Récit de l'arrestation du suspect

Attaque de Levallois - Une traque de cinq heures

  • PubliĂ© le 10 aoĂ»t 2017 Ă  21:49
Des policiers autour d'une BMW endommagée avec un pare-brise cassé, aprÚs l'arrestation d'un suspect sur l'autoroute A16, prÚs de la marquise, dans le nord, le 9 août 2017

Une BMW noire et des centaines d'hommes à ses trousses: aprÚs l'attaque contre des militaires à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), la traque de mercredi s'est achevée sur l'autoroute A16 quand le suspect a été pris sous le feu des policiers.


Il est presque 8H00 du matin mercredi, des militaires de l'opération Sentinelle sortent de leur local dans une rue piétonne de Levallois. Une voiture se dirige doucement vers le groupe et accélÚre avant de les percuter. Six soldats du 35e régiment d'infanterie de Belfort sont blessés.
DĂšs lors s'engage la traque pour retrouver le vĂ©hicule et son conducteur, dont l'identitĂ© restera inconnue des enquĂȘteurs jusqu'Ă  son interpellation.
La description de la voiture est diffusée sur les ondes des fonctionnaires de police. "Tous les policiers sont potentiellement mobilisés sur cette affaire", souligne une source de la préfecture de police.
A 8H15, un élÚve gardien de la paix de 29 ans, Antoine, en stage à Argenteuil (Val-d'oise) depuis cinq jours, croise un véhicule suspect. "Je vois arriver un véhicule à vive allure, avec les feux allumés et, au moment du dépassement, je me rends compte que son pare-brise est complÚtement fissuré. Je vois le capot légÚrement enfoncé et le pare-chocs un peu descendu", a-t-il raconté à Europe 1. Pensant à un délit de fuite aprÚs un accident, il note la plaque d'immatriculation et la direction prise.


- 'Cela va trĂšs vite'-


A l'Office central de lutte contre le crime organisĂ© (OCLCO), FrĂ©deric Doidy "actionne" toutes les Brigades de recherche et d'intervention (BRI) susceptibles d'ĂȘtre concernĂ©es.
La voiture de location de l'assaillant comporte "un systĂšme GPS qui permet de la pister", souligne-t-il. TrĂšs vite il s'avĂšre que les BRI de Rouen et de Lille sont les plus proches.
Il faut encore rattraper le véhicule et vérifier de visu qu'il s'agit du bon avant de pouvoir l'intercepter "dans de bonnes conditions". Une quarantaine de policiers se lancent dans la course.
"Quand vous avez 40 km de retard, (...) ce qui est long c'est de les rattraper. Ce qui est rapide, c'est la mise en place du dispositif", explique Ă  l'AFP le patron de l'OCLCO.
Vers 13H00, les BRI "provoquent un ralentissement de la circulation" sur l'A16 avec leurs vĂ©hicules pour obliger la BMW Ă  s'arrĂȘter. Les policiers sortent alors pour interpeller le conducteur.
Mais l'homme ne s'arrĂȘte pas, il percute l'un des vĂ©hicules. Et il fait "mine de prendre une arme", ajoute FrĂ©dĂ©ric Doidy.
"J'ai vu des voitures me doubler rapidement, avec les gyrophares. Je me suis arrĂȘtĂ©", a racontĂ© Ă  l'AFP un routier tĂ©moin de l'interpellation, survenue Ă  Leulinghen-Bernes (Pas-de-Calais). Une fois les policiers sortis, "ça a pĂ©taradĂ© un petit peu Ă  droite et Ă  gauche".
"Cela va trĂšs vite, on sait que c'est un Ă©pisode terroriste, les policiers ont en tĂȘte les Ă©pisodes oĂč il y avait des ceintures d'explosif. Ils tirent", poursuit FrĂ©dĂ©ric Doidy.
C'est la mĂȘme unitĂ© de la BRI de Rouen qui Ă©tait intervenue lors de l'attentat de Saint-Etienne-de-Rouvray oĂč deux jihadistes avaient assassinĂ© le pĂšre Hamel en juillet 2016.
Le suspect de l'attaque de Levallois, Hamou B., un Algérien de 36 ans, est blessé par cinq balles. Sa garde à vue sera vite suspendue en raison de son état de santé.
Un policier est également blessé par balle à la cuisse. Une blessure due, selon le haut responsable policier, à "un ricochet ou une balle qui a traversé l'habitacle".

Par Sébastien DUVAL - © 2017 AFP

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