Vingt ans aprĂšs le dernier sacre français, Julian Alaphilippe part Ă la conquĂȘte du maillot arc-en-ciel de champion du monde de cyclisme, dimanche (Ă partir de 10h) Ă Bergen oĂč le Slovaque Peter Sagan vise la performance inĂ©dite d'un troisiĂšme titre en trois ans.
Sous le soleil qui doit illuminer les paysages somptueux des fjords norvĂ©giens, selon les prĂ©visions mĂ©tĂ©o, le cyclisme français entame un nouveau chapitre. Avec, Ă la tĂȘte de l'Ă©quipe de France, un sĂ©lectionneur prestigieux de 70 ans, Cyrille Guimard, qui fut jadis le mentor de Bernard Hinault et Laurent Fignon.
Guimard a misé logiquement sur Alaphilippe, le puncheur français numéro un, et pris l'option de ne retenir aucun sprinteur (Bouhanni, Démare), compte tenu de leur forme du moment bien plus que du parcours moyennement sélectif de Bergen.
"Sur les deux derniers tours, les diffĂ©rences se font", prĂ©voit le nouveau sĂ©lectionneur. "Sur ce genre de circuit, ce sont les courses les plus dures parce que beaucoup de coureurs peuvent attaquer, il y a moins de contrĂŽle", confirme Warren Barguil qui, Ă titre personnel, lorgne vers InnsbrĂŒck, la ville autrichienne qui proposera un circuit avec deux fois plus de dĂ©nivelĂ© l'annĂ©e prochaine.
- 'Un fil conducteur' -
Pour l'heure, c'est Bergen, la ville-bijou classĂ©e par l'Unesco, qui s'apprĂȘte Ă voir les meilleurs spĂ©cialistes des courses d'un jour se disputer le maillot irisĂ©. Au bout de 267,5 kilomĂštres, gage d'une course d'usure que plusieurs nations, notamment la Belgique (Van Avermaet et surtout Gilbert), ont tout intĂ©rĂȘt Ă durcir.
Pour éviter un sprint d'un groupe plus ou moins compact (attention en ce cas à Gaviria et à Viviani), les puncheurs doivent mettre à profit les fréquentes relances du circuit dont la principale difficulté, la cÎte de Salmon Hill, est distante de 10 kilomÚtres de la ligne. Quitte à jouer tactiquement, ensuite, avec les adversaires en fonction des nombreux paramÚtres de cette course atypique puisqu'elle se dispute par équipes nationales.
Le groupe de Guimard reprend quatre éléments réunis par son prédécesseur Bernard Bourreau sous le maillot bleu, l'an passé à Plumelec pour les Championnats d'Europe (Alaphilippe, Calmejane, Gallopin, Gautier).
"On a une philosophie de course par rapport à Julian", explique Guimard qui préfÚre toutefois utiliser le mot de "catalyseur" à celui de "leader" pour définir le "fil conducteur" représenté par son chef de file.
- Le pronostic de Gilbert -
Absent des classiques et du Tour, à cause d'une intervention chirurgicale en mai au genou droit, Alaphilippe est redevenu gagnant sur la Vuelta (8e étape).
"Je pense avoir bien rĂ©cupĂ©rĂ©", estime le Montluçonnais qui ne nourrit aucun complexe ("ça ne sert Ă rien", s'en amuse-t-il), pas mĂȘme face Ă Sagan. "Je suis sorti de la Vuelta fatiguĂ© mais pas au bout du rouleau. AprĂšs quelques jours, j'avais dĂ©jĂ hĂąte d'ĂȘtre ici".
Philippe Gilbert, qui fait souvent chambre avec lui, le désigne-t-il comme favori ? "Il aime bien faire des blagues", répond le jeune Français (25 ans), qui préfÚre s'en tenir à un discours de circonstance: "Je ne veux avoir aucun regret lundi."
Interrogé sur les sélections les plus redoutables, Guimard choisit: "NorvÚge, Belgique, Italie." Trois équipes qui ont respectivement Boasson Hagen et Kristoff, Van Avermaet (champion olympique) et Gilbert (champion du monde 2012), Trentin et Viviani, pour principaux atouts.
Et Sagan ? "Il est tout seul, répond le sélectionneur français. Il va jouer avec le travail des autres, ce qu'il sait faire parfaitement".
Par Yemeli ORTEGA - © 2017 AFP

