Canne et sucre : la viabilité de la filière à La Réunion reste préoccupante selon la Cour des comptes européenne

  • Publié le 27 janvier 2026 à 05:06
  • Actualisé le 27 janvier 2026 à 07:06
usine sucriere de bois rouge

Les aides de l’Union européenne sont "vitales" pour l’agriculture à La Réunion et dans les Outre-mer mais imparfaites, souligne un rapport de la Cour des comptes européenne ce lundi 26 janvier 2026. Il observe une incapacité à enrayer le déclin de la filière sucre. La viabilité financière de la filière et sa compétitivité restaient préoccupantes, le soutien apporté par l’UE étant supérieur aux recettes tirées des ventes de sucre. Chaque année, l’UE injecte jusqu’à 69 millions d’euros par an aux territoires ultramarins français (Photo : sly/www.imazpress.com)

Dans cet audit de la Cour des comptes européenne, il est indiqué qu'à La Réunion et en Guadeloupe, les subventions de la France et de l’Union européenne par kilogramme de sucre produit sont supérieures aux recettes provenant de la vente.

- 69 millions d’euros par an aux territoires ultramarins français pour la canne -

Pour la filière canne-sucre, l’Union européenne apporte une aide de 69 millions d’euros par an aux territoires ultramarins français, complétée par 143 millions d’euros versés par l’Etat français.

L’industrie sucrière y joue un rôle structurant. À La Réunion, elle représente plus de 13 % de l’emploi privé (soit plus de 18.000 emplois) et couvre plus de 52 % de la superficie agricole.

Mais le secteur sucrier a été "considérablement affaibli ces dernières années". La "suppression des quotas sucriers en 2017 a ouvert le marché de l’UE à davantage de concurrence", avec "une augmentation de l’offre et une diminution des prix".

- La banane, premier bénéficiaire des aides européennes -

Avec 277 millions d’euros en 2023, soit 42% du total, le secteur de la banane est le premier bénéficiaire de ce programme d’aides européennes baptisé POSEI.

Grâce à l’Europe, les bananes de Martinique ou de Guadeloupe restent compétitives au niveau mondial, mais la Cour regrette "une nette concentration des financements de l’UE chez un petit nombre de grands producteurs de bananes".

Et ces aides reposent sur un mode de calcul qui n’incite pas à se diversifier vers d’autres produits, car il prend en compte les pertes de production ou les bananes retirées du marché.

Malgré tout, les producteurs restent dans une position de faiblesse dans la chaîne d’approvisionnement, car la marge est essentiellement captée par des intermédiaires.

Ce sont donc les subventions de l’UE qui compensent l’écart entre le coût de production et le prix payé par le consommateur.

- Des aides cependant "vitales" pour les Outre-mer -

Les aides de l’Union européenne sont "vitales" pour l’agriculture en Outre-mer mais imparfaites, souligne ce rapport où la Cour des comptes européenne s’est penchée sur les 653 millions d’euros injectés chaque année pour soutenir l’agriculture ultramarine.

Ce soutien est incontournable pour ces territoires "ultrapériphériques", confrontés à "l’éloignement, l’insularité et la dépendance aux importations", insiste la Cour.

Mais les aides européennes n’ont permis de maintenir la compétitivité que dans certaines filières agricoles traditionnelles, la banane et le lait, relève-t-elle.

"Le programme POSEI de l’Union européenne a apporté un soutien déterminant aux régions ultrapériphériques et permis à plusieurs filières de rester compétitives. Mais il a laissé de côté la question essentielle de la viabilité à long terme", a déclaré Klaus-Heiner Lehne, le Membre de la Cour responsable de l’audit.

"Il faut réévaluer le soutien financier européen aux filières traditionnelles, renforcer la diversification végétale et animale, et mieux mesurer les avantages répercutés sur les consommateurs dans le contexte des aides aux importations", conclut-il.

www.imazpress.com avec AFP/[email protected]

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