Ils ont attaquĂ©s Ă  droite et Ă  l'extrĂȘme-droite

Attaques contre la justice: les protestations des magistrats s'accumulent

  • PubliĂ© le 2 mars 2017 Ă  22:24
Chantal Arens, lz premiÚre présidente et Catherine Champrenault, la procureure générale de la cour d'appel de Paris posent avant une audience formelle, le 15 janvier 2017 à Paris

AprĂšs la Cour de cassation mercredi, les chefs de la cour d'appel de Paris et les premiers prĂ©sidents de toutes les cours d'appel de France jeudi: les protestations de magistrats, attaquĂ©s Ă  droite et Ă  l'extrĂȘme-droite, s'accumulent.

"Face aux récentes mises en cause de l'action de la justice, les chefs de la cour d'appel de Paris rappellent que les magistrats ont le devoir de rechercher la vérité selon les rÚgles du code de procédure pénale, dans le respect des principes de la présomption d'innocence et du contradictoire", ont déclaré Chantal Arens, premiÚre présidente et Catherine Champrenault, procureure générale de la cour d'appel de Paris, jeudi dans un communiqué.

"Notre Constitution, fondée sur la séparation des pouvoirs, garantit l'indépendance des magistrats afin qu?ils exercent leurs missions dans la sérénité et dans le respect du principe de l'égalité de tous devant la loi", écrivent encore les deux magistrates.

C'est dans le ressort de la cour d'appel de Paris que des juges mĂšnent actuellement l'enquĂȘte sur les affaires d'emplois fictifs prĂ©sumĂ©s concernant le candidat de la droite Ă  l'Ă©lection prĂ©sidentielle François Fillon, ainsi que le Front national.

Les premiers présidents de cours d'appel de toute la France ont eux aussi publié un communiqué pour rappeler "l'importance qui s'attache, dans un Etat de droit, au respect de l'activité des magistrats, laquelle doit pouvoir s?exercer en toute indépendance et sérénité."

"Ce respect fonde la confiance que chaque citoyen doit pouvoir placer dans le fonctionnement des institutions démocratiques de son pays. Lui porter atteinte revient à ébranler cette indispensable confiance et à fragiliser dangereusement notre pacte républicain", lit-on encore.
François Fillon, annonçant sa convocation en vue d'une mise en examen, a eu mercredi des mots trÚs durs pour l'institution judiciaire, à laquelle il reproche un "assassinat politique".

Marine Le Pen, candidate de l'extrĂȘme-droite Ă  l'Ă©lection prĂ©sidentielle, a dĂ©clarĂ© jeudi que la justice Ă©tait "instrumentalisĂ©e" afin de lui nuire.
A l'inverse, le candidat du Parti socialiste Benoßt Hamon comme Emmanuel Macron ont pris la défense des magistrats.

Le prĂ©sident de la RĂ©publique François Hollande, garant de par sa fonction de l'indĂ©pendance de la justice, a fait de mĂȘme. Il a estimĂ© jeudi Ă  Furiani (Haute-Corse) qu'il ne pouvait y avoir de manifestation qui "remette en cause les institutions, la justice", Ă  trois jours d'un rassemblement organisĂ© Ă  Paris par François Fillon.

DĂšs mercredi soir, les deux chefs de la Cour de cassation, plus haute juridiction française, avaient renvoyĂ© tout le monde dos Ă  dos. "La justice n'encourt pas plus les reproches outranciers qui lui sont faits qu'elle n'a besoin de soutiens d'oĂč qu'ils viennent", ont affirmĂ© Bertrand Louvel et Jean-Claude Marin.

"Les magistrats suivent leur rythme en toute indépendance" et "ont le devoir de ne pas s'engager publiquement dans le débat électoral", ont-ils rappelé.

C'est la deuxiÚme fois en quelques mois que les divers hauts magistrats de France sortent de leur habituelle réserve.
A l'automne dernier, les mĂȘmes ou presque avaient pris la plume pour rĂ©pondre cette fois Ă  des propos de M. Hollande sur la "lĂąchetĂ©" supposĂ©e de la magistrature.

AFP

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