Une réunion de 12 heures

AprĂšs leur rencontre avec Macron, les chefs des oppositions veulent du concret

  • PubliĂ© le 31 aoĂ»t 2023 Ă  12:06
  • ActualisĂ© le 31 aoĂ»t 2023 Ă  12:50
Emmanuel Macron arrive à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour une réunion avec les chefs de partis politiques, le 30 août 2023

Sortis au milieu de la nuit d'une réunion de 12 heures avec Emmanuel Macron, les numéros un des partis d'opposition, de gauche comme de droite, ont réclamé jeudi matin "des annonces" rapides du chef de l'Etat pour "traduire concrÚtement" cette initiative.

Les échanges à huis clos se sont achevés à trois heures du matin, aprÚs un tour de cadran consacré à la situation internationale, aux institutions et à la "cohésion de la Nation".

Si personne n'a claqué la porte, les invités restent sur leur faim, à l'instar d'Eric Ciotti affirmant sur France 2 que "tout cela doit se traduire maintenant concrÚtement" et continuant de plaider pour un référendum sur l'immigration.

"Je ne sais pas sur quoi tout ça va dĂ©boucher", a ajoutĂ© le prĂ©sident des RĂ©publicains, "pour l'heure pas convaincu" par la dĂ©marche, mĂȘme s'il a jugĂ© l'exercice "opportun".

Au contraire, Manuel Bompard a trouvé "assez grotesque" de "passer 12 heures pour n'avoir aucune réponse sérieuse, aucune mesure, aucune annonce concrÚte".

"C'était franc, mais ça n'aboutit à ce stade sur rien", a regretté sur France Info le coordinateur de la France Insoumise, déplorant que M. Macron ait "balayé d'un revers de la main" les propositions communes de la gauche pour un blocage des prix, un référendum sur les retraites ou une hausse des salaires.

Sur ce dernier point, l'entourage du président a cependant indiqué que le principe d'une conférence sociale "sur les carriÚres et les branches situées sous le salaire minimum" avait été "validé" dans la soirée.

"La porte n'a pas été fermée sur la question des bas salaires en-dessous du Smic ou des conditions de travail", a confirmé sur Franceinfo le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, en évoquant cette conférence sociale.

"S'il y en a une, tant mieux, je prends", a réagi sur RTL communiste Fabien Roussel, qui n'a "pas entendu" le terme de "conférence" durant cette réunion, mais considÚre que "s'il y a une porte qui s'ouvre, on met son pied dedans, on pousse et puis on discute".

- "Se revoir"... ou pas -

Une ouverture Ă©galement saluĂ©e par le socialiste Olivier Faure Ă  la sortie de la rencontre marathon Ă  Saint-Denis, mĂȘme si "on est loin du grand soir".

Avant lui, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, avait évoqué des débats "francs" mais était "dans l'incapacité" de préciser sur quoi ils déboucheraient.

Quant à l'idée de l'organisation d'un "préférendum", sorte de référendum à questions multiples, évoquée lundi par Olivier Véran, elle semble avoir été battue en brÚche par le président.

M. Macron "nous a indiqué qu'il ne savait pas ce que c'était, que ça n'existait pas, que c'était l'idée d'Olivier Véran mais pas la sienne", a assuré Eric Ciotti.

Le camp présidentiel préférait voir le verre à moitié plein. M. Véran, s'est ainsi félicité d'un "processus inédit" qui "pourrait bien marquer l'histoire".

"Le simple fait que le dialogue ait repris, de maniÚre franche et apaisée, est déjà une bonne nouvelle", a souligné sur RMC le député Renaissance Marc Ferracci, proche de M. Macron.

Le patron du Modem François Bayrou a lui salué sur LCI un événement "trÚs intéressant, trÚs original" et jugé qu'"il faut aller plus loin".

"Tout le monde a d'ores et dĂ©jĂ  acceptĂ© de se revoir sur le mĂȘme format, dans les mĂȘmes conditions, pour une prochaine session de travail", a d'ailleurs affirmĂ© l'ElysĂ©e, sans avancer de date. "Il faut battre le fer pendant qu'il est chaud", a simplement indiquĂ© M. VĂ©ran.

Moins enthousiaste, M. Bompard a mis une condition: que le chef de l'Etat "fasse des annonces dans les prochaines heures qui démontrent qu'il a tenu compte des propositions que nous avons formulées".

Mais "si c'est pour faire Ă  nouveau une longue discussion qui ne se traduit par rien, je ne vois pas l'intĂ©rĂȘt (d'y) passer encore du temps", a prĂ©venu le leader Insoumis.

AFP

guest
0 Commentaires