Amazon a acceptĂ© jeudi de verser un montant exceptionnel de 2,5 milliards de dollars pour clore la procĂ©dure judiciaire amĂ©ricaine dans laquelle le gĂ©ant du commerce en ligne Ă©tait accusĂ© dâavoir trompĂ© des dizaines de millions de consommateurs pour les abonner Ă son service Prime.
Selon lâaccord conclu entre Amazon et lâautoritĂ© amĂ©ricaine de protection des consommateurs (FTC), le groupe de Seattle va verser 1,5 milliard de dollars pour indemniser les abonnĂ©s lĂ©sĂ©s, tandis quâun milliard sera versĂ© au TrĂ©sor amĂ©ricain en guise de pĂ©nalitĂ©.
"Aujourdâhui, la FTC (...) a remportĂ© une victoire monumentale et sans prĂ©cĂ©dent pour les millions dâAmĂ©ricains lassĂ©s par les abonnements trompeurs qui semblent impossibles Ă rĂ©silier", sâest fĂ©licitĂ© le prĂ©sident de cette autoritĂ©, Andrew N. Ferguson, dans un communiquĂ©.
"Amazon et nos dirigeants ont toujours respectĂ© la loi, et cet accord nous permet dâaller de lâavant et de nous concentrer sur lâinnovation au service de nos clients", a rĂ©agi dans un communiquĂ© le groupe, qui Ă©vite par cet accord dâĂȘtre condamnĂ© ou dâavoir Ă admettre les accusations.
Cette affaire fait partie dâune sĂ©rie de poursuites rĂ©centes entamĂ©es aux Ătats-Unis aussi bien sous lâadministration dĂ©mocrate que rĂ©publicaine pour limiter la domination sans partage de plusieurs grandes entreprises des technologies, telles que Google ou Apple, aprĂšs des annĂ©es de mansuĂ©tude gouvernementale.
Concernant Prime, la FTC avait lancĂ© cette procĂ©dure en 2023, accusant Amazon dâavoir sciemment dĂ©ployĂ© des interfaces manipulatrices, appelĂ©es "dark patterns", pour que les consommateurs, au moment de payer leur achat, sâabonnent en plus au service Prime pour 139 dollars par an.
Cet abonnement payant permet dâobtenir plusieurs services supplĂ©mentaires, dont des livraisons gratuites et rapides, des rĂ©ductions dans certains supermarchĂ©s ou encore lâaccĂšs Ă la plate-forme vidĂ©o dâAmazon.
Le groupe faisait face Ă deux griefs principaux: avoir gagnĂ© des abonnĂ©s sans leur consentement explicite, en rendant trĂšs difficile la possibilitĂ© de cliquer sur les bons boutons pour refuser lâabonnement, et avoir créé un systĂšme dâannulation dĂ©libĂ©rĂ©ment complexe, surnommĂ© en interne « Iliade », du nom du poĂšme dâHomĂšre sur la longue et difficile guerre de Troie.
Amazon se voyait aussi reprocher dâavoir prĂ©levĂ© des frais Ă ses clients avant de leur communiquer lâintĂ©gralitĂ© des conditions de lâabonnement.
Lâaffaire avait commencĂ© Ă ĂȘtre examinĂ©e lundi par un jury de la cour fĂ©dĂ©ral de Seattle, prĂ©sidĂ© par le juge John Chun.
Le juge Chun est Ă©galement chargĂ© dâune autre affaire lancĂ©e par la FTC contre Amazon, cette fois pour des accusations de monopole illĂ©gal. Cet autre dossier sera jugĂ© en 2027.
Selon lâaccord conclu jeudi, Amazon sâengage Ă obtenir un consentement explicite avant tout abonnement et tout prĂ©lĂšvement ainsi quâĂ simplifier les dĂ©marches dâannulation, selon un protocole quâil devra respecter pendant dix ans.
Amazon a toujours contestĂ© les accusations, affirmant avoir amĂ©liorĂ© ses processus dâinscription et dâannulation.
La semaine derniĂšre, le juge Chun avait par ailleurs conclu quâAmazon avait enfreint une loi sur la protection des acheteurs en ligne en rĂ©cupĂ©rant les donnĂ©es de facturation des abonnĂ©s Prime avant de leur expliquer les conditions dâutilisation.
La FTC avait fondé sa procédure en partie sur la loi ROSCA, entrée en vigueur en 2010, qui interdit de facturer des services en ligne activés par défaut, sans indiquer clairement les conditions, ni obtenir le consentement explicite des clients et fournir des procédures simples de désabonnement.
AFP
