Le président de l'AC Ajaccio a annoncé mardi déposer plainte à son tour contre son homologue du Havre, nouvelle étape dans la polémique suscitée par les incidents ayant émaillé dimanche la rencontre entre les deux clubs, au coeur de réunions trÚs attendues à la Ligue de football professionnel.
"Le président Léon Luciani déposera ce matin une plainte avec constitution de partie civile à l?encontre de Monsieur Vincent Volpe, président du Havre AC pour dénonciation calomnieuse. à cet effet, il produira les vidéos et les témoignages attestant qu'à aucun moment, M. Volpe n'a été victime d'une agression physique", écrit le club corse dans un court communiqué.
Cette plainte fait suite à celle du club havrais qui dénonce des insultes parfois racistes adressées à ses joueurs et affirme que son président Vincent Volpe a été "agressé physiquement en tribune présidentielle", des faits accrédités notamment par la députée de Seine-Maritime AgnÚs Firmin Le Bodo, elle aussi présente dans les tribunes pour soutenir les Havrais en Corse dimanche.
Le match, reporté de vendredi à dimanche aprÚs le caillassage du bus des Havrais, a été marqué par des échauffourées entre joueurs et un envahissement du terrain en fin de partie.Le club du Havre, qui s'est incliné aux tirs au but, a depuis saisi la LFP pour réclamer le gain du match sur tapis vert, et la polémique a enflé. Une premiÚre réunion de la commission des compétitions de la ligue de football était prévue mardi à 11H00, avant que la commission de discipline de la LFP ne se réunisse "en urgence" à 13H00 "pour étudier le dossier des incidents lors d'AC Ajaccio - Le Havre".
- "Acharnement anti-corse" -
Le club normand a pointé ce qui constitue à ses yeux plusieurs manquements aux rÚgles de la ligue: selon le club, "le sanctuaire du terrain a été violé par deux envahissements de terrain", "l'entraßneur de l'AC Ajaccio n'a pas respecté sa sanction d'expulsion" et le président du club corse était derriÚre les buts lors de la séance de tirs au but, ce qui est interdit.
En Corse, la polĂ©mique a depuis quittĂ© la simple sphĂšre sportive pour dĂ©border dans la vie politique de l'Ăźle, suscitant une multiplication de rĂ©actions dĂ©nonçant du "racisme anti-corse".Gilles Simeoni, prĂ©sident du conseil exĂ©cutif de l'Ăźle de BeautĂ© a dĂ©noncĂ© mardi dans un tweet "le climat d'hystĂ©rie anti-corse" et "les pressions politiques venues du plus haut niveau de l'Etat", s'interrogeant sur la capacitĂ© de la ligue Ă "ĂȘtre impartiale et Ă prĂ©server le droit qu'a l'AC Ajaccio de jouer Ă Ajaccio le match de barrage contre le Toulouse FC".
Le prĂ©sident indĂ©pendantiste de l'AssemblĂ©e de Corse Jean-Guy Talamoni a Ă©galement fustigĂ© la "haine anti-corse", promettant une "riposte Ă©nergique" sur le terrain judiciaire.MĂȘme son de cloche chez le dĂ©putĂ© nationaliste Jean-FĂ©lix Acquaviva: "L'@ACAjaccio a gagnĂ© sa place sportivement malgrĂ© des dĂ©cisions arbitrales plus que litigieuses.Si lumiĂšre il doit y avoir sur des faits, ce n'est pas en volant la place de l'@ACAjaccio face Ă @ToulouseFC. L'acharnement anti-corse est indĂ©cent".
"J'ai l'intime conviction que nous sommes victimes d'un lynchage médiatique", avait pour sa part accusé le vice-président de l'AC Ajaccio, Alain Orsoni, en annonçant dÚs lundi sa démission du conseil d'administration de la Ligue de football professionnel.
Lundi soir, la ministre des Sports Laura Flessel avait appelé la LFP à "la diligence et l'intransigeance" et jugé "graves" les faits reprochés. "Nous sommes indignés par le triste spectacle de ACA-HAC", avait-elle écrit sur Twitter ajoutant vouloir "étudier" avec la ministre de la Justice Nicole Belloubet "les sanctions pénales dans ce genre d'affaires".
AFP

