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Attentat: le Bataclan, "échec cruel" du renseignement

  • PubliĂ© le 6 juillet 2016 Ă  12:08
Les enquĂȘteurs Ă  "La Belle Equipe" aprĂšs l'attaque terroriste le 14 novembre 2016 Ă  Paris

L'attaque du Bataclan aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ©e et reprĂ©sente un "Ă©chec cruel, lourd de consĂ©quences" des services de renseignements, a estimĂ© mercredi le prĂ©sident de la commission d'enquĂȘte parlementaire sur les attentats de 2015, Georges Fenech.


"Bien entendu qu'on aurait pu Ă©viter le Bataclan, s'il n'y avait pas eu des failles dans le renseignement", a assĂ©nĂ© sur RFI le dĂ©putĂ© Les RĂ©publicains, prĂ©sident de la commission d'enquĂȘte sur "les moyens mis en ?uvre par l'État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015".
"Les trois assaillants du Bataclan, les deux frĂšres Kouachi, AmĂ©dy Coulibaly pour l'Hypercacher, Ă©taient tous connus pour leur radicalisation, fichĂ©s, condamnĂ©s, sous contrĂŽle judiciaire, faisant l'objet de mandats d'arrĂȘt, et ils ont pu circuler avec une facilitĂ© dĂ©concertante, se jouer de toutes les frontiĂšres, comme Abdelhamid Abaaoud qui a circulĂ© dans toute l'Europe, et ils sont passĂ©s Ă  l'acte", a-t-il dĂ©plorĂ©.
"C'est un échec cruel, trÚs lourd de conséquences, de nos services de renseignement", a jugé le député LR.
"On a quand mĂȘme 150 morts, une succession d'attentats planifiĂ©s qui ont complĂštement Ă©chappĂ© Ă  nos radars", a-t-il insistĂ©.
"Qui fait quoi aujourd'hui? Qui est le patron de l'antiterrorisme en France? Il n'y en a pas", a tranché M. Fenech, ajoutant: "Il y a plusieurs services dont certains dépendent du ministÚre de l'Intérieur, d'autres dépendent du ministre de la Défense..."
"Il manque une clef de voute, (...) une grande agence nationale, qui soit directement rattachĂ©e au prĂ©sident de la RĂ©publique et qui ait la tutelle sur tous les renseignements", a plaidĂ© l'Ă©lu LR, reprenant la prĂ©conisation centrale du rapport de la commission d'enquĂȘte.
Il faut selon lui "créer une base commune, un fichier commun du renseignement qui n'existe pas aujourd'hui", en ayant un "directeur national du renseignement".
Le député a aussi regretté que "le renseignement pénitentiaire ne donne pas sa (pleine) mesure" malgré une loi votée en 2015 et a souhaité "qu'il y ait une volonté politique pour qu'enfin le renseignement pénitentiaire joue son rÎle".
Mardi, le rapporteur de la commission d'enquĂȘte parlementaire SĂ©bastien PiĂ©trasanta avait lui estimĂ© que l'attaque du Bataclan aurait difficilement pu ĂȘtre Ă©vitĂ©e. "Contrecarrer les attaques aurait supposĂ© que les magistrats instructeurs et les agents des services de renseignement aient gardĂ©, personnellement, en mĂ©moire toutes les cibles mentionnĂ©es par les terroristes lors de leurs auditions", avait-il dit, en rĂ©fĂ©rence aux menaces profĂ©rĂ©es, en 2009 et 2015, contre la salle.

Par Sally Mairs - © 2016 AFP
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