La superstar suédoise du saut à la perche Armand Duplantis s'estime "capable" de franchir la barre des 6,30 m cette saison, dans un entretien accordé à l'AFP, avant la 10e édition du All Star Perche vendredi à Clermont-Ferrand.
Q: Ăa doit ĂȘtre un sentiment agrĂ©able pour vous d'ĂȘtre de retour en France aprĂšs votre mĂ©daille dâor olympique...
R: "Oui, câest un sentiment particulier. La vie a un peu changĂ© aprĂšs les Jeux olympiques, donc c'est super sympa. Câest un peu diffĂ©rent Ă certains Ă©gards, et similaire Ă dâautres. Câest toujours le mĂȘme objectif, les mĂȘmes adversaires. On veut donner le meilleur de soi-mĂȘme, continuer Ă sauter plus haut, Ă avoir la meilleure carriĂšre possible. Mais câest diffĂ©rent parce que je suis dans une situation diffĂ©rente, avec de nouveaux projecteurs sur moi. MĂȘme sâils Ă©taient dĂ©jĂ nombreux avant, ça a atteint un autre niveau aprĂšs les Jeux, mais câest un rĂȘve donc jâessaie juste dâen profiter."
Q: En 2024, vous avez battu trois fois votre record (dĂ©sormais Ă 6,26 m). Pensez-vous pouvoir atteindre les 6,30 m dâici la fin de l'annĂ©e?
R: "Ce serait gĂ©nial. C'est un peu l'objectif donc ce serait incroyable. Je pense que j'en suis capable. Bien sĂ»r, les choses doivent se mettre en place, et jâai besoin de faire une sĂ©rie de compĂ©titions qui se dĂ©roulent comme je le souhaite pour pouvoir battre le record du monde, mais je pense que c'est possible. Je ne me fixe pas de limites. Je continue dâavancer et dâessayer de sauter aussi haut que possible. Je pense que je peux m'amĂ©liorer et que je peux atteindre des hauteurs plus Ă©levĂ©es, c'est certain."
Q: Que pensez-vous de lâabsence de saut et de lancer au nouveau Grand Slam Track de Michael Johnson, nouvelle compĂ©tition destinĂ©e Ă relancer l'intĂ©rĂȘt du public pour l'athlĂ©tisme?
R: "Je crois qu'il a le droit d'essayer ce qu'il estime ĂȘtre le mieux. Ce sera intĂ©ressant de voir comment ça se passe. Il faut divertir les gens et faire en sorte qu'ils regardent. Câest comme ça que cela fonctionne avec le sport si lâon veut qu'il se dĂ©veloppe et qu'il soit un succĂšs commercial."
Q: Vous nâĂȘtes pas déçu?
R: "Je suis un peu partagĂ©. Dâune certaine maniĂšre, j'adorerais participer et pouvoir montrer mes compĂ©tences, mais je ne pense pas que l'athlĂ©tisme soit la vitrine de divertissement parfaite. Je ne suis pas sĂ»r que ce que (Michael Johnson) fait va fonctionner mais il essaie quelque chose. Et si ça marche, ça marche. Si ça ne marche pas, ça ne marche pas. Mais le saut Ă la perche peut faire quelque chose de son cĂŽtĂ© aussi, nous avons beaucoup de compĂ©titions qui ont du succĂšs donc je pense que la perche a trouvĂ© un moyen de rĂ©ussir seule. Cela peut pousser dâautres disciplines Ă innover pour rendre leurs compĂ©titions plus crĂ©atives."
Q: Le saut et le lancer devraient-ils eux aussi créer leur propre ligue?
R: "Oui, peut-ĂȘtre. Je pense quâil faut essayer quelque chose. Je ne sais pas si ça pourrait marcher mais ça pourrait ĂȘtre intĂ©ressant. Je pense que ce serait bien si certains des meilleurs sauteurs en longueur essayaient dâavoir leurs propres Ă©vĂ©nements pour mettre leur sport en avant, comme le fait Renaud (Lavillenie) et comme jâessaie de le faire (Ă la perche)."
Q: Lâan dernier vous avez couru le 100 m face Ă Karsten Warholm (mĂ©daillĂ© dâor en 400 m haies aux JO 2021), il faudrait davantage dâĂ©vĂ©nements comme celui-lĂ ?
R: "Peut-ĂȘtre, c'Ă©tait trĂšs amusant. Ăa a Ă©tĂ© un Ă©norme succĂšs, avec un impact Ă©norme, plus que ce que nous aurions pu mĂȘme espĂ©rer. Parfois, il faut que ce soit divertissant. C'est peut-ĂȘtre le message important, faire en sorte que ce soit un spectacle plutĂŽt quâune simple compĂ©tition effrĂ©nĂ©e. Si lâon regarde les sports qui rĂ©ussissent, câest souvent comme dans un spectacle. Il y a beaucoup de choses autour qui font que câest un +show+, beaucoup de prĂ©paration, et pas seulement le sport en lui-mĂȘme donc je pense que c'est un bon modĂšle Ă suivre."
Q: MalgrĂ© votre domination, vous continuez Ă ĂȘtre motivĂ©. Il nây a donc pas de risque que vous soyez lassĂ©?
R: "Non. Pas question!"
Propos recueillis par Lucie LEMAIRE
AFP

