Les enquĂȘteurs tentent dimanche de faire la lumiĂšre sur les raisons qui ont poussĂ© un Afghan de 33 ans Ă semer la terreur Ă l'arme blanche samedi prĂšs d'une station de mĂ©tro dans l'agglomĂ©ration lyonnaise, faisant un mort et huit blessĂ©s.
L'hypothÚse terroriste n'est pas privilégiée à ce stade, le Parquet national antiterroriste (PNAT) n'ayant pas été saisi, mais il suit la situation de prÚs, assure le parquet de Lyon. Nicolas Jacquet, procureur de la République, tiendra une conférence de presse à 15h00 au TGI.
La police judiciaire, chargĂ©e de l'enquĂȘte, fait face Ă un individu qui "n'est pas trĂšs prolixe" et qui a changĂ© trois fois de versions dans les premiĂšres minutes de sa garde Ă vue samedi, selon une source policiĂšre.
Sur l'esplanade de la sortie du mĂ©tro Laurent Bonnevay de Villeurbanne, oĂč ce demandeur d'asile s'est attaquĂ© Ă l'aveugle Ă des passants samedi, le cordon de sĂ©curitĂ© a Ă©tĂ© levĂ© et calme Ă©tait revenu dimanche matin, a constatĂ© l'AFP.
Plusieurs tùches de sang en partie nettoyées et un ruban jaune de police abandonné par terre témoignaient du drame de la veille. Et quelques fleurs déposées par des voisins étaient visibles çà et là .
Vers 16H30 samedi, le suspect armĂ© d'un couteau et d'une fourche de barbecue "s'est mis Ă mettre des coups de couteau dans tous les sens" devant un arrĂȘt du bus, selon le tĂ©moignage d'une jeune fille au dĂ©bardeur tachĂ© de sang, interrogĂ©e par l'AFP peu aprĂšs les faits.
Il a tuĂ© un jeune homme de 19 ans, blessĂ© huit personnes dont trois demeuraient en urgence vitale absolue. Et c'est grĂące Ă l'intervention des passants et des agents TCL (les transports en commun lyonnais) qu'il a pu ĂȘtre apprĂ©hendĂ©.
Le maire de Villeurbanne Jean-Paul Bret a saluĂ© le "courage" de ces "gens qui ont quand mĂȘme pris leurs responsabilitĂ©s". Dans une vidĂ©o publiĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux et diffusĂ©e par de nombreuses chaĂźnes de TV, on voit un homme Ă la peau mate, barbe noire courte, bien taillĂ©e, sweet capuche noir et baskets rouges avec une lame et une petite fourche dans une main discutant avec des hommes, avant de jeter ses armes puis s'accroupir Ă la sortie d'un ascenseur du mĂ©tro.
- Vives réactions politiques -
De nombreux témoins ont été trÚs choqués par la violence de la scÚne, selon les pompiers. La préfecture a mis en place dÚs samedi soir un centre d'accueil des victimes et de leurs familles dans une salle de la mairie du 8e arrondissement.
Dimanche matin, personne ne s'y était encore présenté mais plusieurs appels ont été reçus et traités par les agents de la Croix-Rouge, les pompiers et les représentants d'associations de victimes.
Les Ă©lus locaux n'ont cessĂ© d'appeler Ă la prudence depuis samedi face Ă des motivations encore inconnues, l'Ă©lue d'opposition de Villeurbanne, Emmanuelle Haziza, appelant notamment Ă ĂȘtre "unis face Ă l?horreur".
"Les informations qu'on a Ă ce stade montreraient que c'est plutĂŽt un acte isolĂ© d'une personne qui Ă©tait en recherche d'asile, venant d'un pays trĂšs Ă©loignĂ© de la France, l'Afghanistan, peut-ĂȘtre qui a vĂ©cu des choses terribles sur son voyage ou lĂ -bas, et qui n'a peut-ĂȘtre pas supportĂ© beaucoup de choses et qui rentre dans une crise de dĂ©mence", a avancĂ© Bruno Bonnell, dĂ©putĂ© LREM du RhĂŽne sur LCI.
A droite et Ă l'extrĂȘme-droite, la nationalitĂ© de l'auteur prĂ©sumĂ© n'a pas manquĂ© de faire rĂ©agir. "La naĂŻvetĂ© et le laxisme de notre politique migratoire menacent gravement la sĂ©curitĂ© des Français!", a Ă©crit la prĂ©sidente du Rassemblement national Marine Le Pen sur Twitter.
"Il y en a assez de faire preuve de mansuĂ©tude avec des 'fous' qui ressemblent quand mĂȘme beaucoup Ă des terroristes. Que la France demande Ă la justice afghane de rĂ©gler elle-mĂȘme le cas de son ressortissant!", estimait pour sa part Julien Aubert, candidat Ă la prĂ©sidence de Les RĂ©publicains.
En mai, l'explosion d'un colis piégé en plein coeur de Lyon avait blessé 14 personnes, suscitant déjà une forte émotion dans la 3e ville de France, jusque là épargnée par la vague d'attentats jihadistes sans précédent (251 morts) qui frappe la France depuis 2015. Le suspect, un Algérien radicalisé de 24 ans ,a été mis en examen et écroué.
AFP



