Afghanistan

Attaque jihadiste : des villageois du nord racontent

  • PubliĂ© le 9 aoĂ»t 2017 Ă  14:43
Des villageois du nord de l'Afghanistan, libĂ©rĂ©s mardi soir par les talibans au terme d'un mĂ©diation, ont racontĂ© les tueries perpĂ©trĂ©es par le groupe Etat islamique dans leur localitĂ© chiite, oĂč plusieurs dizaines de civils sont toujours retenus

Des villageois du nord de l'Afghanistan, libĂ©rĂ©s mardi soir au terme d'une mĂ©diation, ont racontĂ© les tueries perpĂ©trĂ©es par le groupe jihadiste Etat islamique et les talibans dans leur localitĂ© chiite, oĂč plusieurs dizaines de civils sont toujours retenus.


Des opérations militaires étaient toujours en cours mercredi pour essayer de reprendre le district dans lequel se trouveraient retranchés un millier de combattants et sans doute plusieurs dizaines de civils, selon les autorités.
"Quand les combats ont commencé, les gens ont essayé de fuir mais les combattants de l'Etat islamique les ont bloqués, ils ont pris un groupe d'hommes, de femmes et d'enfants et les ont emmenés derriÚre une colline pour les abattre", a rapporté à l'AFP Ali Dad Zafari, un habitant de Mirza Olong dans la province excentrée de Sare-Pul.

"Ma mÚre était trop vieille pour marcher, on l'a laissée derriÚre nous, je ne sais pas du tout ce qu'il lui est arrivé".
Le village a été samedi le théùtre d'un massacre d'une cinquantaine de civils selon les autorités locales. Depuis il est resté coupé du monde, les assaillants ayant confisqué les téléphones portables selon les responsables provinciaux.
Mardi soir, 235 civils ont été libérés par les talibans au terme d'une médiation conduite par les anciens. Mais une source de sécurité a estimé qu'une centaine manquent encore à l'appel.

TransportĂ©s en camion jusqu'au chef-lieu provincial, Sare-Pul City, ces rescapĂ©s issus de la minoritĂ© hazara chiite, choquĂ©s, ont rapportĂ© des scĂšnes de cauchemar. Beaucoup pleuraient en arrivant en ville. "Ils sont entrĂ©s dans le village en tirant au hasard, n'Ă©pargnant ni les femmes, ni les enfants. Nous sommes partis sans rien emporter, mĂȘme pas nos chaussures. J'ai juste eu le temps de secourir mes enfants", raconte Yasin Abuzar.

- Appel Ă  l'aide -

Selon lui, "quand les combats ont commencé, les talibans et l'EI ont bloqué les routes, les gens se sont retrouvés piégés. Et ils entraient dans chaque maison pour tuer. J'ai enterré dix corps dans une fosse. On ne demande pas au gouvernement de nous envoyer des cercueils, mais de nous protéger", a-t-il lùché. Les opérations militaires ont été lancées pour tenter de reprendre ce village et le district de Sayad.

Selon le porte-parole du 209Ú Corps d'armée, stationné dans le nord prÚs de Mazaar-i-Sharif, Nasratullah Jamshidi, "un important convoi de soldats a lancé les opérations mercredi pour reprendre Mirza Olong et venger le massacre".
"Nous pensons qu'un millier de combattants sont dans le village, prĂȘts Ă  rĂ©sister", a-t-il ajoutĂ©. Lors d'une confĂ©rence de presse Ă  Sare-Pul, le gouverneur de la province Mohammad Zaher Wahdat a confirmĂ© les opĂ©rations en cours, sans autre dĂ©tails. Il a aussi appelĂ© Ă  l'aide pour les rescapĂ©s dĂ©placĂ©s.

"Nous avons 451 familles qui ont fui (le district de) Sayad et qui se trouvent Ă  Sare-Pul City, elles ont grand besoin d'aide", a-t-il insistĂ© en lançant un appel Ă  "la communautĂ© internationale et au gouvernement, sinon nous aurons une grave crise humanitaire" a-t-il prĂ©venu. Il avait indiquĂ© mardi Ă  la chaĂźne Tolo News que, "malgrĂ© les efforts des anciens, les corps des victimes n'ont pu ĂȘtre retrouvĂ©s".

Les autorités afghanes ont dénoncé une opération menée conjointement par les talibans, qui ont pris le district de Sayad au terme de 48 heures de combats samedi, et l'EI. Les talibans qui ont revendiqué dimanche la prise de contrÎle du district de Sayad, verrou stratégique à une quinzaine de km de la capitale provinciale, ont démenti "fermement" toute coopération avec l'EI.
 

AFP

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