Il a foncé en voiture sur des militaires

Attaque de Levallois-Perret - Hamou B., un suspect au profil solitaire

  • PubliĂ© le 10 aoĂ»t 2017 Ă  23:08
Photo prise le 10 août 2017 d'une salle de priÚre de Sartrouville (Yvelines) fréquentée par Hamou B., suspect de l'attaque contre des militaires à Levallois-Perret

Cet Algérien de 36 ans vivait apparemment seul dans la grande banlieue ouest de Paris: sans casier judiciaire, non connu pour radicalisation, Hamou B., suspect de l'attaque contre des militaires à Levallois-Perret, n'était jamais entré dans le viseur des renseignements.


D'oĂč la consternation de ses voisins quand ils ont vu dĂ©barquer mercredi aprĂšs-midi les policiers cagoulĂ©s venus perquisitionner dans cette rĂ©sidence privĂ©e de Bezons (Val-d'Oise), coquette et bien tenue, quelques heures Ă  peine aprĂšs l'arrestation de cet homme.
Hamou B., qui cumulait plusieurs emplois, notamment comme chauffeur VTC, vivait là apparemment seul au troisiÚme et avant-dernier étage de cet immeuble, à neuf kilomÚtres du lieu de l'attaque à la voiture-bélier à Levallois (Hauts-de-Seine), selon des témoignages recueillis par l'AFP.
Un voisin décrit quelqu'un qui "se lÚve le matin comme tout le monde, va travailler". "Jamais de problÚme avec lui", assure ce jeune pÚre de famille.
A deux pas de là, dans la petite salle de priÚre d'un foyer de travailleurs immigrés de Sartrouville (Yvelines), plusieurs habitués du lieu se souviennent d'un homme nerveux, atteint de strabisme, qui venait prier de façon irréguliÚre.


- "Pas stable dans sa tĂȘte" -


Moustafa, 56 ans, croit savoir que "sa famille est originaire de la rĂ©gion de Mostaganem", dans l'ouest de l'AlgĂ©rie, et qu'il habitait le quartier depuis au moins trois ans. "Je le connais, il n'est pas stable dans sa tĂȘte (...), il s'Ă©nerve vite", raconte-t-il, expliquant ces problĂšmes par les sĂ©quelles d'un accident que l'homme lui a dit avoir eu dans son pays.
"Il fait la priÚre, mais c'est pas un intégriste, c'est impossible, il est contre ça (les attentats jihadistes, ndlr). Ce qu'il a fait, c'est anormal, c'est la folie" qui l'a poussé, assure-t-il à des journalistes avant d'entrer dans le local.
Pour Lahcen, 68 ans, Hamou B. Ă©tait "bizarre". "Il ne parlait pas avec les gens, se bagarrait pour rien", se rappelle cet habitant du quartier qui dit l'avoir vu au moins trois fois empĂȘcher d'autres fidĂšles de prier, en leur disant: "Il n'y a que moi qui prie". Et il arrivait parfois en retard Ă  la priĂšre, "ce qui ne se fait pas".
Mais les policiers, qui cherchent à percer les mystÚres de leur unique suspect, devront probablement attendre plusieurs jours avant de pouvoir l'interroger: la garde à vue d'Hamou B. a été interrompue par son hospitalisation à Lille, pour traiter ses graves blessures par balles de mercredi. Il avait tenté d'échapper à son arrestation prÚs de Calais, à bord de la BMW noire de location qui, cinq heures plus tÎt, avait percuté les six soldats.
Avant mĂȘme la fin de la traque, le "choix de la cible, la prĂ©mĂ©ditation manifeste et la fuite" avaient convaincu la section antiterroriste du parquet de Paris de se saisir de l'enquĂȘte, selon une source judiciaire.
Mais comment relier la détermination flagrante dans cette attaque au parcours du suspect? L'homme qui n'est pas fiché S ("sûreté de l'Etat") était jusque-là seulement connu pour une infraction en 2009 à la législation sur les étrangers, selon des sources concordantes, et il était désormais en situation réguliÚre.
"Les premiers Ă©lĂ©ments mettent en Ă©vidence un profil plutĂŽt solitaire", selon une source proche de l'enquĂȘte qui progresse lentement, faute d'interrogatoire du suspect. La recherche d'Ă©ventuelles complicitĂ©s se poursuit mais il n'y avait eu jeudi soir aucune interpellation, seulement des auditions libres dans son entourage. Pas plus que de revendications.

Par Sébastien DUVAL - © 2017 AFP

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Ilana
Ilana
8 ans

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