a revendiquĂ© l'assaut. Selon les autoritĂ©s, quelque 700 prisonniers ont pu s'Ă©chapper avant d'ĂȘtre repris.

AprĂšs l'attaque, un correspondant de l'AFP a pu se rendre dans la prison, oĂč des cadavres d'assaillants et de prisonniers Ă©taient alignĂ©s. L'entrĂ©e portait les traces de l'explosion d'un vĂ©hicule piĂ©gĂ© qui a lancĂ© l'assaut. Plusieurs cellules, avec parfois encore des prisonniers Ă  l'intĂ©rieur, Ă©taient incendiĂ©es ou endommagĂ©es.

ParallÚlement, le gouvernement a accusé les talibans d'avoir violé à 38 reprises le cessez-le-feu --le troisiÚme seulement en 19 ans de guerre et qui a nourri l'espoir d'une ouverture aprÚs l'Aïd de pourparlers avec les talibans.

Le porte-parole du ministĂšre de l'IntĂ©rieur, Tareq Arian, a accusĂ© les talibans de "ne pas tenir leurs engagements" et d'avoir tuĂ© 20 civils, en blessant 40 autres, durant la trĂȘve.

Des pourparlers "intra-afghans" devaient débuter en mars, aux termes d'un accord historique signé fin février à Doha entre les Etats-Unis et les talibans. Mais ils ont été retardés par des dissensions politiques à Kaboul et la stagnation du processus d'échange des prisonniers dont l'achÚvement est exigé au préalable par les rebelles.

Dimanche, avant l'attaque de la prison de Jalalabad, le gouvernement a offert de prolonger la trĂȘve. Les talibans n'ont pas formellement rĂ©pondu.

- Libérations de prisonniers -

L'accord américano-taliban prévoit la libération par le gouvernement de 5.000 insurgés en échange de celle de 1.000 membres des forces de sécurité détenus par les insurgés.

Les autorités ont libéré depuis vendredi 300 détenus talibans supplémentaires, portant leur total à plus de 4.900. Les talibans ont indiqué la semaine derniÚre avoir rempli leurs engagements.

Mais le gouvernement refuse la libĂ©ration d'environ 400 dĂ©tenus talibans accusĂ©s de crimes graves. Leur sort doit ĂȘtre dĂ©cidĂ© par un conseil d'anciens le 7 aoĂ»t Ă  Kaboul, a dĂ©clarĂ© le porte-parole du prĂ©sident Ashraf Ghani, Sediq Sediqqi.

"Nous ne voyons aucune honnĂȘtetĂ© et aucun engagement de la part des talibans envers la paix, malgrĂ© tout ce que nous avons fait pour la paix", a dit M. Sediqqi aux journalistes.

La baisse des violences durant l'AĂŻd a toutefois permis Ă  certains des retrouvailles familiales attendues de longue date. "J'ai pu me rendre dans mon village pour la premiĂšre fois depuis deux ans", explique Khalil Ahmad, originaire de la province d'Uruzgan, un fief taliban dans le Sud. "Il y avait des postes de contrĂŽle talibans sur la route mais ils n'ont embĂȘtĂ© personne".

- Rumeurs Ă  Kunduz -

Mais lundi dans la province de Kunduz (Nord), des rumeurs circulaient sur un regroupement taliban autour de la ville de Kunduz, assure un habitant, Atiqullah. "Aujourd'hui, la peur habituelle est revenue sur les visages et je fais plus attention à ne pas quitter la maison sauf absolue nécessité", confie-t-il à l'AFP.

A Jalalabad, les combats autour de la prison ont fait 29 morts, a indiqué à l'AFP Attaullah Khogyani, porte-parole du gouverneur de la province de Nangarhar, dont Jalalabad est la capitale. Selon des responsables locaux, dix assaillants ont également été tués.

L'attaque est intervenue aprÚs l'annonce par Kaboul de la mort samedi d'un responsable local de l'EI, Assadullah Orakzai, lors d'une opération sécuritaire prÚs de Jalalabad.

La province de Nangarhar, prĂšs de la frontiĂšre pakistanaise, a Ă©tĂ© ensanglantĂ©e cette annĂ©e par plusieurs attaques de l'EI, dont un attentat suicide le 12 mai lors des funĂ©railles d'un commandant de la police locale (32 morts). Le gouvernement a affirmĂ© l'an dernier avoir dĂ©fait l'EI dans cette province oĂč le groupe avait fait en 2015 son apparition dans le pays.

AFP

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1 Commentaires
CAJAOP
CAJAOP
5 ans

Mais ils peuvent pas choper le virus, ces excités de la gùchette ?